Coupe du monde 2026 : Carré d’as / France, Argentine, Espagne, Angleterre
Quatre anciens vainqueurs, quatre premiers du classement Fifa, quatre monstres pour un carré final rêvé
Petite finale incluse, il ne reste plus que quatre matches à jouer dans ce Mondial 2026. La France et l’Espagne, d’un côté, l’Argentine et l’Angleterre, de l’autre, vont se disputer une place en finale. Pour la première fois depuis qu’il existe (1994), le classement Fifa voit ses quatre premiers membres figurer dans le dernier carré. À croire que le meilleur peut encore venir.
Allez, une, peut-être. Au moins une petite surprise pour s’extirper des quarts de finale. Le Maroc, face aux Bleus, ou une Belgique retrouvée, voire même la grosse cote suisse, pour doucher la bande à Messi ? Que nenni. Malgré tous les efforts du monde, à l’image d’une Norvège passée tout près, aucun outsider n’a su se faufiler en demi-finales de la Coupe du monde au détriment des monstres. Quatre places dans le dernier carré, pour les quatre premières nations au classement Fifa. France, Argentine, Espagne, Angleterre. On n’avait jamais connu ça. Ç’aurait pu être la Coupe du monde des surprises. Des précédemment cités. Des Pays-Bas, annoncés vainqueurs par l’économiste allemand Joachim Klement, triplement juste lors des précédentes éditions (Allemagne 2014, France 2018, Argentine 2022). Des États-Unis, peut-être, à voir la foi de Mauricio Pochettino, et les efforts de Donald Trump pour l’exaucer. Ce sera finalement le Mondial de la logique, des favoris.
Si la France doit craindre quelqu’un, c’est nous
Mardi, la France et l’Espagne disputeront un duel au sommet, revanche de leur escarmouche en demi-finale de l’Euro 2024, logiquement remportée par la Roja (2-1). Depuis, la France a rebâti. Les Bleus sont l’épouvantail du Mondial, les n°1 du classement Fifa, l’hydre à quatre têtes que tous redoutent. Sauf peut-être Lamine Yamal, à l’entendre défendre sa cause après Espagne-Belgique : « Nous avons battu la France lors de nos deux dernières rencontres, avait lancé le Barcelonais. Si la France doit craindre quelqu’un, c’est nous. » Pari lancé.
Son Espagne, moins virevoltante qu’à l’Euro, s’est muée en muraille imperméable. Les Rouges n’ont encaissé qu’un but dans la compétition, face à la Belgique, en quarts (2-1). Mais ils peinent à retrouver l’huile qui liait ses offensifs en 2024, comme en 2025, amputés du pendant Nico Williams, bien moins tranchant que par le passé, et relégué sur le banc par le moins déstabilisant Alex Baena.
Quarante ans après Maradona
En face, un duel sous haute tension. Au sortir de la qualification des champions du monde argentins au détriment des Suisses, dimanche (3-1), on ne leur parlait que du duel à venir face aux Anglais. Vingt-et-un ans après leur dernière rencontre, du temps de Michael Owen, et de Lionel Messi, déjà, même s’il était suspendu ce jour-là.
Soixante ans, aussi, après le premier (et dernier) titre des Three Lions au Mondial. Quarante ans après le quart de 1986, la chevauchée de Diego Maradona, puis la main de Diego Maradona, l’Argentine présente un autre ovni qui, à 39 ans, a comme attendu toute sa vie l’occasion de mater l’Angleterre pour parachever sa propre légende. Lui que l’on compare sans cesse au numéro 10 qui l’a précédé en sélection.
Quarante-quatre ans, enfin, après la meurtrière guerre des Malouines de 1982. Lionel Scaloni, le sélectionneur argentin, voulait certifier en conférence de presse, dimanche, que ce serait seulement : « un match de football, rien d’autre, c’est le message que je veux véhiculer. Je le répète, ce n’est qu’un match de football, rien de plus, point final. » Ce sera sans doute un peu plus que cela.
L’héritage du conflit entre les deux nations n’est jamais bien loin, même quand on parle de football, et que l’on ne lutte ici que pour envoyer un ballon dans des filets adverses. Aucun des deux arbitres centraux anglais du Mondial, Anthony Taylor et Michael Oliver, ne peut arbitrer l’Argentine, pour s’éviter tout fâcheux conflit d’intérêts. Alors que le président argentin Javier Milei réaffirme toujours ses velléités sur les îles repassées alors sous contrôle britannique.
Des duels de mardi et mercredi naîtra un rendez-vous pour l’histoire. Seules deux des bandes à Yamal, Kane, Messi et Mbappé trouveront une place pour aller à New York, le 19 juillet, disputer la finale. La revanche de 2022, entre Français et Argentins ? Les Bleus ont montré l’étendue de leurs capacités, et l’Argentine de sa résilience. Un rêve qui se poursuit pour l’Angleterre, plus jamais apparue en finale depuis 1966 ? Ou l’imagerie d’enfance des Espagnols ravivée, après la première de 2010 ? Qui sait ? Personne. Et c’est heureux.