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Nationale

Corps médical: entre épuisement et vigilance

Corps médical: entre épuisement et vigilance

Médecins, infirmiers, brancardiers, chauffeurs d’ambulance, agents de surface… « Ces soldats » en première ligne dans la lutte contre le coronavirus affrontent, depuis cinq mois,  une crise sanitaire inédite, éprouvante et dangereuse. 

Dans des conditions pas toujours les meilleures, ils se vouent à une noble mission, celle de sauver des vies humaines sans savoir quand s’arrêtera cette pandémie. Mais cela n’est pas sans conséquences. Ils ont payé un lourd tribut et le coronavirus n’est pas encore vaincu. Ils sont nombreux à avoir contracté ce vilain virus, dont certains ont laissé la vie. Les héros, ce sont eux !

Depuis le mois de février, alors que l’on annonçait l’identification d’un premier cas de coronavirus, le personnel soignant était sur le qui-vive. Ils sont mobilisés de jour comme de nuit pour sauver des vies. Depuis des mois, ils ne mènent plus une vie normale, d’autant qu’ils ne rentrent pas chez eux de peur de contaminer leur famille. Le rebond de contamination enregistré ces dernières semaines complique les choses.

Après avoir vécu une accalmie, la contamination au COVID-19 revient de plus belle. Si le nombre de morts est plutôt stable, avec une moyenne quotidienne de huit décès par 24 heures, le nombre de contaminés explose, notamment dans certaines wilayas du pays qui ont pour la plupart décrété un confinement partiel. Une situation qui rend encore plus difficile la tâche au personnel soignant, qui en plus de la fatigue physique, s’ajoute l’épuisement moral.

Sur les réseaux sociaux, notamment, ils sont nombreux à lancer des cris de détresse, se disant dépassés. La saturation de certaines structures hospitalières, la peur du manque des moyens de protection, mais surtout la perte d’un collègue ou confrère, accablent encore plus ces « soldats en blouses blanches ».

Une trentaine de personnes dans le personnel de la santé ont péri et plus de 1 500 ont contracté le virus. Ces derniers temps, il ne passe presque pas une journée sans annoncer une perte dans les rangs de cette « avant-garde », en sauvant la vie des autres. Si tous les décès ont suscité l’émoi des uns et des autres, la mort d’une médecin enceinte de huit mois, Wafa Boudissa, de Ras Al-Oued, à Bord Bou Arreridj a suscité une très vive émotion dans tout le pays. Les structures hospitalières de Blida, d’Alger, Oran, Constantine, de Sétif, de Biskra, de Bejaia… ont toutes enregistré des morts au sein du corps médical. Epuisement, stress, angoisse, lassitude…Les professionnels de la santé sont à la limite d’un burn-out.

« La fatigue est là. La disparition d’un des nôtres pèse sur le plan moral », nous confie un infirmier, qui s’est porté volontaire de travailler dans le service COVID dans l’Etablissement public hospitalier de Azazga dans la wilaya de Tizi-Ouzou. « On n’a pas le droit de jeter l’éponge. On continuera à assurer notre mission », précise Arab Rachid, qui affirme qu’ils sont nombreux ceux qui sont restés loin de leur famille plus d’un mois, de peur de les contaminer.

Ce paramédical qui accomplit sa mission avec abnégation déplore cependant la disparité dans l’octroi de la prime de risque. Le personnel médical et paramédical ne va pas percevoir la même prime. « C’est une injustice et une discrimination, alors qu’on est exposé au même danger », martèle-t-il, précisant que « ce n’est pas une question d’argent, mais de principe ». Un paramédical est d’ailleurs, souligne-t-il, plus exposé qu’un médecin, d’autant que c’est lui qui est en contact direct et permanent avec le malade, dans sa mission de prodiguer les soins. 

« C’est une injustice et on est touché dans notre dignité », ajoute-t-il, réitérant dans la foulée l’importance de la prévention. « On ne cessera pas de dire qu’il faut respecter les gestes barrières, car le virus circule toujours », ajoute-t-il.

Avec l’arrivée de cette nouvelle vague de contamination, le personnel soignant craint, faut-il le noter, le manque des moyens de protection. Chose qui les rendra plus vulnérables.

La pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) a été instruite par le ministre de la Santé quant à la distribution des moyens de protection au personnel soignant, afin de répondre à la demande. Il les rassure sur la disponibilité de ces moyens. 

Reconnaissant certains manques, il dit : « Je peux vous assurer qu’en matière de moyen de protection la pharmacie centrale dote tout le monde », a indiqué, Abderrahmane Benbouzid, hier, sur les ondes de la radio nationale, affirmant que la protection du personnel soignant est une priorité.

Assurant que le pays produit suffisamment de moyens de protection, il signale un manque en surblouses, qui va être réglé. « La priorité aux collègues sur le terrain. Nous allons mettre à leur disposition tous les moyens sur tout le territoire national », a-t-il souligné.

Intervenant sur les ondes de la chaine 3, le ministre juge par ailleurs, « inadmissible et insoutenable que des personnes malades du coronavirus soient renvoyées des services de soins ». Il pointe du doigt des gestionnaires n’ayant pas cru utile d’augmenter le nombre de lits pour les recevoir. Le ministre constate que le nombre de lits pour recevoir l’ensemble des personnes frappées par le virus n’ont pas été déployé en quantité suffisante.

Il explique, par exemple, qu’un hôpital disposant de 600 lits n’en ait mobilisé qu’entre 120 à 160. « Pourquoi certains chefs d’établissements ont parlé de saturation », s’est-il interrogé, affirmant avoir donné à ces derniers, un délai de 48 heures, pour voir le problème réglé.

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