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Culture

Convivialité de Nassima Chabane

Convivialité de Nassima Chabane

Lors de la soirée musicale de ce samedi 17 décembre à Alger, au Palais de la Culture Moufdi-Zakaria, la chanteuse mezzo-soprano Nassima Chabane a dédié son concert à la mémoire de son maître spirituel Cheikh Sadek El Bejaoui, à celles du grand maître du chaâbi Amar Ezzahi et de la légende du malouf Mohamed Tahar Fergani.

Pour son retour sur scène, la musicienne et chanteuse Nassima Chabane a enchanté le public algérois avec un florilège de pièces classiques et soufies, rendues dans l’élan de spontanéité qui la caractérise et une ambiance empreinte de convivialité.

Le public relativement nombreux a vite oublié le léger retard dans la programmation de ce concert, consolé par la prestation remarquable livrée par l’artiste qui a exercé ses grandes capacités à séduire son auditoire par sa générosité et son professionnalisme habituels caractérisant « l’esprit Nassima Chabane ». 

Au début de son spectacle, elle a également rappelé également que son concert célébre par le m’dih le septième jour du mawlid ennabaoui. Deux heures durant, elle a exposé nombre de pièces du patrimoine classique et soufi, présentées dans de nouveaux arrangements de sa création.

Soutenue par huit instrumentistes virtuoses, Nassima Chabane a exécuté dans des variations modales au ton relevé Touchiya zidène, Touiyari Mesrar, Lik nechki kesset halti, des m’dihs rendus dans des rythmes lents à l’ascendant de fascination, Salli ya salam salat djamila du poète Mohamed El Alaoui et Ya sayyidi ya rassoul allah de l’Emir Abdelkader, entonné en mode hidjaz. La cantatrice s’est livrée entre chacune des chansons interprétées, à des commentaires anecdotiques qu’elle a ponctués par des échanges agréables avec les spectateurs.

Cet élan naturel de spontanéité a caractérisé la deuxième partie du spectacle, conduisant l’artiste à répondre à des demandes du public qui a eu droit à apprécier des pièces non inscrites au programme comme Rah el ghali rah du regretté Boudjemaa El Ankis, écrite et mise en musique par Mahboub Bati, Ya noudjoum ellil de Cheikh El Hasnaoui.

Expliquant le sentiment de nostalgie de l’artiste exilé et son attachement atavique à son pays, Nassima Chabane a entonné Twahhacht bladi, une chanson qu’elle a écrite et composée dans le mode hidjaz, avant de conclure avec d’autres pièces dans le genre m’dih, Bism el ilah el aâdam, Ya sahib el ghamama et El horm ya r’soul allah notamment.

Dans la délectation, le public a saisi l’aisance de la chanteuse au mandole à puiser également, après la déclamation de quelques bouqalat, dans le répertoire chaâbi, « exclusivement réservé aux voix masculines », de l’avis d’un groupe de fans qui voit en elle, « l’âme des anciennes cantatrices de la musique andalouse et celle des grands cheikhs du chaâbi réunis », rapporte l’Agence presse service d’Algérie.

Dans une prestation de haute facture, le métier des instrumentistes qui se sont succédé dans des démonstrations en solo lors de l’interprétation d’istikhbars ou la reprise individuelle des mélodies, se sont fait nettement ressentir, à l’instar de Brahimi Mansour à la mandoline électro-acoustique, Arslan Bouras au luth et Mokhtar Choumane au nay (flûte orientale).

Donnant du bien être à son public dans un élan naturel et positif, très proche de ses musiciens, Nassima Chabane a réussi un spectacle plein, rendu généreusement dans un esprit jovial qui allie le savoir faire au plaisir des sens dont elle seule détient le secret. 

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