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Nationale

Consommation de lait cru : Quels risques ?

Consommation de lait cru : Quels risques ?

La consommation du produit dit « bio » est à la mode en Algérie mais aussi un peu partout dans le monde. Pourtant, consommer le lait non pasteurisé n’est pas toujours sans danger.

Le Dr Nourredine Yata, inspecteur vétérinaire de la wilaya de Tizi Ouzou, a déclaré au Jeune Indépendant que la consommation de lait cru présente beaucoup plus d’inconvénients que d’avantages. « Il est nécessaire que le lait soit d’abord pasteurisé avant d’être consommé », a-t-il assuré. 

Yata a expliqué que la brucellose humaine est à 80 % causée par la consommation de lait cru. En revanche, le Dr Nourredine Yata a été catégorique quant à la consommation, sans aucun danger pour la santé, du lait en sachet et autres produits dérivés du lait commercialisés en sachet car ils sont soumis avant leur commercialisation à l’opération de pasteurisation. « Il est aussi déconseillé la consommation de dérivés du lait n’ayant pas été pasteurisé », a poursuivi l’inspecteur vétérinaire de la wilaya de Tizi Ouzou.

Qu’en est-il en réalité sur le terrain ? Au grand regret des services vétérinaires et des pouvoirs publics en général, beaucoup de crèmeries commercialisent le lait et ses produits dérivés sans qu’ils aient été soumis au préalable à une opération de pasteurisation. Ce phénomène est aussi existant chez certains éleveurs. Ils commercialisent leur lait et leurs produits dérivés directement au niveau de leurs fermes. Si certains le font en toute innocence, d’autres pas. C’est le cas aussi chez certains collecteurs et fournisseurs des crémiers. 

Des constats l’établissent ; c’est bien le lait rejeté pour non-conformité par les laiteries qui est proposé à la vente aux crémiers. La question qui reste posée est de savoir si les crémiers commercialisant le lait et ses produits dérivés non pasteurisés sont au courant ou pas. C’est pourquoi le Dr Nourredine Yata est fermement opposé à la commercialisation du lait et ses produits dérivés au niveau des crèmeries si celles-ci ne sont pas pourvues d’appareils pasteurisateurs. 

« Il faut veiller aussi, a encore relevé le Dr Yata, sur les capacités scientifiques et techniques du crémier quant à l’utilisation du pasteurisateur, notamment en ce qui concerne le degré de température à respecter dans le traitement du lait, de sorte à ce qu’il soit réellement consommable sans le moindre danger ». 

Les dangers de la brucellose humaine 

Mais quel danger représente la brucellose humaine et comment se manifeste-t-elle chez le sujet humain ? Selon l’inspecteur vétérinaire de la wilaya de Tizi Ouzou, le sujet atteint commence à ressentir une fièvre, des frissons, des douleurs articulaires et autres effets de fébrilité. « La brucellose humaine est dangereuse car elle peut provoquer la stérilité », a souligné le Dr Nourredine Yata.

Quelle est l’initiative arrêtée par les pouvoirs publics dans le cadre de la lutte contre la brucellose et autres maladies animales ? Selon le Dr Yata, il y a eu l’installation du comité de wilaya de Tizi Ouzou de lutte contre les zoonoses. « Et dans ce cadre, nous sommes sur tous les fronts », a indiqué l’inspecteur vétérinaire de la wilaya de Tizi Ouzou. 

Il s’agit de l’opération de vaccination du cheptel de la wilaya. Il est aussi question, bien sûr, de la prise des foyers de la brucellose, lesquels sont au nombre de 34. Il s’agit plus exactement de 23 foyers bovins et 11 foyers caprins.

Par ailleurs, la vaccination du cheptel contre la fièvre aphteuse se poursuit à un rythme régulier, et ce depuis l’année 1999. En 2021, la vaccination du cheptel de la wilaya de Tizi Ouzou a porté sur 70 277 têtes bovines, 43 000 têtes caprines et 110 000 têtes ovines. « La vaccination de notre cheptel se fait d’une façon régulière et continue », a affirmé le Dr Nourredine Yata. 

Revenant à la brûlante question de la brucellose humaine et les moyens adéquats de lutte contre ce fléau, il a estimé que le premier levier à actionner reste incontestablement la sensibilisation. « Il est nécessaire que les citoyens sachent qu’il est fortement déconseillé de consommer du lait et ses dérivés non pasteurisés puisque la brucellose humaine, que ce produit non pasteurisé peut provoquer, peut entraîner la stérilité », a souligné Nourredine Yata, avant de déclarer que la réglementation en matière de commercialisation du lait et ses dérivés doit être scrupuleusement respectée. 

Dans ce sens, il convient de signaler que si la direction du commerce est très à cheval sur ce principe, puisqu’elle veille à ce que les crémeries soient dotées de pasteurisateurs, il reste que la réalité du terrain est souvent tout à fait autre. En somme, la répression de la fraude a ses limites. En effet, si l’action illicite des crémiers peut être combattue et limitée, ce n’est pas le cas des producteurs de lait eux-mêmes. 

Toujours est-il que l’inspection vétérinaire travaille en étroite collaboration avec la direction de la santé et de la population et celle du commerce.

L’autre élément nécessitant des mesures appropriées et surtout continuelles est le contrôle du cheptel en provenance d’autres wilayas du pays ; autrement dit le respect strict de la réglementation des marchés à bestiaux. Le contrôle des marchés à bestiaux relève, en effet, de la compétence des collectivités locales (APC). 

Concernant la consommation de la viande rouge, le Dr Nourredine Yata a déconseillé la viande de bœuf dit « le zébu » quand l’animal est amené vivant du Sud, son milieu naturel, et qu’il est égorgé dans des abattoirs du Nord. « Je tiens à stipuler que sa viande est consommable sans risque quand c’est celle-ci qui est transportée du Sud, où l’animal (le zébu) est immolé dans l’abattoir puis subit le contrôle d’un vétérinaire », a noté le Dr Yata pour éviter que ses propos soient mal interprétés. 

A la question de savoir enfin quel est le meilleur moyen d’augmenter le cheptel national et provoquer la chute du prix des viandes, l’inspecteur vétérinaire de la wilaya de Tizi Ouzou est catégorique : « Il faut encourager les éleveurs et producteurs professionnels d’abord, et veiller ensuite à ne pas consommer la viande des femelles reproductrices ».

Le Dr Nourredine Yata s’est montré très critique à l’endroit des faux éleveurs qui, motivés par le profit de l’argent en peu de temps, n’hésitent pas à vendre leur bétail aux bouchers alors que les aides dont ils ont bénéficié de l’Etat étaient « justifiées » par la production de lait et dérivés ainsi que les viandes fournies par les têtes mâles (bœuf, mouton, bouc, etc.).

 

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