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Nationale

Corps de police: Une nouvelle stratégie de travail en vue

Corps de police: Une nouvelle stratégie de travail en vue

Au-delà de la revalorisation des salaires des policiers qui, sans doute, sera revue en urgence par le gouvernement, le directeur général de la Sûreté nationale Abdelghani Hamel est, quant à lui, contraint de revoir toute une stratégie de travail exercée jusqu’à présent à la Sûreté nationale afin d’éviter de nouvelles révoltes des policiers.
Le Premier ministre Abdelmalek Sellal qui a reçu, mercredi passé, les représentants des policiers des Compagnies républicaines de sécurité (CRS) qui se sont révoltés sur leurs conditions de travail, a promis de prendre en charge leurs doléances qui sont au nombre de douze points. Certes, les promesses de Sellal ont été accueillies à bras ouvert par les policiers protestataires, il reste à savoir quand ces promesses seront traduites sur le terrain. C’est la question posée par les milliers de policiers qui attendent une réaction positive et une solution rapide quant à leurs revendications.

Devant cette situation, le DGSN ne s’attendait pas à une telle révolte survenue dans son secteur. C’est la première fois que les policiers entament des marches de protestations et des mutineries depuis l’indépendance de l’Algérie. La révolte des policiers a eu lieu sous l’ère de Hamel, pourtant qualifié d’homme fort et sauveteur du secteur de la police.

La DGSN a été lourdement frappée en 2010 par l’assassinat de feu Ali Tounsi, l’ex-DGSN. Un coup dur qui avait semé beaucoup de doute dans les rangs de la police algérienne. Puis vint le temps de Hamel, arrivé à la tête de la DGSN en juin 2010, au moment où les policiers attendaient de lui beaucoup de choses positives. Effectivement, sa nomination a donné un nouveau souffle, voire une bouffée d’oxygène pour les dizaines de milliers de policiers, entre autres pour les CRS, URS, BRI, BMPJ, la police criminelle et les policiers de la PJ.

Dès son installation, le général major Abdelghani Hamel avait promis, dans un premier pas, d’améliorer les conditions de travail des policiers, à commencer par la revalorisation de leurs salaires, la dotation d’un quota de logements de fonction à leur profit. Les primes de travail ont été également revues et corrigées sous l’ère de Hamel. Quatre ans après, au moment où personne ne s’y attendait la colère a éclaté bien. Des policiers perçoivent un salaire de 32 000 DA/mois, c’est ce qui a mis ces agents de l’ordre dans la révolte.

Ce n’est pas tout, ils sont soumis à des conditions de travail des plus dures. Prenons le cas des Compagnies républicaines de sécurité (CRS), ces dernières travaillent sans relâche pendant 10 heures par jour.

Cas de figure flagrant à Ghardaïa. Ici, près de 10 000 policiers qui ont été transférés en urgence dans la Vallée de M’Zab, après la cascade des affrontements entre les deux tribus ibadites et malikites, assurent un rythme de travail de 10 heures par jour.
Trop fatigant, voire insupportable, expliquent les révoltés. Selon les agents de l’ordre, depuis leurs affectations à Ghardaïa, en décembre 2013, aucune journée de repos n’a été accordée aux agents de l’ordre ! Pis, les malheureux policiers n’ont pas eu le privilège de passer les fêtes de l’Aïd El-fitr et El-adha avec leurs familles.

Ajouter à cette dure situation, les policiers qui se trouvent depuis des mois à Ghardaïa sont devenus la cible de groupes inconnus, encagoulés, qui les attaquent avec des cocktails Molotov.
Du coup, plus de 200 policiers ont été blessés, certains grièvement atteints, depuis l’éclatement des échauffourées à Ghardaïa.

Les policiers anti-émeutes ne pouvaient supporter plus, ils ont fini par craquer, ce qui a poussé ces derniers à sortir dans la rue, à organiser une marche et à revendiquer leurs droits légitimes. Face à cette grogne, le Premier ministre a promis de répondre favorablement à leurs doléances, à commencer par la revalorisation des salaires et surtout l’amélioration de leurs conditions de travail, où on attend une nouvelle stratégie de la DGSN dans ce sens. Pour ce qui est du patron de la DGSN, Abdelghani Hamel a du pain sur la planche.

Le DGSN va sans doute jouer sa dernière carte pour sauver les meubles. Contraint de passer à une nouvelle stratégie de travail, Hamel sera dans l’obligation d’alléger les heures de travail des agents de l’ordre public et de donner des instructions fermes aux cadres de la Sûreté nationale afin qu’ils écoutent, désormais, les doléances de chaque policier. 

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