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Op-Ed

Communauté de destin

Maintenant que le terrorisme dit islamiste a fini par exporter la désolation sur des terres laïques et démocratiques, peut-on espérer une riposte sincère et totale contre les activistes et leurs commanditaires ?

Ce serait la seule consolation qu’on pourrait tirer de cette série d’attaques génocidaires qui ont visé la France des Jihadistes, l’Afghanistan des Talibans, l’Irak des mille et un groupes armés ou la Syrie laboratoire de l’Etat islamique qui a conquis le Levant.

Un massacre planétaire se déclinant avant l’apparition de Daech par les intrigues sanglantes de succursales régionales d’Al Qaïda au Maghreb, au Sahel et dans le Machrek ou de Boko Haram dans sa version nigériane dévorant l’Afrique subsaharienne.

Terrorisme invasif, pandémie jusque-là circonscrite aux pays sous-développés connus pour leur instabilité chronique, leur régime politique autoritaire sur le terreau d’une société devenue islamiste par dépit. Aujourd’hui, c’est le Paris du Moulin Rouge et du French Cancan, où l’exhibition de belles gambettes ne titille plus la morale judéo-chrétienne depuis bien longtemps, qui subit les assauts de la bête immonde fasciste et inquisitrice du fondamentalisme.

C’est la France du rayonnement culturel, des libertés individuelles, en duel permanent avec sa politique étrangère parfois désastreuse, qui a été attaquée, poignardée dans le dos par des salauds qui veulent donner une motivation spirituelle à leurs pulsions criminelles.

C’est Paris qu’on aime, joyeuse, tolérante, multiculturelle, talentueuse, festive et généreuse qui saigne comme saignent les victimes de Beyrouth, d’Alep, de Kaboul ou de Benghazi sous les balles assassines de la barbarie.

Alors, au nom du respect du sacrifice des innocents, au nom du respect de ces valeurs universelles magnifiques que la capitale française incarne sur le plan symbolique et malgré les contradictions historiques, l’Algérie ne doit pas hésiter à soutenir le peuple français dans cette épreuve.

Un peuple dont beaucoup d’Algériens partagent le quotidien pour le meilleur et pour le pire, comme ces deux compatriotes recensés parmi les victimes de ce vendredi noir. Plus que jamais, le concept un temps à la mode de « communauté de destin », emprunté à Renan, doit nous unir dans la solidarité. Nous vaincrons avec les Français et tous les peuples épris de justice et de liberté la barbarie d’où qu’elle vienne.

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