Constitution : les partisans du «oui» passent à la vitesse supérieure
A quelques jours du scrutin, les partis ayant endossé le projet de la révision de la Constitution passent à la vitesse supérieure en vue de brasser le maximum d’adhésion à la démarche du locataire d’El-Mouradia .
C’est le cas du Front de libération nationale (le FLN) d’Abou Fadhl Baadji, qui continue de sillonner l’Ouest du pays en mobilisant sa base militante chargée de mobiliser les citoyens dans les meetings populaires tenus dans cette région.
Le secrétaire général du vieux parti a appelé hier l’assistance, lors d’une halte marquée à El Beyadh, « à être nombreuse le jour « J » estimant que le passage du nouveau projet signifie l’amorce du changement ». En vue de redorer le blason de sa formation politique,en perte de vitesse sur la scène nationale et boudée par la majorité des Algériens, Baadji évoque la rupture avec les anciennes pratiques pour en faire un crédo électoraliste. Certes, l’instabilité de la situation au sein de l’ancien parti unique et les scandales de corruption qui ont rattrapé ses cadres contrarient l’ambition du nouveau parton pour faire peau neuve. Cette réalité ne semble pas pour autant le décourager pour faire aboutir le vœu la nouvelle constitution et en même temps restituer, selon lui, le parti à ses enfants « légitimes ». Selon les observateurs, le rendez-vous du 1e novembre constitue « une occasion en or » pour le FLN pour se repositionner et envisager à terme un retour en force lors des prochaines échéances électorales qu’on annonce après le referendum constitutionnel.
De son côté, le Rassemblement national démocratique (Le RND) n’hésite pas à l’est du pays de braver les mesures sanitaires pour masser ses troupes dans les salles, dans l’espoir de donner l’image d’un parti qui garde intactes sa base militante et en même temps exhiber son poids électoral lors du referendum. Des scènes, largement relayées sur les réseaux sociaux, montrent des salles archicombles lors les meetings du parti de Tayeb Zitouni à Constantine et Guelma au grand dam des mesures sanitaires. Alors que la recrudescence des cas Covid-19 inquiète encore les autorités sanitaires, ces images controversées ont provoqué l’indignation de l’opinion publique, mais ne semble guère perturber le RND.
Adoptant le même modus operandi que le FLN, son alter ego le RND table sur cette campagne référendaire pour se redéployer à l’échelle nationale en prévision des prochaines élections législatives et locales. Partant de cette posture, le nouveau SG du parti à reconquérir du terrain perdu suite à la suite de l’incarcération de son ex-secrétaire général.
L’autre parti qui se positionne en faveur l’amendement constitutionnel, le Mouvement El Bina d’Abderkader Bengrina mobilise ses structures partisanes à travers les différentes wilayas pour brasser le maximum des voix à sa vision. Exclu par les critères posés par l’Autorité des élections, l’ANIE, permettant la participation à « ce ballet », le parti « islamiste » décide « de battre campagne à sa manière ». Selon le vice-président du Mouvement El Bina, Ahmed Dane, « la nouvelle Constitution engagera l’Algérie dans une nouvelle ère de réformes qui doit se poursuivre».
Par ailleurs, le programme de la campagne référendaire en œuvre est meublé par les activités d’autres petits partis acquis à la démarche du chef de l’Etat. C’est le cas d’El Islah de Fillali Ghouini et du Parti de la liberté et la justice (PLJ) dont la direction temporaire est confiée à Djamel Benziadi. Depuis Mostaganem Fillali Ghouini a appelé à voter « oui » pour la nouvelle Constitution qui, de son avis, « préservera la mémoire nationale ». Quant au PLJ, le point clé de son argumentaire est « l’importance qu’accordera ce texte à la jeunesse ».
Sous la même chapelle, El Fadjr El Djadid, de Tahar Benbaibeche qui est « l’allié stratégique » d’Abdelkader Bengrina dans la coalition dite « l’initiative des forces nationales de la réforme » a mobilisé ce qu’il possède comme troupes pour faire aboutir la nouvelle constitution. Une action lancée en aout dernier et dont la plateforme et les propositions en rapport avec l’amendement constitutionnel ont été remises au président de la République Tebboune. Ayant fait leur choix, ses initiateurs visaient, selon toute vraisemblance, à donner, en ce moment, de la consistance à leur démarche en tentant d’augmenter leur visibilité à un moment marqué par une léthargie de la vie politique.
Allez à la page entière pour voir et envoyer le formulaire.