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Culture

Concert jazz-flamenco : Le Djinn de Jorge Pardo

Concert jazz-flamenco : Le Djinn de Jorge Pardo

Lors de son concert à Ibn Zeydoun à Alger, dans la soirée de ce samedi 16 décembre, le Jorge Pardo Quintet d’Espagne s’est exprimé dans un registre de flamenco par la grandeur de son chant en étant combiné au jazz le plus expressif.

Jorge Pardo et ses musiciens mettent en évidence l’album Djinn, une fusion dans laquelle les parfums de la Méditerranée sont mêlés aux dissonances et aux articulations particulières du rythme et du phrasé.

Le chant et la danse sont associés à une musique à caractère expressif, et le jazz comme registre musical de référence, non sans improvisation autour d’un thème donné.

Soutenu par David Axel Bao Molina à la batterie, Pablo Baez Illesca à la basse, Tony Romero au clavier et Rycardo Moreno à la guitare électro-acoustique, Jorge Pardo, à la flûte et aux saxophones, soprano et ténor, a monté les pièces interprétées sur un fond musical planant, au genre psychédélique, rendu par des boucles séquentielles numérisées aux sonorités planantes, sur lesquelles il a surimprimé en live des thèmes autochtones, relevés par la magnificence de l’arrangement, propre au jazz.

Jorge Pardo Quintet a livré une prestation époustouflante de créativité, alignant des pièces marquées par de longues improvisations qui ont mis en valeur le talent et le professionnalisme des instrumentistes, « ravis de se produire devant le public algérien », a affirmé l’artiste.

Lose for Eltalega, Ricardo y Borrico, Las Buleria de la Perla et Taranta in Blue sont, entre autres, les pièces rendues dans une maîtrise technique et un plaisir des envolées phrastiques.

« Un bon spectacle aux saveurs particulières, qui a mis en valeur une cuisine aux ingrédients de la Méditerranée, avec des épices universelles », a fait remarquer une spectatrice, rapporte l’Agence presse service d’Algérie.

Jorge Pardo a embarqué le public algérois dans une nouvelle forme d’expression du flamenco, basée sur l’interprétation libre, introduite en soutien aux rythmes ternaires de ce genre traditionnel d’Andalousie, dont le chant et la danse sont habituellement accompagnés par des accords renversés, embellis par la note seconde-mineure à la tonique, et le pincement aux sonorités métalliques des cordes d’une guitare qui reprend essentiellement le thème.

Natif de Madrid en 1956, Jorge Pardo s’est imprégné, dès ses premières années d’études au Conservatoire royal de la capitale espagnole, de la musique jazz qu’il a d’abord pratiqué à l’université, puis avec des musiciens professionnels, avant de former avec Pedro Ruy Blas Dolores, son premier groupe, devenu vite célèbre et côtoyer ensuite Paco de Lucia, qu’il accompagnera dans plusieurs de ses tournées internationales.

Au début des années 1980, il développe son propre style de musique, fondé sur la fusion des genres, tout en restant attaché à ses racines.

En 1982, il sort son premier opus qui portera son nom, puis en 1995, avec Carles Benavent et Tino di Geraldo, il enregistre Le Concierto de Sevilla, une fusion flamenco-latino-jazz, couronnée de succès, pour prendre part, en 2004, à Touchstone Tour, une tournée internationale conduite par l’icone mondiale du jazz, le pianiste Chick Coréa.

En solo, Jorge Pardo compte à son actif des albums comme El canto de los Guerreros (1984), 2332 (1997) et Vientos Flamencos (2005).

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