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Nationale

Crash du vol AH5017 : Les pilotes espagnols étaient mal formés

Crash du vol AH5017 : Les pilotes espagnols étaient mal formés

Le principal syndicat de pilotes espagnol(SEPLA) a dénoncé la mauvaise préparation de leurs collègues aux commandes de l’avion d’Air Algérie, le McDonnell Douglas MD83, qui s’est écrasé en 2014 dans la région de Gossi au nord du Mali, causant la mort de 116 personnes dont les six membres d’équipage.

L’avion reliait Ouagadougou à Alger, et transportait principalement des Français (54), des Burkinabés (23), des Algériens (8), et des Libanais (6).

Le McDonnell Douglas avait été affrété par Air Algérie auprès de la compagnie espagnole de leasing Swiftair. Les pilotes espagnols aux commandes de l’avion, n’étaient pas formés aux manœuvres qui auraient pu éviter le drame.

C’est ce qu’a dénoncé hier le principal syndicat de pilotes espagnol dans un communiqué rendu public hier. Les six membres d’équipage étaient des Espagnols mis à disposition par une compagnie espagnole de leasing, Swiftair.

L’accident a été provoqué par « la non-activation » par l’équipage du système antigivre, suivie de l’absence de réaction des pilotes pour sortir d’une situation de décrochage, selon le rapport final du Bureau d’enquêtes et d’analyse français pour la sécurité de l’Aviation civile (BEA), publié en avril dernier.

L’obstruction des capteurs de pression des moteurs en raison du givre a conduit à une diminution de la poussée des moteurs, puis de la vitesse de l’avion, note encore le rapport d’enquête.

L’équipage n’aurait pas détecté cette diminution de vitesse jusqu’au décrochage, puis n’a pas été en mesure de le rattraper. « Les pilotes n’avaient jamais été formés pour affronter de telles situations », a dénoncé le syndicat. Il a rappelé que d’autres accidents aériens avaient déjà été causés par ce type de problème, notamment celui du vol Rio-Paris d’Air France, qui s’était abîmé dans l’Atlantique en juin 2009 avec 228 passagers à bord.

De son côté Rémy Jouty, le directeur du BEA, a indiqué au cours d’une conférence de presse en avril dernier au Bourget, en présence du président de la commission d’enquête du Mali, N’Faly Cissé, que l’obstruction des capteurs a « conduit à une diminution de la poussée des moteurs et donc à une diminution de la vitesse de l’avion et, semble-t-il, l’équipage ne détecta pas ou ne réagit pas à cette diminution de vitesse jusqu’au décrochage de l’avion ».

Selon lui, les enquêteurs ont « eu du mal à analyser le fonctionnement de l’équipage » qui n’a apparemment pas réagi à la vitesse anormalement basse et aux alarmes de décrochage, les données de l’enregistreur de conversations n’ayant pas été exploitables, a précisé M. Jouty. 

Quand ces alarmes ont retenti « la situation (était) encore en théorie récupérable », a-t-il ajouté. Le pilote et le co-pilote étaient expérimentés selon le rapport du BEA, avec plus de 10 000 heures de vol pour le commandant. Ils avaient également des expériences de vol en Afrique.

Deux ans après cet incident, des familles des victimes du vol réclament toujours la vérité sur ce crash. Ces familles, qui ont tenu une assemblée générale dimanche dernier à Ouagadougou, se disent toujours frustrées et dénoncent « un tissu » de mensonges sur les causes du crash.

Elles cherchent toujours la vérité sur les circonstances réelles de ce crash. Selon le quotidien El Watan, la compagnie nationale Air Algérie a été sommée de payer 600 000 euros pour le transport des familles des victimes sur le lieu de l’accident, il y a deux ans. En effet, les responsables de la compagnie aérienne ont été destinataires d’une note de frais de déplacement des familles des victimes facturée par les autorités françaises. 

Le directeur des affaires générales de la compagnie, Nabil Doumi, a indiqué que la compagnie a pris sur elle d’assurer la prise en charge de tous les frais liés au déplacement des familles depuis Paris jusqu’à Ouagadougou et leur retour en France.

Il en outre, il a ajouté que la direction d’Air Algérie, qui est en discussion avec la partie française, est prête à honorer cette facture. Selon lui, des discussions sont en cours pour trouver un « arrangement » autour du montant.

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