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Covid-19: L’aubaine des herboristes

Covid-19: L’aubaine des herboristes

Depuis que le nouveau coronavirus (Covid-19) est apparu en Algérie, plusieurs marchands de plantes médicinales n’hésitent pas à soutenir qu’ils sont détenteurs de remèdes contre cette maladie ou des proposer des potions pour renforcer le système immunitaire. Et à chacun de ces commerçants de vous proposer sa « khalta » (mélange) qui, une fois achetée, vous salue par un « Rabi yachfik ».

Et un très grand nombre de personnes en achètent sans hésiter et font l’écho de la fameuse « khalta » comme unique remède contre le Covid-19. Le gain facile ouvre la voie au l’usurpation et au bluff et se nourrit souvent de la peur et du désespoir voire de l’ignorance des gens.

Ainsi, si quiconque entre dans le magasin d’un vendeur de ces plantes dites médicinales et demande un remède contre « le corona », on lui propose immédiatement cette fameuse « khalta » pour un montant de 3000 DA. Et on continue d’acheter.

Selon plusieurs de ces personnes, ayant pris cette mixture, et que nous avons rencontré aux abords de ces commerces, les résultats après absorption de la khalta sont satisfaisants. « Il y a de quoi faire pâlir le professeur Didier Raoult », lancera un universitaire de l’Université Badji Mokhtar avec de grands rires nerveux avant de déclarer au propriétaire du magasin : « Vous êtes entrain d’empoisonner les citoyens et je vais vous dénoncer aux autorités ! ». Rires et réponse immédiate du commerçant : « Les autorités sont aussi mes clients ; tout le monde achète ma khalta ! ». Et la vente reprend sereinement.

Propagation des herboristes à Annaba
A Annaba, la vente de plantes médicinales est entrain de proliférer depuis quelques années, tels des champignons, connaissant un grand engouement des citoyens, croyant dur comme fer que le remède-miracle n’existe nul par ailleurs que chez ces herboristes.

Selon les affirmations de bon nombre de ces clients, ces commerces proposent une gamme d’herbes soignant pratiquement tous les maux et maladies, mêmes celles qui sont incurables.

Aussi, les malades n’hésitent pas à débourser des sommes faramineuses, atteignant parfois les 70.000, 00 DA, pour bénéficier de la fameuse herbe qui les débarrasseraient de leurs souffrances.

Ce genre de clients acceptent, avec ou contre leur gré, les prix exagérés qui leur sont « imposés », car, l’essentiel, selon les dires de nombreux d’entre eux, est la guérison. « La santé n’a pas de prix », assurent-ils. Aujourd’hui les herboristes échangent leurs adresses sur les réseaux sociaux alors que dans le passé le nombre des herboristes était modeste et insignifiant dans certaines régions du pays.

A Annaba, les rares herboristes se comptaient sur les bouts des doigts de la main et étaient difficile à localiser, à l’exemple de âmi Djaafar (Annaba) vers lequel affluent tous ceux qui sont en quête d’un quelconque traitement à base de plantes médicinale ou huiles, accompagné de la posologie exacte à suivre pour l’obtention du résultat escompté pour toutes les maladies .

Par les temps qui courent, ils sont nombreux à proposer leurs « traitement traditionnels » y compris en plein rue. De nombreux citoyens méconnaissent, pour la plupart d’entre eux, les risquent qu’ils encourent en consommant ce genre d’herbes médicinales conseillés pour soulager leurs douleurs, et c’est pourquoi, ces personnes, qui sont à bout et ne sachant plus quoi faire, décident d’expérimenter ces recettes de grands-mères dans l’espoir de s’en remettre le plus tôt possible de leurs maladies.

Plusieurs décès et silence absolu
Même si certains sont soulagés de leurs douleurs, il ne faudrait surtout pas mésestimer les nombreux cas de décès survenus suite à une mauvaise utilisation de ces herbes, comme ce fut le cas de cette dame qui atteinte d’un cancer de l’utérus, avait tenté en désespoir de cause de recourir à ce genre de médication traditionnelle croyant à un miracle divin.
Elle décéda quelques semaines, après avoir souffert le martyr parce qu’entre temps, révèlent ses proches, elle avait cessé de prendre le traitement médical que lui avait prescrit son médecin traitant. Les cas similaires à cette dame sont malheureusement nombreux, devait, à ce propos, précisé un médecin généraliste interrogé sur les raisons qui poussent les malades, mêmes ceux arrivant en stade final de leur maladie, à opter pour ce genre de médication traditionnelle.
Sa réponse fut brève et on ne peut plus claire : ce sont le désespoir et la méconnaissance des conséquences découlant de la consommation de ces herbes auxquelles les gens attribuent tous les bienfaits curatifs du monde qui incitent ces malades crédules à recourir aux herboristes dont la plupart d’entre eux ont acquis l’expérience avec le temps ou en s’inspirant des livres ou bien alors de l’expérience de leurs grands-parents sans plus.

Ce médecin, qui a, dans ce contexte, mis en garde les citoyens, particulièrement ceux qui souffrent de maladies graves, des dangers et conséquences de la consommation abusive ou sans connaissance des doses exactes, a souligné l’importance du contrôle rigoureux de la médecine parallèle qui est, en fait, une science à part entière nécessitant formation et qualification.

Du point de vue de la réglementation en vigueur, le diplôme et la formation en rapport avec le travail d’herboriste ne sont pas imposés aux personnes désirant pratiquer cette activité, ce qui explique la prolifération de ce genre de commerces dont le nombre est estimé à Annaba à plus d’une centaine de ‘’H’chaouchi’’ proposant à leurs clients une panoplie d’herbes médicinales.
Il y a quelques années, se rappelle, par ailleurs, âmi Ahcene, un septuagénaire, qui a affirmé que jadis les herboristes, habituellement des vieux, et n’étaient pas si nombreux, déballaient leurs marchandises à même le sol et choisissaient, a-t-il ajouté, les jours de marchés hebdomadaires ou un coin populaire de la ville, qui deviendra très vite une destination recommandée par tous ceux qui préfèrent les recettes de grands-mères pour soigner leurs maux ou tous autres conseils diététiques à base d’herbes prodigués par ce fin connaisseur qui semble connaître mieux que quiconque les bienfaits curatifs de ces « plantes magiques ».

Dame nature nous offre toutes les herbes médicinales qu’il faut, mais c’est à nous que revient d’en savoir faire le bon usage pour pouvoir tirer profit et éviter d’être intoxiqué, a-t-il conclu. Mais malheureusement, ce n’est plus le cas aujourd’hui. On continue de vendre n’importe quoi contre n’importe qui.

Et c’est souvent les personnes du troisième âge qui continuent de conseiller les jeunes générations de pratiquer la médecine herboristes, car de par leur passé, cette catégorie de personnes âgées n’avaient connu ni médecin ni pharmacie. Et pour le moment, en pleine période de pandémie de coronavirus, dont aucun traitement ni vaccin n’existe, on continue de croire à la puissance des remèdes douteux qui sont contrôlés souvent par des charlatans de tous bords. 

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