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Nationale

Coopération sécuritaire accrue entre l’Algérie et la Tunisie

Coopération sécuritaire accrue entre l’Algérie et la Tunisie

Un groupe de hauts cadres relevant des renseignements et de l’armée algérienne s’est rendu en Tunisie pour coordonner les actions et les décisions entre les deux pays, en vue de mettre fin à la présence des groupes armés terroristes dans les régions frontalières entre les deux pays.

Le groupe d’experts algériens et leurs homologues tunisiens ont échangé les données à leur disposition concernant les dernières localisations de terroristes dans ces zones, ainsi que les identités de ces dernies et leurs photos et ont décidé de créer une salle d’opérations commune pour traiter ce problème, avec des lignes téléphoniques directes entre les responsables sur le terrain des deux côtés de la frontière. Les responsables gouvernementaux algériens et tunisiens ont aussi discuté des moyens de sécuriser leur frontière commune. Cette rencontre intervient suite à l’attaque contre une patrouille de la Garde nationale à Aïn Soltane en Tunisie qui a fait six morts. Ils ont examiné la prolifération des groupes armés et échangé toutes les informations disponibles, y compris l’identité des terroristes actifs dans les zones frontalières : « Cela permettra de coordonner les opérations militaires et de renseignement afin de traquer les terroristes », a expliqué un responsable tunisien. « L’Algérie œuvre également à fournir un soutien logistique aux forces de sécurité tunisiennes stationnées à la frontière, la Tunisie n’ayant pas les moyens de lutter efficacement contre le terrorisme », a ajouté la source anonyme qui a également souligné le fait que l’engagement de l’Algérie à soutenir son voisin de l’Est « provient de sa certitude que la présence continue de terroristes dans la région s’étendra au territoire algérien ». Les autorités algériennes pensent qu’« il existe des liens et une coordination entre les terroristes qui ont perpétré l’attaque de Jendouba et ceux qui ont posé des mines sur le chemin de l’armée algérienne dans la zone frontalière » en février dernier, tuant cinq soldats. Pour faire face aux menaces aux frontières, l’Algérie a pris une série de mesures impliquant l’armée, la gendarmerie, les gardes-frontières, les services de renseignement, la police et la douane. Elles consistent en l’envoi de renforts et de matériel militaires dans les zones frontalières, la création de nouveaux postes avancés, le renforcement de la surveillance et du contrôle aux frontières, l’édification de nouvelles infrastructures, l’installation d’équipements de surveillance électronique. De plus, une dizaine de milliers d’hommes sont mobilisés pour surveiller et protéger la frontière, longue de 1 376 km, avec le Mali. Ainsi, le commandement militaire procède à trois grands déploiements de ses forces sur les frontières, avec la Libye, puis le Mali et récemment la Tunisie. Ce triple renforcement de son dispositif, qui a concerné également les frontières avec le Niger et la Mauritanie, s’apparente à un immense effort de guerre. Cette configuration s’explique par le fait que des pays voisins (Libye, Mali, Mauritanie, Niger et Tunisie) n’ont pas les moyens et connaissent des crises dans le cas de la Libye. Selon une source sécuritaire, la majorité des éléments (une centaine)

appartenant à ces groupes terroristes activant à cheval entre l’Algérie et la Tunis ont été identifiés.

Pour rappel, en juin 2013, les armées algérienne et tunisienne ont mis en place une commission militaire de coordination chargée de prévenir le passage d’éléments terroristes et les trafics en tout genre.

Parallèlement, le commandement militaire a adopté un plan de sécurité concernant les zones frontalières avec la Tunisie, similaire à ceux mis en œuvre aux frontières avec la Libye et le Mali. Ce plan porte, entre autres, sur la création de nouvelles zones militaires et sur la désignation de nouveaux points frontaliers susceptibles d’être des passages privilégiés des trafiquants et des terroristes. De plus, un certain nombre de mesures, d’ordre opérationnel, a été arrêté comme la surveillance des communications (les informations récoltées par l’armée algérienne sont partagées avec l’armée tunisienne), l’échange rapide d’informations, la surveillance aérienne de la bande frontalière, la conduite d’opérations militaires limitées de part et d’autre de la frontière, la conduite d’enquêtes sur les réseaux de recrutement, la lutte contre la contrebande transfrontalière pour priver les groupes terroristes de sources de financement. Un accord de sécurité cadre désormais cette coopération bilatérale soutenue.

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