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Corruption au Parlement européen : Appel à la révision des accords avec le Maroc

Corruption au Parlement européen : Appel à la révision des accords avec le Maroc

Des eurodéputés continuaient d’épingler le Maroc pour son implication dans le scandale de corruption ayant éclaboussé le Parlement européen, appelant notamment à interdire l’accès aux représentants marocains à l’hémicycle de cette institution continentale.

 Lors d’une séance plénière du Parlement européen à Strasbourg, les eurodéputés appartenant aux différents groupes parlementaires se sont relayés pour prendre la parole et condamner le Maroc pour ses actions visant à corrompre l’institution législative européenne et “entacher sa crédibilité”.

L’eurodéputée Karima Delli, du Groupe des Verts/Alliance libre européenne, a réclamé “la suspension de tous les travaux” de partenariat avec Rabat et la mise en place d’une “haute autorité de la transparence”.

Elle a, en outre, appelé à un front commun contre ceux qui cherchent à déstabiliser l’Union européenne (UE), soulignant la nécessité de mettre fin aux groupes d’amis du Parlement européen avec les pays tiers et revoir les relations de l’UE avec le Maroc.

De son côté, son collègue autrichien Andreas Schieder, de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates, a exigé d’interdire l’accès aux représentants du Maroc au Parlement européen et la révision de tous les accords conclus avec le royaume chérifien, intégrant le Sahara occidental occupé.

Une revendication réitérée par l’Italien Brando Benief et le Maltais Cyrus Engerer, qui appartiennent au même groupe politique.

Lors de son intervention, l’eurodéputée espagnole Ana Miranda du Groupe des Verts/Alliance libre européenne a, quant à elle, évoqué la question des droits de l’Homme au Sahara occidental.

A ce titre, elle a affirmé “qu’en refusant de former des commissions d’enquête sur la torture et les violations des droits de l’Homme commis par le Maroc dans ce territoire non autonome, le Parlement européen est complice de l’occupant marocain”.

Son compatriote Jordi Canas a regretté que Bruxelles n’ait pas fourni d’informations sur les pourparlers avec Rabat, où le haut représentant de l’UE pour la politique étrangère, Josep Borrell, s’était récemment rendu, et a insisté sur le fait qu'”il ne peut y avoir d’impunité pour les corrompus, ni pour les pays derrière la corruption”.

Les différents intervenants lors de la séance du Parlement européen ont insisté sur l’urgence de mettre en place, et avant la fin de cette législature prévue en mai, un arsenal juridique à même de faire face aux “ingérences étrangères” et “tentatives de corrompre les eurodéputés”.

Vers la fin de la séance, la Commissaire européenne aux Affaires intérieures, la Suédoise Ylva Johansson, a promis de “présenter en avril prochain un paquet (de mesures) anti-corruption et de renforcer les capacités répressives et judiciaires” par la création d’un organisme de transparence.

La plénière du Parlement européen prévoit de voter, jeudi, une résolution sur la “situation des journalistes au Maroc, notamment le cas d’Omar Radi”.

L’initiative présentée par des eurodéputés des Verts et de l’extrême gauche, fera l’objet de débat mercredi.

Pour rappel, le Parlement européen a permis mardi au nouveau parquet européen de demander la levée d’immunité d’eurodéputés impliqués dans le scandale de corruption au sein de l’institution continentale et dans lequel le Maroc est embourbé.

Jusqu’à présent, seules les autorités d’un Etat membre de l’UE étaient en mesure de le faire.

           

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