Algérie et la Tunisie: un nouveau départ
Nouveau départ pour les relations économiques algéro-tunisiennes, acté avec la tenue du forum économique et la 22e session de la grande commission mixte algéro-tunisienne dont les travaux se sont poursuivis ce mercredi à Alger.
L’Algérie et la Tunisie veulent aller de l’avant dans la coopération économique et exploiter le grand potentiel dont disposent les deux pays. Cette volonté a déjà été exprimée par les ministres du Commerce des deux pays à l’occasion de la 5e session de la commission mixte algéro-tunisienne de suivi des échanges commerciaux, tenue en septembre dernier en Tunisie.
Elle a été réitérée par le Premier ministre algérien et le chef du gouvernement tunisien, lesquels ont co-présidé, ce mardi, l’ouverture du forum économique d’affaires algéro-tunisien. Aïmene Benabderrahmane a affirmé que toutes les conditions étaient réunies pour « un nouveau départ de partenariat bilatéral » et que ce « forum marquera le début d’une nouvelle ère dans les relations économiques et commerciales entre les deux parties ».
Le volume des échanges commerciaux a enregistré, selon les précisions du Premier ministre, une hausse de 54 %, durant les sept premiers mois de l’année en cours. « Le chiffre devrait augmenter les mois et les années à venir grâce aux efforts que nous consentirons ensemble en vue de coordonner les politiques et aplanir les difficultés, quelle qu’en soit la nature », a précisé M. Benabderrahmane, affirmant que la Tunisie est « l’un des plus importants partenaires économiques de l’Algérie en termes de volume d’investissements et d’échanges commerciaux ».
« L’augmentation du volume des échanges commerciaux bilatéraux et leur élargissement constituent un objectif commun qui a toujours été favorablement accueilli, soutenu et valorisé dans les différentes rencontres bilatérales, la dernière en date étant la 5e commission mixte algéro-tunisienne de suivi des échanges commerciaux, tenue à Tunis à la mi-septembre », a fait savoir le Premier ministre. Selon lui, cet objectif ne pourra se réaliser qu’en établissant des partenariats mutuellement bénéfiques dans les secteurs stratégiques. Il s’agit notamment de l’énergie, des énergies renouvelables, de l’industrie, de l’agriculture, des matériaux de construction, des produits pharmaceutiques, du matériel médical, de l’environnement, du recyclage des déchets et de la sous-traitance.
Il convient de noter que le volume des échanges commerciaux, bien qu’une augmentation soit signalée, reste en-deçà du potentiel existant. En 2022, le volume des échanges commerciaux s’est élevé à 1,7 milliard de dollars, dont 1,2 milliard de dollars d’exportations algériennes vers la Tunisie, dominées par les produits énergétiques et 500 millions de dollars d’exportations tunisiennes vers l’Algérie, composées principalement de produits manufacturés.
Le Premier ministres qui a mis en avant l’importance de l’adhésion de l’Algérie et de la Tunisie à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), a par ailleurs indiqué que « l’Algérie compte 42 projets tunisiens d’investissement, directs et via partenariat, dont 38 concrétisés dans les secteurs de l’agriculture, de la construction, de l’industrie et des services d’une valeur avoisinant les 14 milliards de dinars ».
Pour une nouvelle dynamique de coopération
Une nouvelle ère de coopération avec les entreprises tunisiennes constitue une ambition pour les hommes d’affaires algériens. Le président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), Kamel Moula, a fait part de cette volonté, affirmant que les hommes d’affaires algériens aspiraient à une nouvelle dynamique de coopération avec les entreprises tunisiennes, l’objectif étant la promotion des échanges commerciaux et le renforcement des investissements dans les deux pays.
« Les opérateurs économiques algériens souhaitent une nouvelle dynamique avec leurs homologues tunisiens pour renforcer les exportations hors hydrocarbures et réaliser des projets communs », a-t-il précisé, mettant en avant les opportunités de partenariat entre les entreprises tunisiennes et algériennes.
Le président du CREA a aussi souligné les opportunités d’investissement offertes dans divers domaines, tels que la fabrication d’intrants, de dérivés de pétrole comme les engrais agricoles ou de plastique, nécessaires à l’industrie du textile et à l’industrie automobile, aux produits d’emballage et aux équipements électroménagers dans le cadre de la production conjointe.
En vue de concrétiser cette ambition, une intensification des efforts s’impose pour lancer des initiatives de coopération et de partenariat, a affirmé le président du CREA, qui a cité un accord de coopération entre son Conseil et l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA) à même d’œuvrer à exploiter les opportunités offertes aux entreprises des deux pays, non sans souligner l’amélioration du climat des affaires en Algérie.
Pour sa part, le président de l’UTICA, Samir Majoul, a proposé le lancement d’un forum d’affaires tuniso-algérien permanent dont la tenue se fera en alternance entre les deux pays, l’objectif étant de l’ériger en cadre optimal pour débattre de l’action économique conjointe et des questions y afférentes, en plus de fixer des stratégies en matière d’investissement, selon les explications de M. Majoul, qui préconise d’aller vite, et ce « en jetant les bases d’une véritable intégration économique entre les deux pays et en prenant des décisions audacieuses réunissant les conditions et le climat favorables pour atteindre cet objectif, notamment la conclusion d’un accord global de libre-échange, l’annulation de tous types de licences et de barrières douanières et non tarifaires, et l’exonération des produits des deux pays de toutes taxes ».