Algérie-UE: Cap sur l’hydrogène
Nouvelle étape dans la coopération entre l’Algérie et l’Union européenne (UE). Les deux parties ont convenu d’un nouveau programme de coopération de 15 millions d’euros pour soutenir le développement des énergies renouvelables. Il intervient après la clôture, le mois de mai dernier, du programme d’appui des ENR et de l’efficacité énergétique en Algérie, lequel a enregistré des résultats satisfaisants.
« L’Algérie et l’Union européenne ont convenu, lors de la réunion du Dialogue politique de Haut niveau dans le domaine de l’énergie, d’un nouveau programme de coopération pour soutenir le développement des énergies renouvelables d’une valeur de 15 millions d’euros ». C’est ce qu’a indiqué le ministre de l’Energie et des Mines, citant le communiqué commun de la réunion.
Ce programme de coopération, s’appuyant sur les résultats « très positifs du projet Taka Nadifa (énergie propre) », a été annoncé à l’issue de la 5e réunion qui s’est tenue jeudi à Bruxelles, sous la coprésidence de la Commissaire à l’énergie de la Commission de l’Union européenne, Kadri Simson, et le ministre de l’Energie et des mines, Mohamed Arkab.
Le programme est basé sur les priorités identifiées à travers le dialogue entre l’Algérie et l’UE. Il vise à soutenir le développement de projets d’énergies renouvelables, l’intégration des renouvelables dans le système, y compris par le biais de nouvelles technologies, l’interconnexion électrique, le développement d’une économie verte de l’hydrogène, l’augmentation des énergies renouvelables dans la production et le transport d’énergie, ainsi que l’efficacité énergétique dans les bâtiments et les entreprises publiques, a-t-on souligné.
Les deux parties ont convenu de progresser davantage sur les émissions de méthane et l’hydrogène en facilitant et en promouvant des projets industriels pilotes, ainsi que d’organiser des ateliers réunissant des parties prenantes publiques et privées européennes et algériennes.
Intérêt pour l’hydrogène renouvelable
Les perspectives de coopération dans le domaine de l’hydrogène renouvelable ont également été discutées lors de cette réunion qui s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du Mémorandum d’entente (MoU) sur le partenariat stratégique entre l’Algérie et l’UE dans le domaine de l’énergie, signé à Alger en 2013, qui vise à développer et renforcer les relations énergétiques tout en respectant l’équilibre des intérêts entre les deux parties.
Dans cette perspective, les deux parties ont exprimé leur volonté d’explorer la possibilité d’établir un accord de coopération sur l’hydrogène afin d’identifier des actions concrètes et des projets dans ce domaine de partenariat. Les efforts de l’UE pour augmenter et accélérer le déploiement des énergies renouvelables ont été mis en avant, avec l’hydrogène comme domaine prioritaire pour stimuler la transition verte.
La stratégie nationale algérienne récemment adoptée pour le développement de l’hydrogène a également été soulignée. L’excellent potentiel pour un partenariat fructueux et mutuellement bénéfique sur l’hydrogène renouvelable a été souligné par la commissaire Simson et le ministre Arkab, exprimant leur engagement d’intensifier la coopération dans ce domaine.
L’Algérie, un partenaire stratégique et fiable
Les deux parties ont, par ailleurs, fait le point sur l’état d’avancement de la coopération bilatérale, tout en réitérant la volonté commune d’œuvrer à son renforcement à travers de nouveaux échanges dans le cadre du groupe de travail sectoriel et des deux groupes d’experts sur le gaz naturel et l’électricité, les énergies nouvelles et renouvelables et l’efficacité énergétique, créés en 2015.
Mettant en avant les progrès réalisés dans la mise en œuvre du partenariat, l’importance de l’Algérie en tant que partenaire stratégique et fiable dans l’approvisionnement énergétique de l’UE en gaz naturel a été également soulignée. L’évolution de la demande européenne et de l’offre par l’Algérie a été également discutée.
Par ailleurs, les deux parties ont discuté de la coopération euro-algérienne pour réduire les émissions de méthane dans l’industrie pétrolière et gazière et ont décidé de travailler ensemble pour promouvoir la récupération et la commercialisation du méthane qui serait autrement dispersé dans l’atmosphère. Les deux parties ont aussi décidé d’étendre la coopération à l’exploration, la production et l’utilisation de matériaux rares, notamment comme intrants dans l’industrie des composants d’installation pour la production ou le stockage d’énergie renouvelable.
L’Algérie et l’UE ont convenu aussi d’accélérer les discussions sur la coopération dans le domaine de l’électricité, en particulier sur l’interconnexion entre les réseaux électriques européens et algériens et les échanges transfrontaliers. Des discussions seront également engagées sur la possibilité de créer des partenariats industriels pour la fabrication d’équipements, en particulier pour le marché des énergies renouvelables.