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Nationale

Covid-19: L’urgence pour des réformes économiques profondes

Covid-19: L’urgence pour des réformes économiques profondes

L’économie algérienne, déjà fragilisée structurellement, subit les effets de la crise sanitaire mais surtout les effets de la chute drastique des prix du pétrole, principale source des revenus en devises.

Mais cela peut bien constituer une opportunité historique pour le pays, afin de réfléchir à une nouvelle vision économique, et ainsi reconstruire une économie réelle à travers des réformes profondes, susceptibles de rendre l’Algérie un acteur régional.

Aujourd’hui, la réalité amère est là. L’économie algérienne qui est dépendante de la rente pétrolière subira, à coup sûr, les conséquences de la chute du prix de l’or noir, causée par la baisse importante de la demande mondiale en raison de la propagation du Covid-19 et accentuée par la guerre des prix entre l’Arabie Saoudite et la Russie. Cette réalité rend l’Algérie dans un état de santé très fragile. Cette situation est là pour rappeler aux autorités l’urgence de faire sortir le pays de sa dépendance des hydrocarbures en engageant des réformes profondes, estiment des experts

C’est d’ailleurs l’avis de l’analyste en économie, Mohamed Chérif Belmihoub, qui affirme que le pays traine ce problème structurel depuis l’indépendance. S’exprimant sur les ondes de la radio nationale, il a indiqué que l’Algérie doit faire sortir les hydrocarbures et ses rentrées en devises de son plan de développement.

« Il faut faire en sorte que le pétrole ne soit pas le levier de la croissance », a-t-il précisé, soulignant la nécessité de comprendre ces enjeux. « Si on ne comprend pas ces enjeux ça ne sert à rien de légiférer », a-t-il ajouté, affirmant que l’Algérie peut construire une économie forte capable d’être un acteur régional.

Sur cette crise sanitaire, il estime qu’elle pourrait représenter, pour des pays émergents comme l’Algérie, une opportunité de réfléchir à l’idée d’une nouvelle vision économique.

Souvent évoqué, mais jamais réalisé sur le terrain, le moment est peut être venu pour que l’Algérie se débarrasse de sa dépendance des hydrocarbures en exploitant cette double crise, énergétique et sanitaire.

Ces recommandations rejoignent celles du président du Conseil national économique et social, Redha Tir. « L’Algérie doit exploiter la double crise actuelle pour engager des réformes économiques et financières profondes », avait-il indiqué, récemment, lors d’un point de presse. Il avait fait savoir que l’Algérie doit avoir une vision juste sur le plan économique prenant en considération ce nouveau paradigme, marqué par une double crise.

Par ailleurs, Belmihoub a évoqué les conséquences de cette crise sanitaire sur les grandes économies mondiales. Selon lui, le capitalisme mondial, pour avoir pris l’habitude de se renouveler après chaque crise de grande ampleur, ne sera pas aussi affecté que prévu. La crise ne va pas, précise-t-il, transformer le capitalisme, mais vraisemblablement amener à des changements dans les rapports entre les pays au plan économique. Cependant, il dit craindre que cette crise ne marque l’émergence de systèmes nationalistes avec leurs risques de violences extrêmes.

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