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Nationale

Constitution: Le MSP veut faire barrage au courant laïc

Constitution: Le MSP veut faire barrage au courant laïc
Le MSP vire Djaaboub du parti

Le parti  Mouvement de la société pour la paix (MSP)  veut à travers le vote par «Non » au  prochain référendum sur le projet de la révision de la Constitution, « faire barrage » à ce qu’il a qualifié de « courant laïc très influent au sein du pouvoir ».  C’est  ce qu’a  affirmé hier le président du Mouvement, Abderrazak Makri, estimant que le boycott du  rendez-vous du 1e novembre  «rendra service au pouvoir».

«  Il y a un  courant  dans le pays qui  affiche  et appelle au boycott , mais  toutes ses idées  et son orientation   idéologique  existent bel et bien  dans  la nouvelle  Constitution.  Ces parties   aspirent à une  adoption en force de ce texte », a déclaré Makri lors d’une  conférence de presse tenue au siège du parti.

Le président de MSP  estime que le projet de la révision  constitutionnelle  « ne tient pas compte de la volonté populaire » et qu’il a été voté au Parlement par des entités politiques, ayant soutenu auparavant le régime de Bouteflika y compris la Constitution de 2016.

« Nous  voulons dire au peuple, à travers   notre  position, d’assumer sa responsabilité car,  celui qui influe sur  le contenu  de la Constitution  sont des groupes de pression, protégés  et soutenus financièrement et médiatiquement. Il n’y a pas  la volonté  du peuple  dans la Constitution, nous allons voter « non » pour nous opposer à courant laïc  dominant. », a-t-il dit .

Axant l’ensemble des motifs  explicatifs  de sa position  sur la  question identitaire, le chef du parti « islamiste »  voit que tout le problème du nouveau texte réside dans « la menace imminente » visant l’identité  nationale !

Le président  du MSP juge  que la nouvelle  Constitution est  à mille lieues du consensus national, au vu de la composante du Comité d’Ahmed Laraba,  chargé  de la révision  constitutionnelle.

« Il y a un seul courant idéologique dans le Comité des experts chargé de l’élaboration de la nouvelle  Constitution, et les propositions des différentes obédiences politiques n’ont pas été prises en considération », dira-t-il.

Selon le MSP, l’amendement constitutionnel opéré constitue, une fois de plus, « une occasion ratée pour aboutir à une Constitution faisant consensus national », ajoutant qu’il ne répond pas aux revendications du mouvement populaire, afin de concrétiser le changement radical.

Aussi, parmi les « brèches » relevées par le président du MSP, « la concentration des pouvoirs dans la main du président  qui détient  tous les instruments lui permettant de s’emparer des pouvoirs ». Dans la foulée, Il a qualifié « d’aberration » l’article 67  de la Constitution, qui, à lui seule, annule la validité de ce texte. Car il y voit une « pure et dure  discrimination » qui limite l’accès à certains postes de responsabilité, à une catégorie précise de citoyens.

S’exprimant sur la constitutionnalisation du rôle de la  société  civile, Makri considère  qu’une  telle démarche pourrait « détourner » les dynamiques  de la société  civile de leur mission initiale  au sein de la société, en créant une rivalité avec les partis  politiques pour l’accès au pouvoir. Pour lui, il ne s’agit  finalement que de « reproduire  une expérience  échouée ».

«  Remplacer les partis politiques par la société civile  ne changera rien et il faut se rappeler  que le RND a été constitué, lors de sa création, par des associations et  les mêmes causes produisent les  mêmes effets», argue le conférencier.

Par ailleurs, le patron du MSP relève  que « sa formation a dû  faire face, durant dix ans et sans répit, aux partis majoritaires  au sein du Parlement, regroupés dans des coalitions, et qui ont conduit le pays à la déchéance », ajoutant que ses militants  étaient parmi les premiers à être sortis dans le Hirak populaire.  Les partis politiques, poursuit-il, avaient  joué « un grand rôle » dans la cristallisation de la prise de conscience chez le peuple, à travers leurs positions concernant les diverses questions nationales, tel le 4ème  mandat  de Bouteflika et le gaz de schiste.

Évoquant ce qu’il a qualifié de  «restrictions et répression des libertés subies par des partis politiques », Makri estime qu’il existe une domination inédite, jamais vécue auparavant. Il a fait savoir que les services de wilaya qui ont reçu la demande pour une autorisation, en vue de tenir un Majlis Choura du Mouvement, dix jours avant la date prévue, l’ont sciemment rejeté la dernière minute.

Le patron du parti « islamiste » s’est étalé  également sur ce qu’il a qualifié « d’injustices » subies   par sa formation politique  qui devait, à ses yeux,   « tenir les commandes du pays » depuis 1997. Il a révélé dans ce contexte que l’ancien chef de  gouvernement, Abdelmalek  Sellal avait  reconnu une fraude électorale  lors des législatives de 1997, qui aurait été  orchestrée par le RND, le favorisant au détriment du MSP de Mahfoud Nahnah.

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