Coupe du Monde 2026 : Le grand sabotage américain avec la complicité de la FIFA
« Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, nous assistons peut-être à la pire Coupe du monde de l’histoire du football. Et les principaux responsables portent un nom : Gianni Infantino et Donald Trump. »
Ce cri d’alarme, partagé par de nombreux observateurs, journalistes et amoureux du ballon rond, n’a plus rien d’une exagération. Ce qui se passe actuellement sur le sol américain autour de la Coupe du monde 2026 est tout simplement lunaire. Le monde assiste en direct au sabotage d’une compétition historique, orchestré par la paranoïa sécuritaire d’une administration américaine ultra-nationaliste et rendu possible par la soumission révoltante de l’instance suprême du football. Gianni Infantino et son camarade Donald Trump donnent la nauséeuse impression de se soucier bien davantage de leurs intérêts politiques, juridiques et financiers que de l’équité sportive, de la dignité humaine ou du bien-être des athlètes.
Les polémiques s’accumulent, et le premier coupable reste le président de la FIFA. En cédant l’intégralité de sa souveraineté à Washington, la FIFA tolère des agissements discriminatoires et viole délibérément son propre règlement.
Une violation flagrante du cahier des charges de la FIFA
Pour obtenir l’organisation d’une Coupe du monde, chaque pays hôte doit signer un cahier des charges extrêmement strict. Parmi les clauses non négociables figure l’obligation absolue de garantir un accès libre, sans discrimination et fluide sur le territoire pour tous les acteurs accrédités : joueurs, staffs techniques, arbitres, officiels et journalistes.
Pourtant, à l’approche du tournoi, les États-Unis transgressent ouvertement ces accords en imposant des restrictions d’accès unilatérales et arbitraires, triant sur le volet ceux qui ont le droit de participer à la fête et ceux qui doivent être chassés. C’est une remise en cause totale du principe d’équité qui régit le sport international. Comme l’a pertinemment résumé le journaliste indépendant Romain Molina : « Sans un président de la FIFA qui agit comme un lobbyiste pour les chefs d’État, la FIFA devrait retirer la Coupe du Monde des États-Unis, étant donné à quel point ce pays méprise ouvertement les exigences les plus basiques du tournoi. »
Arbitres, joueurs et staffs : Chasse aux sorcières et humiliations aux frontières
Le traitement réservé aux délégations du Sud et du Moyen-Orient relève du harcèlement xénophobe et de la discrimination pure.
Élu meilleur arbitre de la CAF en 2025, l’arbitre somalien AbdulkadarOmar Aktan s’apprêtait à entrer dans l’histoire en devenant le tout premier arbitre somalien à officier lors d’une Coupe du monde. Une fierté immense pour tout un continent. Pourtant, à son arrivée à l’aéroport international de Miami en provenance d’Istanbul, il a été interpellé par la police des frontières (CBP).
Soumis à un interrogatoire infamant de 11 heures, il a été déclaré « inadmissible » et expulsé du territoire en vertu du décret migratoire strict de l’administration Trump.

Victime du racisme de l’administration Trump
La FIFA imposant aux arbitres de résider dans un camp de base centralisé aux États-Unis, cette expulsion brise définitivement son rêve.
Véritable héros national en Irak, l’attaquant Aimen Hussein a qualifié son pays pour sa première Coupe du monde depuis 40 ans. Originaire du nord de l’Irak, la vie de ce joueur a été détruite par l’invasion américaine de 2003 (son père a été assassiné par Al-Qaïda et son frère kidnappé par l’État islamique). Pour toute récompense, à son arrivée à l’aéroport d’O’Hare à Chicago, il a été détenu par les services d’immigration, en subissant un interrogatoire agressif de 7 heures, au cours duquel son téléphone portable a été confisqué et fouillé de fond en comble.
