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Nationale

Création d’un Centre national de l’autisme : Un pas vers l’inclusion

Création d’un Centre national de l’autisme : Un pas vers l’inclusion
Une avancée institutionnelle majeure.

La création d’un Centre national de l’autisme, actée par le décret présidentiel n° 26-09 du 7 janvier 2026, constitue une avancée institutionnelle majeure dans la prise en charge des troubles du spectre de l’autisme (TSA) en Algérie. C’est le constat dressé par Mme Farah Acid, présidente de la Fondation Elias pour l’autisme, qui voit dans ce nouveau cadre juridique « une opportunité réelle de structurer et d’unifier les approches à l’échelle nationale ».

Publié dans le dernier numéro du Journal officiel, le décret prévoit la création d’un établissement public à caractère administratif (EPA), basé à Alger et placé sous la tutelle du ministère de la Solidarité nationale. La mission centrale de cette structure consiste à coordonner et harmoniser la prise en charge des personnes atteintes de troubles du spectre de l’autisme, en mettant fin à la disparité des pratiques observées à travers le pays.

Contactée par le Jeune Indépendant, la présidente de la Fondation Elias précise que le contenu du décret traduit « l’engagement du président de la République en faveur du dossier de l’autisme », notamment à travers la définition de missions-clés, telles que le diagnostic précoce, l’élaboration de protocoles de suivi, la formation des intervenants, la sensibilisation et la production de données statistiques nationales.

Elle souligne que l’architecture retenue vise à trouver un équilibre entre rigueur administrative, expertise technique et souplesse opérationnelle, répondant ainsi aux inquiétudes exprimées par la société civile quant au risque de voir émerger une structure purement bureaucratique, déconnectée des besoins réels des familles.

Mme Farah Acid estime toutefois que l’efficacité du Centre national de l’autisme dépendra de plusieurs facteurs déterminants, au premier rang desquels figurent les compétences mobilisées, la transparence des processus décisionnels, la mise en œuvre effective du Plan national des troubles du neurodéveloppement, ainsi que la capacité du centre à couvrir l’ensemble du territoire national.

Elle rappelle que l’Algérie dispose de ressources humaines et de la volonté politique nécessaires pour devenir un exemple en matière d’aide à l’inclusion des personnes à besoins spécifiques, y compris celles vivant avec l’autisme, à condition que les orientations stratégiques soient traduites en actions concrètes.

La sensibilisation et l’amélioration de la couverture médiatique de l’autisme figurent également parmi les priorités mises en avant par le décret. À ce sujet, la présidente de la Fondation Elias insiste sur l’urgence de protéger les familles contre les idées reçues et les croyances non scientifiques, qui continuent de circuler.

Attribuer l’autisme aux vaccins, à l’éducation, à l’alimentation, aux écrans ou à une supposée punition divine relève, selon elle, de la désinformation, susceptible de retarder une prise en charge adaptée. Elle met également en garde contre les pseudo-thérapies sans fondement scientifique, dont les conséquences peuvent être lourdes pour les enfants et leurs familles.

Enfin, Mme Farah Acid souligne l’importance de l’effort collectif consacré par le décret présidentiel, qui impose une coordination multisectorielle impliquant les secteurs de l’Éducation, de la Santé, de la Formation professionnelle, les institutions spécialisées, les associations et les familles.

L’objectif ultime demeure, selon elle, dans le respect du droit fondamental des enfants à une inclusion réelle, dans un environnement social diversifié. « Un objectif ambitieux, dont la concrétisation dépendra de la capacité du futur Centre national de l’autisme à transformer les textes réglementaires en réalités sociales tangibles », estime-t-elle.

Il convient de souligner que la création du Centre national de l’autisme a été officialisée par décret présidentiel. Parmi les principales missions confiées au centre, figure l’élaboration de programmes et de méthodes dédiés à la prise en charge des personnes atteintes de troubles du spectre de l’autisme à l’échelle nationale. Cela concerne notamment le diagnostic, le dépistage précoce et précis, ainsi que l’accompagnement adapté selon le degré du trouble.

Le Centre assurera également le suivi périodique de l’évolution des cas et l’identification des besoins spécifiques de chaque personne, dans une approche individualisée et scientifique.

L’établissement est aussi chargé de concevoir et de mettre en œuvre un plan national de formation destiné aux professionnels intervenant dans le domaine de l’autisme. Il aura pour mission d’exécuter, de suivre et d’évaluer le Plan national de l’autisme adopté en juin 2025 par le président de la République.

Basé à Alger, le Centre national de l’autisme apportera un plus qualitatif dans la prise en charge des personnes atteintes de ce trouble. Sa création devra être accompagnée par la mise en place de 4 structures régionales spécialisées, dédiées à l’accueil et au suivi des patients à travers le territoire national.



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