Contrôle des importations : Huit laboratoires mobiles déployés
Le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché vient de franchir une nouvelle étape dans le contrôle de la qualité des produits, principalement importés, et leur conformité aux normes de sécurité. Huit nouveaux laboratoires mobiles, équipés des technologies les plus avancées, seront déployés aux passages frontaliers maritimes les plus fréquentés du pays.
C’est ce qu’a affirmé hier la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, Amel Abdelatif, à l’occasion d’une journée d’information consacrée à la présentation de ces laboratoires mobiles, leur mission mais aussi leur implantation. D’emblée, la ministre a indiqué que la mise à disposition des équipes de son département ministériel de ces nouveaux laboratoires s’inscrit en droite ligne avec les orientations du président de la République. Des orientations qui visent le renforcement du contrôle analytique des produits importés, la réduction des délais d’analyse grâce à l’utilisation d’équipements modernes et de technologies avancées, notamment pour les produits périssables, ainsi que la réduction des délais de traitement des dossiers des opérateurs économiques, selon les explications de la ministre.
Il est aussi question, a-t-elle ajouté, de la réduction de la durée de séjour des conteneurs dans les ports, contribuant ainsi à diminuer les coûts d’importation, en plus de permettre une intervention rapide sur n’importe quel point du territoire national. La ministre, qui a mis en avant les efforts de l’Etat dans la protection du consommateur, notamment à travers les missions confiées au secteur du commerce intérieur, a fait savoir que ces laboratoires mobiles ont été acquis auprès de la Société algérienne de fabrication de véhicules SAFAB-MB relevant du ministère de la Défense nationale. Ces derniers sont équipés des technologies les plus avancées et disposent de capacités analytiques importantes.
Il s’agit principalement, selon Mme Abdelatif, de « la détection de résidus de pesticides, de substances chimiques et de contaminants ainsi que des mycotoxines », de « l’analyse des céréales et des matières végétales, de « la mesure du taux d’humidité dans les produits alimentaires » ainsi que « d’autres analyses de haute précision ».
Contrôle renforcé aux frontières
La création de laboratoires mobiles n’est pas une simple démarche technique, La création de laboratoires mobiles n’est pas une simple démarche technique mais un engagement fort en faveur de la santé du consommateur, de la transparence et de la protection du marché national, selon la ministre, laquelle a émis un ensemble d’orientations afin d’assurer la réussite de ce dispositif de contrôle.
Elle a, dans ce sens, souligné la nécessité de renforcer les capacités humaines et techniques, d’harmoniser les méthodes d’analyse avec celles des laboratoires fixes, d’assurer une coordination étroite entre les différents services concernés, ainsi que d’accélérer la finalisation du projet de numérisation des procédures.
Ces laboratoires mobiles équipés seront déployés au niveau des passages frontaliers maritimes les plus actifs au niveau national, à savoir les ports d’Alger, d’Annaba, de Skikda, de Jijel, de Béjaïa, d’Oran, de Mostaganem et de Ghazaouet, a précisé la ministre, laquelle n’a pas manqué de « saluer le rôle majeur des équipes de répression des fraudes sur le terrain ».
En plus des contrôles « visuels minutieux », ces équipes effectuent des contrôles analytiques scientifiques basés sur des prélèvements envoyés aux laboratoires sectoriels, a expliqué la première responsable du secteur du commerce, affirmant que ces analyses constituent « la base objective sur laquelle reposent les décisions relatives à la conformité ou à la non-conformité des produits », ainsi que « les mesures légales visant à protéger le consommateur et la sécurité du marché ».
Un système d’information intégré
Mme Abdelatif, qui a fait état du renforcement des capacités de contrôle à travers l’élargissement du réseau des laboratoires, actuellement de 42 et qui va être porté à 58 d’ici à la fin de l’année 2026, a indiqué que le ministère œuvre à la mise en place d’un système d’information intégré pour la gestion des laboratoires (LIMS – Laboratory Information Management System). Cela, a-t-elle signalé, « permettra une gestion précise des données relatives aux équipements et aux compétences humaines », et facilitera aussi « l’échange instantané d’informations ».
Selon la ministre, qui a signalé la mise en œuvre de la stratégie nationale de numérisation, le projet de la carte numérique nationale des laboratoires « GEOLAB » s’impose comme l’une des réalisations majeures du secteur ces dernières années. « Cette plate-forme intelligente n’est pas seulement une application numérique, mais une base de données nationale complète », a-t-elle précisé.
« GEOLAB incarne une nouvelle vision reposant sur la numérisation afin d’élever le niveau de performance du système national d’analyse et de contrôle, et de le hisser à des standards plus élevés d’efficacité et de transparence, faisant de cette plate-forme un acquis stratégique national », a ajouté la ministre.