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Comment les Algériens se débrouillent face à la crise

Comment les Algériens se débrouillent face à la crise

Pour faire face à la cherté de la vie due à la crise financière que traverse le pays, de nombreux Algériens ont été forcés à demander des acomptes sur leurs salaires tandis que d’autres ont eu recours au prêt sur gages au niveau des agences de la BDL.

Face à la cherté de la vie, les familles se débrouillent en effet comme elles peuvent pour joindre les deux bouts. La hausse sensible des prix des produits alimentaires, ainsi que de ceux des transports et des carburants suite à la chute des prix du pétrole, a énormément affecté les Algériens. Une répercussion attendue. Mais comment les Algériens se débrouillent-ils dans à cette conjoncture difficile ? Certains puisent dans leurs économies faites tout au long de l’année, alors que d’autres demandent des acomptes sur leurs salaires pour tenter d’équilibrer leurs dépenses du mois. Ceux qui n’ont pu faire d’économies cherchent d’autres solutions, dont le prêt sur gages.

Il s’agit de mettre en gage des bijoux en contrepartie d’un prêt. La Banque de développement local (BDL), dont le prêt sur gages est l’un de ses produits, compte un nombre important de personnes venant mettre leurs bijoux en gage. « Depuis quelques années je viens ici pour mettre en gage les bijoux de mon épouse et encaisser une somme d’argent qui me permettra, moi, mon épouse et nos quatre enfants, de faire face aux dépenses de tous les jours et celles occasionnelles. Je rembourse ce prêt avant l’ultimatum fixé par la banque ; ainsi je récupère les bijoux. Mais peu de temps après, je reviens pour mettre en gage ces mêmes bijoux », confie Abdelhamid, père de famille, la cinquantaine, rencontré près de l’agence BDL d’El-Annasser  (ex-Ruisseau). Cette agence est l’une des cinq existantes qui proposent le prêt sur gages. Deux de ces agences se trouvent à Alger (agence d’El-Annasser et agence Harrichet) et les  trois autres à Oran, Constantine et Annaba. Mais quelle somme une agence BDL peut-elle  accorder à son client dans le cadre du prêt  sur gages ? « Le montant du prêt peut atteindre 250 000 DA, le seuil maximum. Il est fixé en fonction du poids de l’or mis en gage, à raison de 1 000 DA le gramme », précise la BDL.

De nombreux ménages connaissent bien la procédure, sollicitant souvent cette banque dans ce cadre. « En période de grandes dépenses, comme au cours du ramadhan ou à la veille de la rentrée scolaire, nous recevons plusieurs dizaines de personnes quotidiennement. Le nombre est parfois plus élevé. Mais depuis que le gouvernement a décidé de changer sa politique concernant les dépenses, notamment avec la rationalisation des dépenses, beaucoup plus de clients nous sollicitent », selon un employé de l’une des agences BDL d’Alger. Les bijoux déposés ont parfois une valeur sentimentale, avouent certains clients de cette banque, dont les bagues de fiançailles, les alliances ou encore les bijoux offerts à l’occasion  d’un mariage. « Il m’est difficile de mettre en gage mon alliance mais je n’ai pas le choix vu la cherté de la vie », précise Kamel, âgé de 45 ans. Le prêt sur gages est proposé par la BDL depuis 1985.  « Héritée de l’ex-Crédit municipal, lors de la première restructuration du secteur bancaire, la formule « Crédit sur gages » est devenue une activité traditionnelle et exclusive de la BDL », selon cette banque. « Le prêt sur gages est un produit qui attire une frange de la population de plus en plus large pour le financement de certains besoins sociaux », ajoute la banque de développement local. Il convient de noter que l’Algérie est membre de la commission permanente de l’Association internationale des sociétés de crédit sur gages, qui a pour mission de défendre l’épargne et le pouvoir d’achat des ménages dans plus de vingt pays.

« Dans le contexte économique actuel, où l’or a été revalorisé par rapport à presque tous les autres actifs financiers ou les devises, la forte pression forçant les ménages à se séparer de leurs objets en or s’est accrue parallèlement à l’augmentation du prix de ce métal », note cette association. Et d’ajouter : « Plus de 90 % des clients, avec très peu de différences d’un pays à l’autre, finissent par récupérer les objets mis en gage et préservent donc leur patrimoine familial ». En Algérie, comme dans les autres pays membres de la commission permanente de l’Association internationale des sociétés de crédit sur gages, le remboursement des prêts dépend des moyens financiers de celui ou celle qui dépose ces biens. « Je n’arrive pas à rembourser à temps le prêt qui m’a été octroyé lorsque j’ai mis en gage les bijoux de mon épouse puisque je suis au chômage et sans aucun revenu financier », dit Azzedine, père de famille, établi à Alger.  « Toutefois, je devrais en quelque sorte m’estimer heureux comparativement à d’autres personnes qui, nécessiteuses comme moi, n’ont pas du tout d’or à mettre en gage », ajoute-t-il.

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