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Nationale

Conférence sur la relance économique: Cap sur l’exportation

Conférence sur la relance économique: Cap sur l’exportation

Le gouvernement table sur l’exportation dans son nouveau plan de la relance économique pour générer des recettes en devises qui allègeraient le trésor public.Augmenter le volume des exportations hors hydrocarbures à 5 milliards de dollars, d’ici la fin de l’année 2021, et mettre en place des couloirs verts, est l’objectif phare à court terme escompté par le cabinet Djerrad.

Cette ambition vise, au demeurant, à réduire de 98 à 80% la dépendance de l’économie nationale à la rente pétrolière dès 2021.
« La dépendance de l’économie nationale de la rente pétrolière tue l’initiative et le génie national. Nous devons apprendre des erreurs du choix fait auparavant en vue de réduire cette dépendance à 80% au lieu de 98 % à l’horizon 2020-2021 », a déclaré ce mardi le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors de l’ouverture des travaux de la Conférence nationale pour la relance économique et sociale organisée au CIC.

Le président estime que cette situation a fait du pays « un détenu entre des mains qui ne sont pas algériennes ».
Il a fait savoir qu’il « y aura des couloirs verts pour exporter certains produits et l’Etat est prêt à faire des concessions sur une grande partie de la devise étrangère au profit des opérateurs économiques, qui vont apporter cette devise hors hydrocarbures. L’on envisage aussi de les aider à étendre davantage leur investissement ».

Il a appelé les investisseurs à s’orienter vers les marchés africains désirant établir des relations économiques avec notre pays. Ce qui nécessite, selon lui, plus de coordination avec les voisins africains, notamment dans les secteurs des services, du transport, des banques avec une amélioration de la prestation.

Evoquant la réforme bancaire, le président a qualifié les banques de « guichets publics ». « Ce n’est pas normal que nos banques n’ont pas d’agences, censées les représenter dans les pays africains. Je ne suis pas contre l’idée que des privés se lancent dans ce domaine. Cela va énormément faciliter les opération des transactions d’exportation vers ces pays », poursuit-il.

De même, le libre investissement dans le secteur du transport aérien et maritime est désormais garanti à tout porteur de projet en la matière.
Le président a rappelé dans ce sillage que la facture des services, à l’image des études des projets et du transport maritime de marchandises, coûte au trésor public 12 milliards de dollars chaque année. 

1 900 milliards de dinars pour l’investissement
Par ailleurs, le président a indiqué que l’Etat a consacré dans le cadre du plan de relance économique au titre de l’année 2020 un total de 1 900 milliards de dinars pour l’investissement et assure la protection aux « vrais investisseurs qui se conforment à la nouvelle vision économique » contre toute pénalisation. « On va dépénaliser certains actes, sauf la corruption ou encore le blanchiment d’argent ». 

Considérant l’industrie de transformation agroalimentaire comme une « priorité », le président s’est attardé sur la question de l’investissement dans ce secteur, à même de protéger le produit agricole local et encourager les agriculteurs. Il s’agit pour lui d’instaurer une synergie entre la production agricole et l’industrie.

Dans ce sens, l’on soulève plusieurs anomalies constatées, telle l’importation des agrumes et des pommes en pleine saison de production locale. « Cela ne peut être que du gaspillage règlementé et un suicide économique », s’est-il étonné, s’attaquant frontalement à ceux qui font de « l’importation un titre de la surfacturation ».

M. Tebboune a rappelé que dans le cadre de la LFC 2020, il a été autorisé d’importer des usines à 20% de sa valeur, afin de pallier le manque d’unités de transformation agroalimentaire.

Dans le cadre du plan de relance économique, le chef d’Etat a appelé les opérateurs économiques à éviter les investissements dits « lourds », car ils sont coûteux et sans grande rentabilité. Ainsi, les créneaux favorisés sont la petite et la moyenne industrie créatrice de richesse, dont la durée de concrétisation est courte et répond à un besoin urgent, précise-t-il. 

Il a en outre insisté sur la sincérité des investisseurs et surtout le taux d’intégration, qui ne doit pas être moins de 40 % pour un début de projet, estimant que les grands investissements dépendant de l’importation sont économiquement « aliénants ». 

La numérisation pour bannir l’opacité
Pour la mise en place d’un climat d’affaire « sain », le chef de l’Etat a ordonné l’accélération de déploiement de la numérisation au sein des administrations, évoquant « une opacité voulue » comme justification au retard accusé en la matière. Cependant, il se veut rassurant à l’adresse des opérateurs économiques, en affirmant que « l’impôt n’est pas un moyen de sanction, mais un moyen d’incitation ».

Impliquer tous les organismes étatiques dans la conception du nouveau modèle économique, cela est la nouvelle stratégie du gouvernement, adoptée dans son plan de la relance économique. « Il faut passer à un autre esprit.

Le CNES, l’Institut de stratégie, ainsi que les agences nationales, devront se réactiver et jouer le rôle qui leur est assigné pour un Etat viable », indique le président. 

Parmi les dysfonctionnements économiques à aplanir, M. Tebboune a relevé la contribution « dérisoire » du secteur privé à la croissance économiques, estimant que 80 % du tissu économique étant privé et fonctionne avec 85% des prêts publics, non sans insister sur l’implication de l’université dans la vie économique.

Aussi, l’accent a été mis sur le rôle de la diplomatie économique, afin de booster l’économie nationale , notamment dans les pays où il y a la possibilité de l’export du produit algérien. Pour ce faire, l’on encourage la création des représentations et antennes des entreprises concernées au niveau des ambassades. Cela est le minimum des conditions requises pour aller réellement à l’exportation, souligne M. Tebboune lors de cette rencontre tenue sur deux jours.

Pour rappel, cette rencontre prévue depuis le mois de juin passé vient sanctionner une série de réunions entre le gouvernement, les walis et les partenaires socioéconomiques, consacrées à l’adoption d’un plan de la relance économique dévoilé devant plus de 300 participants. 
Aziza Mehdid

Tripartite : mesures sanitaires strictes
La tripartite s’est déroulé sous des mesures sanitaires strictes. Les participants à la Tripartite ont été testés tous au PCR contre le COVID-19.
Ils étaient quelques 600 personnes impliquées dans cette rencontre tous secteurs confondes, à subir la veille du rendez-vous ce test y compris les journalistes. Les organisateurs ont mis le paquet pour s’assurer que ce genre de rassemblement ne constitue pas un foyer de contaminations.
Toutes les mesures préventives ont été prises telles que la distanciation physique entre les congressistes ou encore la mise à disposition du gel hydro alcooliques à utiliser avant d’accéder à la grande salle de la conférence nationale tenue au Centre international des conférences (CIC).
Le port du masque a été également respecté comme geste barrière contre le Covid-19. Dans le cas où la personne testée est positive, elle n’est pas autorisée à entrer à l’hémicycle.

Aussi, le nom de toute personne cessée prendre part à la conférence doit figurer dans la liste des invités ou des journalistes autorisés à couvrir l’évènement.

Ceux testés positif ne verront pas leurs noms dans la liste. Des agents étaient chargés à l’entrée de vérifier les noms des personnes testées « négatifs » interdites d’accès au CIC.
A.M.

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