Conditions de travail, indemnités et statuts des médecins : Aït Messaoudène prend note des doléances
Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudène, a assuré aux membres du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) que leurs préoccupations feront l’objet d’une attention particulière et d’un examen approfondi par les services compétents du ministère.
Lors d’une réunion tenue au siège du ministère avec la délégation du SNPSP, conduite par son président Lyès Merabet, M. Aït Messaoudène a réaffirmé sa volonté de maintenir un dialogue franc et permanent avec les représentants des praticiens de la santé publique. Selon un communiqué du ministère, cette rencontre a permis d’aborder en profondeur les principales revendications socioprofessionnelles des praticiens de santé publique, notamment les conditions de travail, les régimes indemnitaires et le statut.
Aït Messaoudène a insisté sur l’importance d’un dialogue constant afin de parvenir à des solutions concrètes et équitables. « Toutes les revendications seront étudiées avec soin et prises en compte après examen par les services compétents », a-t-il assuré, soulignant que l’objectif final est d’améliorer les conditions de travail des professionnels et la qualité des soins offerts aux citoyens.
Le ministre a également insisté sur la nécessité de renforcer les établissements de santé de proximité, et ce en les dotant de tous les équipements et matériels médicaux nécessaires. Il a plaidé pour la réhabilitation du rôle du médecin référent, pierre angulaire de la politique de soins de base, tout en rappelant les importantes potentialités dont dispose le secteur pour améliorer la performance du système de santé.
Il a, par ailleurs, annoncé la mise en place d’équipes d’inspection spécialisées chargées d’effectuer régulièrement des visites sur le terrain afin d’évaluer les conditions de travail et le fonctionnement des structures sanitaires.
A l’issue de la rencontre, le SNPSP a tenu à réitérer plusieurs revendications demeurées sans suite, malgré leur examen lors de précédentes réunions du comité mixte chargé du dialogue social. Ces dossiers en suspens concernent à la fois les aspects statutaires, professionnels et financiers des médecins généralistes et spécialistes exerçant dans les établissements publics de santé.
Le syndicat a d’abord insisté sur la nécessité d’accélérer la révision des statuts particuliers et des régimes indemnitaires propres aux différentes professions médicales. Les amendements proposés par le comité ministériel chargé de ce dossier, et discutés lors de la dernière réunion du 29 mai 2025, n’ont, à ce jour, fait l’objet d’aucune communication officielle, suscitant l’inquiétude des praticiens.
Conversion automatique des postes
Autre point soulevé, la question de la promotion professionnelle. Le SNPSP demande la conversion automatique des postes actuellement pourvus en postes de promotion, afin de remédier à la pénurie persistante observée dans de nombreux établissements de santé. Le syndicat alerte également sur le blocage des nominations aux postes de direction, en raison d’une correspondance de la Direction générale de la fonction publique datée du 5 août 2025, qui conditionne ces désignations à la publication de textes réglementaires conjoints. Cette situation, selon le syndicat, entrave le bon fonctionnement des structures sanitaires.
Le SNPSP a également attiré l’attention du ministre sur la problématique du renouvellement des comités administratifs paritaires, dont les procédures diffèrent d’un établissement à l’autre en raison d’interprétations juridiques contradictoires. Une situation jugée contraire à la loi n° 23-02 du 25 avril 2023 relative à l’exercice des droits syndicaux.
Les praticiens appellent, par ailleurs, à la révision du temps de travail des médecins généralistes et spécialistes de santé publique, et à la création d’une commission technique paritaire chargée d’étudier les propositions syndicales en la matière. Le syndicat souhaite également la revalorisation des indemnités allouées aux médecins mobilisés lors d’événements nationaux tels que les élections ou les examens scolaires, estimant que leur engagement sur le terrain doit être reconnu et compensé à sa juste valeur.
Le SNPSP demande, en outre, la publication rapide des textes d’application de la loi n° 18-11 relative à la santé, promulguée le 2 juillet 2018, dont plusieurs dispositions restent en attente de concrétisation. Il insiste aussi sur le règlement de la prime exceptionnelle COVID-19, toujours impayée pour de nombreux professionnels relevant du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, alors qu’ils ont été mobilisés tout au long de la pandémie.