Coopération parlementaire continentale : Boutbig trace la feuille de route d’une Afrique plus unie
Le président du Parlement panafricain, Fateh Boutbig, a clôturé, ce lundi, les travaux de la première Conférence des présidents des Parlements nationaux et régionaux africains, appelant à faire des institutions parlementaires un véritable catalyseur d’intégration, de démocratie et de développement. Il a soutenu que cette rencontre constituait un tournant pour le renforcement de l’action parlementaire sur le continent.
Boutbig a, d’emblée, déclaré, dans son allocution de clôture, que « l’avenir de l’Afrique commence par la force de ses institutions, l’unité de sa volonté et la foi de ses peuples », résumant la vision qui a guidé l’essence même des échanges tout au long de la durée des travaux de cette rencontre continentale. Il a également souligné que cette conférence ouvre une nouvelle étape fondée sur le partenariat, le dialogue et un engagement commun au service des ambitions de l’Agenda 2063, feuille de route stratégique de l’Union africaine pour le développement du continent.
Le responsable africain a réaffirmé que le Parlement panafricain demeurera « la maison commune des Parlements nationaux et régionaux d’Afrique », se positionnant comme une plate-forme permanente de dialogue politique, de coopération législative, de partage d’expériences et de diplomatie parlementaire coordonnée.
Au cours de son intervention, le président Boutbig s’est également félicité des propositions visant à institutionnaliser cette conférence et à examiner la possibilité de l’organiser deux fois par an, estimant qu’une telle évolution permettrait d’approfondir les échanges entre les institutions législatives africaines, de rapprocher les cadres juridiques nationaux et de renforcer la coordination autour des grands défis du continent. Soutenant que « le progrès de l’Afrique ne se mesurera pas au nombre de réunions ou de déclarations, mais à l’impact concret que les Parlements auront sur la vie des citoyens africains », il a conclu son allocution par une formule symbolique : « Une Afrique. Une seule voix. ».
Trois nouvelles lois modèles au service de l’Agenda 2063
En marge de cette conférence, le président du Parlement panafricain a également présidé une session spéciale consacrée au lancement officiel de trois nouvelles lois modèles africaines, présentées comme des instruments destinés à renforcer l’harmonisation des législations nationales et à accompagner la mise en œuvre de l’Agenda 2063.
Placée sous le thème « Renforcer l’harmonisation législative et accélérer la mise en œuvre de l’Agenda 2063 grâce aux lois modèles », cette rencontre a permis de mettre en avant le rôle central du droit dans le processus d’intégration africaine.
A cette occasion, M. Boutbig a expliqué que ces textes inauguraient « une nouvelle étape dans la production législative africaine », précisant qu’ils ont été conçus comme des outils pratiques destinés à accompagner les Etats membres dans l’adaptation de leurs cadres juridiques, tout en respectant pleinement leur souveraineté et les spécificités de leurs systèmes juridiques.
Le président du Parlement panafricain a rappelé que l’élaboration de ces lois avait été précédée d’un vaste processus de concertation associant les organes de l’Union africaine, les Etats membres, les parlementaires, les universitaires, les organisations de la société civile ainsi que les partenaires au développement. Affirmant que « ces lois ne sont pas de simples textes juridiques. Elles sont des instruments concrets conçus pour être appliqués sur le terrain afin de répondre aux besoins des populations africaines », il a souligné que les solutions législatives africaines constituent un pilier essentiel pour promouvoir le développement durable, accélérer l’intégration continentale et concrétiser les objectifs de l’Agenda 2063.
Il convient de noter que ces trois lois modèles portent respectivement sur l’égalité et l’équité entre les sexes, la migration de la main-d’œuvre et la gestion durable des sols. Elles fourniront aux Etats membres des cadres de référence pour rapprocher leurs législations des priorités définies à l’échelle continentale, améliorer la mise en œuvre des politiques publiques et favoriser un développement plus harmonisé.
En plus de leur portée juridique, ces nouveaux instruments traduisent la volonté du Parlement panafricain de renforcer son rôle dans l’accompagnement des réformes législatives sur le continent et de faire des Assemblées parlementaires des acteurs de premier plan dans la réalisation des objectifs de l’Union africaine. Pour M. Boutbig, la réussite de l’intégration africaine passera autant par la convergence des politiques publiques que par la capacité des institutions parlementaires à transformer les engagements politiques en résultats concrets au bénéfice des citoyens.