Coopération sanitaire : L’Algérie soigne son partenariat avec le Tchad
Surveillance épidémiologique, greffes rénales et hépatiques, cardiologie, santé numérique… L’Algérie multiplie les initiatives pour accompagner le Tchad dans la modernisation de son système de santé et affirmer ses ambitions de leadership sanitaire en Afrique.
Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudène, a affirmé, jeudi dernier, que « l’Algérie est disposée à partager son expertise avec la République du Tchad, notamment dans le domaine de la surveillance épidémiologique », et ce à l’issue d’une réunion de haut niveau avec son homologue tchadien, Abdelmadjid Abderahim Mahamat, consacrée à l’élaboration d’une feuille de route visant à concrétiser les projets communs.
Cette déclaration est intervenue lors d’une réunion par visioconférence coprésidée par les deux ministres, en présence des cadres des deux départements. Les échanges ont permis de définir les contours d’une nouvelle feuille de route destinée à donner un nouvel élan au partenariat sanitaire entre Alger et N’Djamena.
A cette occasion, Mohamed Seddik Aït Messaoudène a également mis en avant « l’expérience de l’Algérie en matière de prévention et de lutte contre les maladies », soulignant que cette expertise est de nature à contribuer au renforcement des capacités du système de santé tchadien, notamment dans les domaines de la veille sanitaire et de la gestion des risques épidémiques.
Les deux délégations ont examiné les modalités de relance des actions prévues par l’accord de coopération liant les deux pays. Le ministère a précisé que la feuille de route s’articulera autour de plusieurs axes prioritaires, parmi lesquels figurent la formation des ressources humaines, le transfert d’expertise, le développement de la prévention, la numérisation du secteur de la santé ainsi que l’amélioration de la gestion des établissements hospitaliers. Ces orientations traduisent, selon la même source, « la volonté commune de hisser le partenariat sanitaire entre les deux pays et d’améliorer la qualité des services de santé ».
Une large place a également été accordée à la formation des cadres de santé tchadiens. Les deux parties ont convenu de développer des programmes de formation initiale et continue, tout en renforçant les échanges d’expertise dans plusieurs spécialités médicales stratégiques, notamment la cardiologie, la néphrologie, la gynécologie-obstétrique et l’addictologie.
Les discussions ont également porté sur le transfert de l’expérience algérienne en matière de transplantation rénale et hépatique, un domaine dans lequel l’Algérie poursuit le développement de ses compétences et de ses infrastructures spécialisées.
Par ailleurs, Mohamed Seddik Aït Messaoudène a insisté sur l’importance de renforcer la coopération dans le domaine de la santé numérique. Il a plaidé pour le développement de plates-formes numériques, le partage des expériences en matière de gestion des systèmes de santé, notamment dans l’approvisionnement en médicaments et la gestion des stocks, ainsi que pour la mise en place de programmes de jumelage entre les établissements hospitaliers des deux pays. Le ministre a également appelé à intensifier les échanges de visites entre les responsables et les cadres des deux secteurs afin d’assurer un suivi régulier des projets de coopération et d’en garantir une mise en œuvre efficace.
Il convient de rappeler qu’en ouverture de la réunion, les deux ministres ont salué « la solidité des relations fraternelles unissant l’Algérie et le Tchad », réaffirmant « la volonté des dirigeants des deux pays de poursuivre le renforcement de la coopération bilatérale et de la hisser au niveau des aspirations communes », la santé étant identifiée comme l’un des principaux moteurs de ce partenariat.
Au terme de cette rencontre, les deux parties ont convenu de poursuivre les réunions bilatérales périodiques, de renforcer les mécanismes de coordination entre les deux ministères et d’assurer un suivi régulier des différents programmes, afin d’inscrire durablement le partenariat sanitaire algéro-tchadien dans une dynamique de coopération consolidée.