Coopération algéro-allemande : L’axe du gaz et de l’hydrogène vert
La visite à Alger du chef de la diplomatie allemande, Johann Wadephul, accompagné d’un important cénacle d’industriels, marque un tournant décisif dans le partenariat économique bilatéral. Reçu par le président Abdelmadjid Tebboune et les dirigeants du secteur énergétique, le responsable germanique est venu concrétiser les engagements pris à Berlin en juillet dernier. Au-delà des volumes de gaz et de GNL, cette immersion stratégique pose les jalons d’une alliance globale intégrant l’hydrogène vert, le dessalement et un transfert technologique massif vers l’industrie algérienne.
La consolidation de la coopération économique et industrielle s’impose désormais au premier plan des relations entre l’Algérie et l’Allemagne. Le déplacement à Alger du ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, escorté par une importante délégation de dirigeants d’entreprises, traduit une ambition claire : densifier significativement les flux commerciaux et accélérer les investissements croisés. Au centre de ce redéploiement figure le secteur de l’énergie, colonne vertébrale d’une entente renouvelée, scellée lors de la visite officielle du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à Berlin les 16 et 17 juillet 2026. Les autorités des deux pays s’emploient aujourd’hui à aligner l’intensité des échanges économiques sur l’excellence de leur dialogue politique.
Les discussions opérationnelles ont pris corps lors de la séance de travail élargie entre Johann Wadephul et le ministre d’État, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab. Ce rendez-vous stratégique a réuni les figures clés du secteur des deux côtés du Rhin et de la Méditerranée, notamment les dirigeants de l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (ALNAFT), de l’Autorité de régulation des hydrocarbures, du groupe Sonatrach, ainsi que des cadres haut placés du ministère. La partie allemande a déployé un pavillon industriel de premier ordre, représenté par les états-majors de géants technologiques et énergétiques tels que Bosch Energy, Thyssenkrupp Uhde, VNG, Siemens Energy et l’association VDA.
Cette concertation approfondie s’inscrit dans la dynamique vertueuse impulsée par les chefs d’État des deux nations. Les échanges entre les deux délégations ont balayé l’ensemble de la chaîne de valeur : l’ingénierie pétrolière et gazière, le développement d’infrastructures de pointe, la fabrication d’équipements lourds dédiés notamment au dessalement d’eau de mer, ainsi que la commercialisation à long terme du gaz naturel et du GNL. Les deux partenaires ont également fixé des objectifs stricts en matière d’intégration de technologies bas carbone au sein des installations d’extraction et de transformation.
L’hydrogène vert et l’ammoniac propre constituent le pivot technologique de ce rapprochement commercial. Confrontée aux impératifs de la transition énergétique de l’Union européenne, l’Allemagne identifie l’Algérie comme un acteur incontournable. Alger vise la couverture de 10 % des besoins européens en hydrogène à l’horizon 2040, affirmant sa volonté de diversifier le mix énergétique du continent.
Les axes de travail communs englobent la conception, la production et la commercialisation d’hydrogène vert par Sonatrach et le ministère de l’Énergie, assorties de la fabrication locale d’équipements spécialisés comme les électrolyseurs. Ce volet industriel intègre un programme ambitieux de formation, d’assistance technique, de transfert de savoir-faire et de renforcement des compétences, sans oublier la lutte contre le changement climatique par la réduction et la valorisation des émissions de méthane.
Le gouvernement algérien réaffirme sa volonté d’accélérer les projets prioritaires, en particulier la structuration d’une véritable filière pétrochimique nationale adossée à l’expertise germanique. Pour concrétiser cette ambition, le secteur des hydrocarbures offre un accompagnement sur mesure et toutes les facilités requises aux investisseurs allemands désireux de s’implanter durablement sur le sol national.
Saluant la fiabilité constante de l’Algérie en tant que fournisseur d’énergie majeur, le diplomate allemand a confirmé la ferme intention de son pays de s’engager dans des mégaprojets structurants, à l’image du corridor hydrogène sud (SoutH2 Corridor). À l’issue de son audience avec le président Tebboune, Johann Wadephul a rappelé que l’Algérie possède l’ensemble des leviers pour devenir un hub vert incontournable vers l’Europe. Enfin, ce dialogue bilatéral s’est étendu aux défis géopolitiques globaux, le ministre allemand évoquant les concertations relatives au conflit russo-ukrainien et à ses répercussions directes sur la sécurité alimentaire mondiale.