Macron reconnaît le viol et la torture de Djamila Boupacha – Le Jeune Indépendant
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Nationale Algérie-France

Macron reconnaît le viol et la torture de Djamila Boupacha

Macron reconnaît le viol et la torture de Djamila Boupacha

Le président français Emmanuel Macron a reconnu que la militante algérienne Djamila Boupacha a été torturée et violée par des militaires de l’armée coloniale française.

Le locataire de l’Elysée s’est exprimé à l’occasion d’un hommage rendu à l’avocate Gisèle Halimi, cette avocate française qui a pris la défense de la moudjahida Djamila Boupacha et dénoncé la torture et le viol qu’elle a subis durant la colonisation française. 

Lors de son allocution à l’occasion de cet hommage rendu à l’avocate Halimi à Paris, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le président français a tenu à rappeler les positions prises par l’avocate native de Tunis en défendant la moudjahida Djamila Boupacha, condamnée à mort en 1960, et à reconnaître les tortures qu’ont fait subir les soldats français à cette dernière.

Membre du FLN, faisant partie d’une cellule algéroise en compagnie d’autres femmes militantes de la cause nationale, Djamila Boupacha a été au cœur des événements qui ont marqué la guérilla urbaine. C’est durant la « bataille d’Alger » que cette moujahida a été arrêtée. Elle avait été accusée de tentative d’assassinat, pour avoir déposé une bombe dans un café à Alger. Des faits qu’elle a fini par reconnaître sous la torture des soldats français, notamment des parachutistes de Bigeard, qui avaient les pleins pouvoirs en Algérie.  

Avocate de renom, Gisèle Halimi est parvenue à médiatiser l’affaire en révélant à l’opinion publique internationale les méthodes de l’armée française pendant la révolution algérienne. Des actes de torture, des viols, des violences de toutes sortes, voire des assassinats et des instructions judiciaires des plus sommaires ont été cités et ont fini par accabler l’armée coloniale.

Il y a quelques mois, M. Macron avait reconnu l’assassinat de l’avocat algérien Ali Boumendjel par des militaires français et l’enlèvement du militant de la cause algérienne Maurice Audin, dont le corps n’a jamais été retrouvé, et ce suite à quelques témoignages imprécis et de l’absence de toute recherche. 

Pour certains observateurs, ce pas de Macron est plus politique que jamais, qualifié comme un petit geste, ou un signe positif qui va dans le sens de la reconnaissance des crimes coloniaux et d’un balisage dans la question mémorielle. Cette reconnaissance de Macron, même à doses homéopathiques, survient à un moment où les relations entre l’Algérie et la France traversent une période de troubles. Le coup de froid entre les deux pays est arrivé alors que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, préparait une visite d’Etat en France juste après le mois de ramadhan.

L’affaire dite de Amira Bouraoui, exfiltrée en février dernier par les services consulaires français à partir de la capitale tunisienne, a provoqué une crise diplomatique majeure entre Alger et Paris. « Dans le prolongement de la note officielle par laquelle l’Algérie a protesté fermement contre l’exfiltration clandestine et illégale d’une ressortissante algérienne, dont la présence physique sur le territoire national est prescrite par la justice algérienne, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a ordonné le rappel en consultations de l’ambassadeur d’Algérie en France, Saïd Moussi, avec effet immédiat », a souligné un communiqué de la présidence algérienne.

Sortie clandestinement d’Algérie vers la Tunisie, l’activiste Amira Bouraoui, sous le coup d’une interdiction de quitter le territoire algérien (ISTN), a été exfiltrée par le consulat de France en Tunisie alors qu’elle était sur le point d’être remise aux autorités algériennes par les autorités aéroportuaires tunisiennes. Elle avait été arrêtée, un vendredi, pour entrée illégale sur le territoire tunisien alors qu’elle se trouvait à l’aéroport international de Carthage (Tunis).

Des interventions de la part des autorités françaises, y compris de l’Elysée, auprès des plus hautes autorités tunisiennes ont empêché son expulsion vers l’Algérie. Une attitude dénoncée par le ministère algérien des Affaires étrangères.

Le département de Ramtane Lamamra a fermement condamné ce qu’il a qualifié de « violation de la souveraineté nationale par des personnels diplomatiques, consulaires et de sécurité relevant de l’Etat français, qui ont participé à une opération clandestine et illégale d’exfiltration d’une ressortissante algérienne dont la présence physique sur le territoire national est prescrite par la justice algérienne ».

« L’Algérie rejette ce développement, inadmissible et inqualifiable, qui cause un grand dommage aux relations algéro-françaises », a indiqué le ministère des Affaires étrangères algérien.

 

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