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Covid-19: Les spécialistes alertent sur la faillite des entreprises

Covid-19: Les spécialistes alertent sur la faillite des entreprises

Le problème de la mortalité des entreprises sévit depuis 2013, suite à la baisse sensible de l’activité économique. Il s’aggrave désormais avec la crise sanitaire due à la propagation du Covid-19 qui frappe le monde entier. Ce sont notamment 1, 17 million de petites et moyennes entreprises (PME) composant l’essentiel du tissu économique qui encourent ce risque de mortalité.

C’est ce qu’a affirmé, ce jeudi, Nadhir Laggoune, consultant international et membre du Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (Care), lors de son passage dans l’émission « l’Invité du direct » de Radio M. M.Laggoune fait savoir que 50% de l’économie nationale dépend directement de la commande publique, tandis que 25% le sont de manière indirecte.

Cette commande est dominée, explique-t-il, par le fonctionnement et l’investissement qui sont tributaires des budgets étatiques alloués à chacun des secteurs. Ce qui crée de cette grande dépendance, soit à hauteur de 75%, le grand mal de notre économie, alerte-t-il. « Cette situation de déliquescence économique qui s’est installée depuis des années s’est accentuée avec l’instabilité politique qui se poursuit, elle aussi, depuis un an, et aujourd’hui le coronavirus vient en ajouter une couche », décrypte le consultant.

La crise de trésorerie que connaissent plusieurs entreprises, dit-il, a poussé les membres du ‘’think tank ‘’ à établir un rapport alertant les pouvoirs publics sur le risque de mortalité de ces entités économiques. Mais surtout, souligne –t-il à présenter des propositions en vue d’améliorer le climat des affaires sur le long terme et de faire face à cette conjoncture morose.

L’invité de l’émission relève aussi les contraintes liées aux pratiques « très dommageables » aux petites entreprises dans le cadre des marchés publics, citant le manque de règles d’accélération de paiement. Il suggère à ce titre un « package » juridique permettant de favoriser ce qu’il qualifie de « small business act » en revoyant à la baisse les délais de paiement des factures.

La situation, insiste-t-il, devient de plus en plus intenable pour ces entreprises, dont la trésorerie est érodée par des charges incompressibles, appelant les pouvoirs publics à agir vite en prenant des mesures pas seulement sanitaires pour juguler le Covid-19, mais en même temps d’ordre économique visant à « repêcher » le tissu économique national agonisant.

« Il faudrait prendre des mesures massives de soutien aux entreprises à travers les caisses de solidarité et de chômage technique, des moratoires sur les crédits et les charges, le report des charges, et surtout un financement destiné à la survie des entreprises en souffrance ».

Evoquant la marge de manœuvre de l’Etat dans ce genre de conjoncture, le consultant estime que les mesures de sauvetage devront toucher uniquement les entités viables ayant un vrai business modèle. Il recommande dans ce sens de purger le milieu économique des faux investisseurs et des sociétés non pérennes. Les membres du Care préconisent également dans leur rapport un moratoire sur les prélèvements fiscaux et parafiscaux, qualifiant le report, jusqu’au mois d’avril, du dépôt de l’extrait de rôle « G50 » de « mesurette ».

M. Laggoune voit que les décisions et les mesures à prendre doivent émaner de la concertation et on ne les dicte pas de manière verticale et unilatérale, que ce soit pour les mesures d’urgence ou pour celles de long terme.

Et de détailler à ce propos : « L’entreprise doit être au cœur d’un dispositif où il y a plusieurs parties prenantes : le gouvernement et ses différents organismes , les banques, les organes de conseil ( avocats, expert comptables…) et les associations professionnelles. En écoutant tous ces acteurs dans une démarche inclusive, on pourrait arriver à des mesures d’urgence évidentes et faciles à prendre ». Il suggère de même un assouplissement des crédits bancaires et la révision de la loi de finance 2020, notamment les dispositions visant à piocher dans les trésoreries des entreprises.

En somme, la dépression économique actuelle risque de durer encore et suscite, sans cesse, la préoccupation des spécialistes qui tentent d’en trouver des solutions. Pour le consultant Laggoune, malgré le tableau noir dressé sur le contexte macroéconomique, des mesures de « sauvetage » des entreprises existent. Il estime que les entreprises sont « un bien précieux » qu’il faudrait sauver car cette situation engendrera des chefs d’entreprises fracassés et, par ricochet, des milliers de salariés qui risquent de se retrouver au chômage.

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