Coup de froid entre Rabat et Madrid ? – Le Jeune Indépendant
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Coup de froid entre Rabat et Madrid ?

Coup de froid entre Rabat et Madrid ?
Sanchez, quitte ou double

La visite de Pedro Sanchez, chef du gouvernement espagnol, au Maroc, semble ne pas se dérouler sous de bons auspices.

Déjà que plusieurs ministres de l’exécutif espagnol n’ont pas voulu faire partie du voyage, notamment ceux qui appartiennent aux mouvances de l’opposition dont Podemos, voilà que le roi Mohamed VI décide de ne pas recevoir Pedro Sanchez, sans donner de raison.

Des informations font état de la présence depuis plusieurs semaines du monarque dans une île au Gabon. D’autres sources évoquent plutôt des prétextes qui n’ont rien de diplomatique.

Dans le communiqué officiel, on fait état d’une nouvelle invitation du monarque à programmer dans les prochains mois.

Le roi du Maroc a eu, cependant, un entretien téléphonique avec Pedro Sanchez quelques heures avant le début du douzième sommet bilatéral de ce niveau, le premier du genre à se tenir en huit ans.

Le monarque a appelé Sanchez à effectuer une visite officielle au Maroc à venir « afin de renforcer cette dynamique positive dans l’excellent partenariat stratégique bilatéral », selon l’agence officielle marocaine. Madrid a déclaré que Sanchez reviendra à Rabat dans les prochaines semaines.

Il était prévu que Mohammed VI accorde à Sanchez une audience royale similaire à celle qu’ils ont eue en avril de l’année dernière, lorsque le Président du gouvernement espagnol s’est rendu à Rabat pour confirmer le revirement de l’Espagne sur la question du Sahara occidental et le soutien au plan d’annexion marocain de ce territoire.

Pourtant, ce sommet était prévu depuis de longs mois par les deux parties. A Madrid comme à Rabat on ne parlait que des bonnes perspectives dans les relations politiques, économiques et culturelles. On affichait de l’optimisme dans le développement de la coopération et les échanges commerciaux. Les espagnols se disent libérés de la pression migratoire que le régime marocain en usait et abusait et qu’il provoquait d’une manière intermittente près des enclaves de Ceuta et Melilla.

Le gouvernement socialiste espagnol misait beaucoup sur ce sommet, dénommé réunion de haut niveau. Pour cela, il a mobilisé une douzaine de ministres et des vices ministres. Les médias parlaient de protocoles, des accords et de conventions entre les deux délégations et un ordre du jour chargé sur les questions liées à l’émigration clandestine, au sécuritaire et au développement économique et commercial.

Mais en quelques semaines, la conjoncture a complètement chamboulé. Si l’agenda est maintenu, le contexte n’est plus le même. A l’international, le régime marocain est accablé par des scandales de corruption des eurodéputés. La suspicion est déjà jetée sur les nombreuses résolutions de l’Union européenne et du Parlement européen, favorables au Maroc. Au niveau des institutions européennes, on revoit les relations avec Rabat avec un autre prisme. De plus, l’affaire d’espionnage à grande échelle avec le logiciel Pegasus a complètement mis à nu la nature du régime du makhzen.

Selon les observateurs, un coup de froid semble s’installer dans ce qu’on appelle le « nouveau partenariat ». En faisant son bilan d’une année, Sanchez n’a pas engrangé les « fruits » de son « virage » et il le cache très mal. Des milieux diplomatiques européens avancent que le chef de l’exécutif espagnol l’a fait savoir. C’est plutôt Israël qui semble tirer le plus de dividendes de la normalisation marocaine sans la moindre reconnaissance de sa paternité sur les territoires sahraouis occupés. Le refus de Mohamed VI de recevoir Sanchez est un signe qui ne trompe pas.

Les mêmes sources évoquent une réelle prise de conscience de la nécessite de revoir radicalement une telle posture qui a causé des dégâts dans les relations entre l’Espagne et son traditionnel allié commercial l’Algérie.

Beaucoup d’hommes politiques au sein de la nomenklatura à Madrid y compris dans les rangs de Sanchez s’attèlent à concrétiser dans l’immédiat une réconciliation avec l’Algérie, jugée primordiale dans un monde ébranlé par les crises énergétiques.

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