Coopération algéro-nigérienne : Focus sur l’emploi et la valorisation des compétences
Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saïhi, s’est entretenu avec son homologue nigérienne, Aissaoui Abdoulaye Tondi, lors d’une séance de travail, organisée en marge de la deuxième session de la Grande Commission mixte algéro-nigérienne, tenue à Niamey.
Les deux ministres ont axé leurs échanges sur la consolidation du cadre juridique de coopération, le transfert d’expertise et la mise en place de mécanismes concrets en matière d’emploi et de mobilité professionnelle. C’est ce qu’a indiqué, ce mercredi, un communiqué du ministère.
Dès le début des échanges, les deux parties ont réaffirmé leur engagement à hisser leur coopération à un niveau plus structuré, en s’appuyant sur des instruments juridiques adaptés aux enjeux actuels du marché du travail. Le projet d’accord relatif à la promotion de l’emploi et à la mobilité de la main-d’œuvre a constitué l’un des points centraux des discussions. Présenté lors de la réunion des experts tenue le 22 mars, ce texte est actuellement en phase d’examen par la partie nigérienne, qui s’est engagée à formuler ses observations afin de permettre sa finalisation.
Dans ce contexte, les deux ministres ont relevé l’intérêt commun de transformer les intentions politiques en mécanismes concrets et opérationnels, tel que l’a souligné M. Saïhi, affirmant que « la coopération ne peut produire ses effets que si elle repose sur des outils précis, adaptés et suivis dans leur mise en œuvre ».
Les discussions ont également souligné l’importance du transfert de compétences et de l’accompagnement institutionnel. La ministre nigérienne a exprimé un intérêt marqué pour l’expérience algérienne, notamment dans les domaines de l’inspection du travail, de la santé et de la sécurité au travail, ainsi que des dispositifs d’encadrement du marché de l’emploi. Elle a indiqué que « le renforcement des capacités institutionnelles constitue une priorité pour moderniser notre système de gestion de l’emploi et garantir de meilleures conditions de travail ». Dans cette optique, la responsable nigérienne a formulé à son homologue algérien plusieurs demandes, notamment en matière de formation spécialisée des cadres et d’appui technique aux structures nationales concernées.
Par ailleurs, la partie nigérienne a proposé la mise en place d’un mécanisme de jumelage entre les agences nationales de l’emploi des deux pays. Cette initiative a pour principal objectif d’œuvrer concrètement à « favoriser un échange structuré de bonnes pratiques et à améliorer l’efficacité des dispositifs d’insertion professionnelle au bénéfice des jeunes demandeurs d’emploi ».
———Une approche fondée sur l’identification des besoins réels
Réaffirmant la disponibilité de l’Algérie à accompagner le Niger dans ses réformes, M. Saïhi a mis en avant l’importance d’une approche pragmatique et progressive. Il a ainsi appelé à une meilleure définition des priorités, estimant que « toute action de coopération efficace doit partir d’une identification claire et précise des besoins du partenaire ».
Le ministre a également rappelé les acquis de l’expérience algérienne en matière de politiques de l’emploi, notamment à travers les dispositifs d’insertion, les programmes de formation professionnelle et les mécanismes d’accompagnement des demandeurs d’emploi. Il a souligné que ces instruments ont permis de développer une approche intégrée de la gestion du marché du travail, susceptible d’être partagée et adaptée aux réalités nigériennes.
La rencontre a également été marquée par la volonté des deux parties de renforcer les échanges institutionnels et techniques. Dans ce cadre, la ministre nigérienne a exprimé son souhait d’effectuer une visite de travail en Algérie, afin de s’imprégner de manière directe des expériences nationales et d’approfondir les perspectives de coopération. Cette proposition a été favorablement accueillie par la partie algérienne, qui y voit une opportunité de consolider davantage les relations bilatérales. Selon M. Saïhi, « le partage d’expériences sur le terrain demeure le meilleur moyen de construire une coopération efficace et durable ».
Il convient de noter que cette rencontre s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération africaine fondée sur la solidarité et le partage d’expertise. Face aux défis communs liés à l’emploi, à la formation et à la mobilité des compétences, l’Algérie et le Niger entendent renforcer leur coordination afin de promouvoir un développement plus inclusif. Dans cette perspective, les deux pays réaffirment leur volonté de bâtir un partenariat structurant, fondé sur des résultats concrets et une vision partagée du développement humain, où l’emploi occupe une place centrale dans la stabilité sociale et la croissance économique.