Contre le mariage forcé et pour la liberté d’aimer !
Si la législation ainsi que l’âge des engagés dans le mariage laissent à penser que cet acte relève d’une totale liberté, il n’en demeure pas moins qu’une autre réalité moins souriante demeure : le mariage forcé. La femme-victime n’échappe pas à ce phénomène. Interdit par la loi, le mariage ne peut être conclu qu’avec le libre et plein consentement des futurs époux. Le consentement est donc le facteur principal qui détermine le caractère libre ou forcé d’un mariage.
Le mariage forcé est considéré comme un acte de violence organisée et préméditée. Toutefois, au-delà d’une volonté politique d’un Etat, les traditions et les diverses interprétations possibles du prescrit légal ou du Coran ainsi qu’une progression de l’intégrisme religieux peuvent maintenir diverses discriminations, dont l’absence d’un réel consentement, envers les femmes.
Filles impubères ou femmes nubiles, elles sont toutes menacées, voire sclérosées potentiellement par un mariage forcé. Objectivement, toutes se résignent à accepter lesdites unions de la honte allant d’un non-consentement au « viol conjugal » pour aboutir sur des grossesses forcées. En effet, ces victimes sont contraintes à des rapports sexuels et des grossesses non désirées, des violences conjugales, des pertes d’autonomie et de liberté. Toutes ces offenses les conduisent à des dépressions nerveuses dont des pleurs inexpliqués et d’un sentiment de désespoir. Ces atteintes à l’intégrité et à la liberté engendrent le chantage affectif, parfois la séquestration, la déscolarisation. D’où la haine de soi.
Du mariage au mariage forcé
Par définition, le mariage est une union entre deux personnes par un consentement mutuel. Les modalités du mariage (relations matrimoniales) varient considérablement selon les sociétés et les époques. Dans toutes les sociétés, les mariages peuvent se présenter comme une négociation, un arrangement entre deux personnes ou entre deux familles. Lorsque les futurs époux sont consentants, il s’agit dans ce cas de mariages arrangés.
Qu’en est-il du mariage forcé ?
Le mariage forcé consiste en une union « contrainte » d’une femme avec un homme. Pour « forcer » leur consentement, la famille déploie toutes formes de chantages telles que la violence physique, psychologique (enlèvement, confiscation des papiers d’identité…) par les parents ou par les membres de la même famille, sœurs ou frères par leur tempérament versatile et brutal. Ces victimes sont livrées à ces hommes, violées, humiliées, instrumentalisées, victimes bâillonnées par la loi du silence. Comme en témoigne Leïla : “J’avais dit à mon père, les larmes aux yeux : fais ce qui te semble bon pour moi.” En espérant qu’il allait réfléchir… Mais il m’avait prise par l’épaule fermement : c’est lui, et pas un autre. »
Leïla comme toutes ses semblables ont toutes été mises devant le fait accompli et ont été dans l’obligation de se marier avec un homme que la famille avait choisi pour elles. En apprenant par ses parents qu’elle allait se marier en voyant des personnes étrangères à la famille présents à la maison, Leïla, visage pâle, a dû en voir de toutes les couleurs. Sa maman et ses sœurs, les yeux hagards, venues pour la faire sortir de son reclus en lui demandant de ne pas désobéir et d’accepter le mariage, Leïla, en refusant catégoriquement à cette assignation, se débattait pour éviter une telle mascarade, ce comportement inhumain, hypocrite dénué de raison.
Pour la plupart des jeunes filles, l’annonce du mariage a été effectuée par la mère.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer les mariages forcés
Le premier argument se rapporte aux traditions. Si la plupart des parents concernés viennent de pays musulmans, cette pratique n’est pas liée d’une manière intrinsèque à l’Islam mais à des coutumes traditionnelles que les familles font perdurer. Les mariages forcés reposeraient donc principalement sur les traditions bien qu’appuyés tacitement et simulés par des tendances pieuses.
De ce fait, la reproduction du système perdure. Ainsi les personnes ayant toujours vécu sur ce modèle traditionnel reproduiraient les mêmes comportements, les mêmes habitus, appelé conviction. D’où la perpétuation des traditions par le biais de la reproduction soutenue par la patriarchie. Tel modèle familial prédominant est avant tout patriarcal. Ce système social a pour responsable le père, en qualité de chef de famille. Ce qui exprime la loi sociale coïncidant avec la loi religieuse et divine.
Chaque pays a son code de la famille qui pose les droits et devoirs de tout individu. Dans les sociétés patriarcales fortement hiérarchisées, la famille élargie reste encore très prégnante (parents, enfants, enfants mariés, belle-fille, etc.), alors que la plupart des sociétés évoluent vers la famille nucléaire, autrement dit « restreinte ».
Quant aux mères, leur rôle au sein de la société patriarcale est borné. Elles sont tenues à l’éducation des enfants. Cette réduction du rôle de la femme, lié par nature à une fonction reproductrice, est le résultat d’une construction culturelle et sociale masculine de la femme. Le fait d’être née « femme » joue en leur défaveur. Souffrance comme devise, elle est née femelle, et demeurera femelle.
La plupart du temps, les mères ont peu de liberté extérieure et sont confinées à l’intérieur de leur maison où elles sont cantonnées aux tâches domestiques. Leur rôle social est bien défini et limité.
Rappelons que le mariage est endogamique, et il une étape importante pour les parents, surtout quand il s’agit de celui de la fille. En effet, la naissance est l’occasion pour la mère de prouver sa fécondité et transmettre ses qualités, pour le père sa virilité physique.
Toutes les victimes subissent des violences physiques, psychologiques au quotidien. Le seul moyen d’y mettre un terme est d’accepter l’union proposée. En effet, les contraintes qu’elles encaissent sont si fortes, qu’elles aspirent à la seule issue qui leur est présentée, le mariage. Il constitue à coup sûr un mieux-être par rapport à la vie de la femme sous le toit paternel.
C’est donc autour de ces exécutions que le mariage forcé trouve son fondement autour duquel les pratiques coutumières échappent à toutes les cohérences : il est bel et bien un monde où la femme est un objet d’échanges permanents entre les hommes « libidineux ». Le respect de leur corps est à géométrie variable.
Conclusion
Femme, le mariage est un choix, et il n’est pas obligatoire, et personne n’a le droit d’aller contre ta décision. Il est un acte heureux et important dans la vie d’un couple. C’est un acte civil, célébré à la mairie, fondé sur le consentement mutuel entre une femme et un homme.
Femmes, un mariage forcé est un mariage, civil, religieux ou traditionnel, avec une personne que vous n’avez pas choisie et qui vous est imposée sans tenir compte de votre consentement.
Le consentement, c’est avoir envie de se marier, être d’accord pour se marier. Personne n’a le droit de décider à votre place, de vous imposer quelqu’un que vous n’avez pas choisi : ni votre père, ni votre mère, ni vos grands-parents, ni votre sœur, ni votre frère, ni aucun autre membre de votre famille.
Femme, dire non à un mariage imposé ne signifie pas que tu n’aimes pas tes parents, sœurs ou frères, ou que tu ne les respectes pas. Cela signifie simplement que tu n’es pas d’accord avec un projet qui te concerne, toi, et uniquement toi. Certes, oser dire « non » à ses parents peut être difficile mais il s’agit là de ta vie.