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Nationale

Constantine : Le secteur de la justice en ébullition

Constantine : Le secteur de la justice en ébullition

La totalité des structures judicaires de Constantine ont affiché ce dimanche un état de léthargie quasi totale. L’appel au boycott à partir de ce dimanche de l’activité judiciaire lancé par le Syndicat national des magistrats (SNM) a été suivi par la totalité des magistrats de la capitale de l’Est. La cour, les tribunaux et toutes les représentations judicaires de Constantine ont été paralysés et aucune affaire ou audience n’a été tenue durant toute la journée, avons-nous constaté sur place. La colère des contestataires était en outre perceptible et d’aucuns en voulaient au chef du département de la Justice, accusé d’avoir agi de « manière irresponsable ». Les magistrats de Constantine alignent ainsi leurs revendications sur celles de leurs confrères et consœurs des autres wilayas du pays, à en croire les échos parvenus des autres régions.

« Belkacem Zeghmati semble avoir oublié d’où il vient », lance un magistrat rencontré devant la cour de Constantine. « Comment ose-t-il prendre des décisions pareilles (les dernières mutations effectuée dans le corps des magistrats, ndlr) en s’adjugeant les prérogatives du Conseil supérieur de la magistrature dont le rôle se limite désormais à une boîte aux lettres », dit-il avant de poursuivre : « C’est une tentative flagrante de détourner la volonté populaire ».

Le ministre est en effet accusé d’avoir sciemment visé, par son mouvement opéré il y a quelques jours dans le corps des magistrats, ceux parmi les juges et autres procureurs syndicalisés, dans le but de les déstabiliser en les éloignant de leur domicile, a-t-on compris des magistrats ayant observé un sit-in devant la cour de Constantine.

« Le prétexte lié à la corruption avancé par le ministre est sans fondement », lance l’un d’eux, dans la mesure où, explique-t-il, « au lieu de muter un magistrat corrompu, la logique voudrait qu’il soit plutôt poursuivi en justice ou carrément éradiqué du corps de la magistrature ».

Permutation anarchique et même punitive pour certains magistrats dans le but de les pousser à « rentrer dans le rang ». La plupart de ces derniers ont affiché depuis le début de la révolte populaire le 22 février leur espoir que la liberté de la justice reprenne ses droits, avec une véritable indépendance par rapport au pouvoir exécutif. Seulement, avec ce mouvement » l’on voit bien que c’est le pouvoir exécutif qui décide », lance-t-on en substance.

L’ordre de Constantine gèle ses activités au sein de l‘Union nationale des avocats algériens

D’autre part, une sortie inattendue du bâtonnat de Constantine vient de jeter le discrédit sur l’Union nationale des organisations des avocats algériens.

La représentation des avocats du Constantinois, qui englobe quatre cours : Jijel, Mila, Skikda et Constantine annonce le gel de ses activités au sein de l’Union nationale, est-il écrit dans un communiqué publié hier par la représentation des avocats. Ils annoncent aussi leur refus d’ouvrir la session des stages au niveau de l’ordre de la région de Constantine.

La décision a été prise à la suite d’une réunion tenue avant-hier samedi par les membres du Conseil de l’ordre. Les représentants des barreaux des quatre cours chapeautées par l’ordre constantinois en veulent à leurs confrères de l’Union nationale d’avoir enfreint le règlement de l’organisation en privilégiant leurs intérêts personnels. Il leur est également reproché d’avoir violé les décisions des assemblées générales tenues auparavant et d’avoir sciemment abandonné leurs véritables missions, tout en faisant fi des avis de leurs confrères et consœurs.

La missive signée par le bâtonnier de Constantine, Mustapha Anouar, exige « la tenue dans les plus brefs délais d’une assemblée générale extraordinaire de l’Union nationale afin d’étaler les véritables préoccupations professionnelles, partant trouver les solutions adéquates pour les résoudre ».

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