Si Aimen Hussein a fini par entrer, le photographe officiel de la sélection irakienne, Talal Salah, a été séquestré plus de 10 heures à l’aéroport avant d’être refoulé. De son côté, la sélection iranienne fait face à des mesures punitives insensées. Bien que les joueurs aient obtenu leurs visas après de longs mois d’attente, une grande partie du staff technique, médical et vidéo (indispensable à la performance athlétique) s’est vu refuser l’entrée. Pire encore, pour réduire la présence iranienne sur le sol américain, l’équipe est contrainte de loger au Mexique et de quitter le territoire américain immédiatement après chacun de ses matchs, s’infligeant des trajets épuisants qui sabotent leur récupération physique.
Journalistes et supporters : La censure et la spoliation financière
Cette paranoïa d’État ne s’arrête pas aux sportifs. De nombreux journalistes iraniens, africains et caribéens, pourtant officiellement détenteurs d’une accréditation média délivrée par la FIFA, se sont vu refuser leur visa par les consulats américains. C’est une attaque frontale contre la liberté de la presse et le droit à l’information.
Même les supporters occidentaux subissent ce zèle aveugle. Selon une enquête accablante du journal britannique The Times, « des centaines de supporters écossais (la célèbre Tartan Army) ont vu leur autorisation de voyage électronique (ESTA) révoquée sans motif valable » à quelques jours du coup d’envoi.
Des familles entières, ayant dépensé des milliers de livres en billets de match, réservations d’hôtels non remboursables et vols transatlantiques, se retrouvent spoliées financièrement par l’administration américaine, sans aucun recours possible.
En parallèle, d’autres nations subissent des vexations sanitaires ciblées. La sélection de la République Démocratique du Congo pourrait être soumise à des protocoles d’isolement drastiques liés aux risques d’Ebola, alors même que la majorité de ses joueurs évoluent et résident en Europe depuis des années.
« Est-ce ainsi que se comportent les pays hôtes… c’est la Coupe du monde du chaos », s’est interrogé Ian Wright, légende du football anglais, a lancé une critique cinglante contre la mauvaise gestion de la Coupe du Monde de la FIFA par les États-Unis, alors que la compétition doit débuter ce jeudi.
Les États-Unis, co-organisateurs aux côtés du Mexique et du Canada, ont refusé des visas à des journalistes africains, à des membres du staff de l’équipe d’Iran, à des supporters, et même à un arbitre somalien pourtant agréé par la FIFA.
Wright se demande pourquoi les États-Unis ne font pas l’objet d’une surveillance ou d’une indignation plus grandes, à l’image de ce qu’avait connu le Qatar lorsqu’il a accueilli le tournoi il y a quatre ans.
La complicité révoltante de la FIFA
Devant ce naufrage, le silence et la passivité de la FIFA s’apparentent à une complicité criminelle envers le football mondial. Interrogé sur l’expulsion de l’arbitre Omar Artan, un porte-parole de l’instance s’est fendu d’un communiqué d’une lâcheté historique :
« La FIFA n’est pas impliquée dans les processus d’immigration des pays hôtes, y compris l’attribution des visas, et a été informée par les autorités que le statut de M. Artan ne changerait pas pour le moment. En ligne avec les événements précédents de la FIFA, un gouvernement hôte détermine en dernier ressort qui reçoit un visa et qui est admis sur son territoire. »
Par ces mots, Gianni Infantino capitule et avoue que la FIFA a abdiqué. L’instance accepte qu’un gouvernement trie les participants d’une compétition internationale en fonction de leur nationalité ou de leur couleur de peau. Alors que les fédérations européennes ont réussi à faire pression pour débloquer les problèmes de visa de joueurs comme le Suisse Breel Embolo, les ressortissants du Sud global sont abandonnés à leur sort. L’équité sportive est morte.
Entre les expulsions arbitraires, les opérations de harcèlement de l’ICE contre les immigrés, les tensions diplomatiques régionales et la militarisation des frontières, l’atmosphère est irrespirable. Le football est censé unir les peuples ; aujourd’hui, par la faute de Washington et la soumission de la FIFA, il est devenu un outil d’exclusion géopolitique.
À ce stade de chaos, envisager un boycott massif ou demander la délocalisation immédiate des matchs prévus aux États-Unis vers le Mexique ou le Canada n’est plus une simple hypothèse de travail : c’est un impératif moral pour sauver ce qu’il reste de l’honneur du football.