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Nationale

Coup d’envoi de la fête du bijou d’Ath-Yenni

Coup d’envoi de la fête du bijou d’Ath-Yenni

C’est sous une chaleur à étourdir la sauterelle et le chameau que le coup d’envoi de la fête du bijou d’Ath-Yenni, dans sa 15e édition, a été donné jeudi dernier à Ath-Yenni par le wali de Tizi-Ouzou, Mohamed Bouderbali, ce en présence des différents cadres de la wilaya et autres responsables locaux. Et à l’occasion de cette manifestation artisanale et commerciale, dont la clôture est prévue pour le 3 du mois prochain, les discours officiels n’ont pas omis de souligner les différentes difficultés récurrentes, sinon se sont même aggravées au cours de ces dernières années, auxquelles font face les artisans bijoutiers.

C’est P/APC d’Ath-Yenni, Smaïl Deghoul, qui prendra la parole le premier pour souligner que les artisans bijoutiers éprouvent des difficultés à s’approvisionner en matière première, le corail notamment, pour les besoins de fabrication de leurs produits. Smaïl Deghoul indiquera aussi que l’espace de commercialisation du produit artisanal d’Ath-Yenni fait également défaut. L’intervenant mettra également l’accent sur les projets de réalisation de la maison de l’artisanat du bijou et du musée du bijou d’Ath-Yenni, infrastructures indispensables pour la promotion du bijou d’Ath-Yenni. Le président de l’APC d’Ath-Yenni parlera même de la volonté des pouvoirs publics d’aller vers l’organisation d’un salon national et « pourquoi pas international » du bijou d’Ath-Yenni pour « tenter d’imposer cet élément culturel algérien sur la scène internationale ». Pour sa part, le président de l’APW, Youcef Aouchiche, mettra d’abord en valeur toute la symbolique identitaire et culturelle du bijou d’Ath-Yenni pour déclarer ensuite que l’institution qu’il préside est plus que jamais mobilisée pour enlever les différents obstacles dressés contre les artisans bijoutiers. Youcef Aouchiche a même souligné que les élus APW de Tizi-Ouzou sont prêts à jouer un rôle, et non des moindres, pour la valorisation et la promotion du bijou d’Ath-Yenni. Mohamed Bouderbali, intervenu en dernier, a lui aussi abondé dans le même sens. Le wali a toutefois, mis en évidence le vecteur économique et social du bijou. Mohamed Bouderbali mettra en exergue également les différents avantages au profit des bijoutiers, créateurs d’entreprises dans le

cadre du dispositif « emploi des jeunes » par l’Etat dont la dispense de la TVA et l’IBS sur une période de dix ans. Et en même temps, il appellera les artisans à s’organiser pour mieux défendre leurs intérêts et du coup propulser l’artisanat bijoutier vers de hautes sphères. Ces trois responsables n’ont pas manqué d’éloquence. Mais qu’en est-il en réalité ?. A commencer par l’acquisition de la matière première nécessaire pour la confection du bijou. Tout d’abord, cette matière première est presque inexistante sur le marché officiel. Bien souvent, l’artisan bijoutier l’obtient à travers des circuits informels, donc au marché noir. Et avec la présence de Chinois dans le marché informel, les choses sont empiré dans la mesure où dans de nombreux cas, cette matière première est contrefaite.

A la place du corail authentique, les faussaires chinois vendent du plomb. Pour tromper la victime, ce plomb est coloré avec un produit chimique de couleur rougeâtre. Cependant, les Chinois ne sont pas les seuls à faire dans la contrefaçon à présent. En effet, beaucoup d’artisans bijoutiers versent cette activité malhonnête, fort lucrative. Le bijou est fait entièrement avec du plomb. Pour qu’il paraisse « authentique », l’artisan bijoutier faussaire utilise les mêmes techniques et le même produit colorant pour son bijou. Ainsi, le client profane se fait arnaquer. Et pour mieux réussir le coup l’escroquerie, le faussaire affiche le même prix pour son produit contrefait que celui authentique. Il est donc recommandé aux citoyens intéressés par l’achat de bijoux de se faire accompagner par des connaisseurs lors de leur opération d’achat. L’autre élément que nous avons découvert à l’issue de cette ouverture de la fête du bijou d’Ath-Yenni, est que bien souvent les faussaires chinois sont de connivence avec ceux algériens. Le client est donc victime d’une collusion algéro-chinoise. Soulignons enfin que le marché du bijou d’Ath-Yenni n’est pas accessible à la bourse moyenne. Le prix affiché pour une simple parure à trois petits médaillons a été de 11 700 DA. Une simple boîte faite en alfa, qui n’est en réalité qu’un colifichet, a été proposée à 1.500 DA. C’est pour cette raison sans doute que les clients ne se sont pas bousculés aux différents stands au cours de cette première journée de la manifestation. La canicule ne pouvait pas expliquer à elle seule leur absence. Car en vérité même sous cette chaleur de plomb, le public a été nombreux au coup d’envoi. Notons enfin que cette 15e édition du bijou d’Ath-Yenni a été marquée par la participation d’une

dizaine de wilayas dont Alger, Boumerdès, Ghardaïa, Tébessa. Pour ce qui est de l’élément humain, la participation a concerné 82 artisans bijoutiers et 25 autres artisans de différentes spécialités. Sur le plan financier, la seule partie véritablement gagnante dans l’affaire est l’APC d’Ath-Yenni. En effet, l’apport financier de l’APW de Tizi-Ouzou à ce rendez-vous d’Ath-Yenni n’est pas inférieur à 1 000 000, 00 de DA. Les exposants eux-mêmes, c’est-à-dire les artisans bijoutiers et autres se sont acquittés de 18 000, 00 DA chacun. Le reste de la cagnotte a été fourni par les sponsors, dont Ooredoo. Toutefois, le montant de l’argent versé par les sponsors n’a pas été révélé. Le Président de l’APC d’Ath-Yenni n’a pas jugé utile de révéler le montant de l’aide financière de l’APW, ni d’ailleurs le montant imposé à chaque exposant. Smaïl Deghil, dont la joie était visible sur le visage et dans le geste, dira seulement que cette manifestation est organisée avec l’aide financière des sponsors.

C’est le wali qui a révélé le montant de l’aide financière de l’institution élue que préside Youcef Aouchiche. Un simple calcul arithmétique nous renseignera que les 107 exposants à eux seuls alimenteront la trésorerie communale d’Ath-Yenni d’un montant de 1 926 000, 00 DA. Si on ajoute à ce montant celui dégagé par l’APW de Tizi-Ouzou, il est alors facile de déduire que Smaïl Deghil percevra, au nom de ses administrés, un chèque d’un de 2 926 000, 00 DA. Et lorsqu’on sait que des sponsors comme des entreprises géantes à l’instar d’Ooredoo font souvent preuve de générosité, il est facile de deviner les raisons de la bonne humeur du président d’APC d’Ath-Yenni. Son seul souci sera dorénavant de rétablir la bonne réputation du bijou d’Ath-Yenni. Et pour cela, il est tenu de démasquer les bijoutiers faussaires.

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