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Nationale

Comment le Maroc, ce cheval de Troie de la France, compte espionner l’Algérie

Comment le Maroc, ce cheval de Troie de la France, compte espionner l’Algérie

Le Maroc ne cache plus ses intentions sur le Sahel, une région à cheval entre cinq pays africains proches des frontières algériennes.

Selon son ministre des AE, le Maroc est disposé à soutenir militairement les pays du Sahel composés du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad, qui ont décidé de créer une force d’interposition de 5 000 soldats du G5. Le fonctionnement de cet effectif nécessite en effet 420 millions d’euros.

Tous les pays membres de la force africaine sont dans l’incapacité d’honorer leurs engagements. La France de Macron, qui ne souhaite pas payer l’addition à elle seule, -elle va mettre 200 millions d’euros- laisse ainsi au Maroc une opportunité pour entrer dans le jeu. L’appui marocain devrait se traduire par la formation des troupes et la sécurisation des frontières.

Cette décision a été annoncée avant-hier à New York par le ministre des Affaires étrangères marocain, Nasser Bourita.
Derrière cette action de main tendue, se cache en réalité une ambition longtemps contenue, celle de disputer à l’Algérie son rôle de leadership dans le continent.

La proposition du Maroc de former les unités de la force G5 au Sahel cache mal en effet son désir de jouer les trouble-fête ainsi que son ambition d’être un acteur majeur dans la stabilisation du Sahel, étant exclu du fait de sa position géographique qui ne le prédestine pas à jouer un rôle quelconque dans cette partie de l’Afrique.

Dans cette région soumise au terrorisme, cinq pays (Tchad, Niger, Mauritanie, Mali et Burkina-Faso) ont décidé d’unir leurs forces afin de créer une force multilatérale appelée le G5 avec l’aide technique et financière de la France, pour faire face aux agissements des groupes terroristes qui pullulent.

La France, qui parraine le G5, ne voit pas d’objection à attribuer un rôle à Rabat dans la lutte contre les groupes terroristes fortement implantés dans la région. Au terme d’une réunion avec le roi Mohamed VI à Casablanca en juin dernier, le président Emmanuel Macron s’était félicité, lors d’un point de presse, de « la volonté du Maroc de coopérer avec la France dans la stratégie qui est la sienne de stabilisation régionale.

« J’ai vu un partenaire [Mohammed VI] concerné et qui a la volonté de participer à nos effort de stabilisation du Sahel », dit-il. Cette déclaration du président français est passée inaperçue à l’époque mais aujourd’hui, elle prend tout son sens. La France veut faire jouer au Maroc un rôle de subordonné, de celui qui exécute sans rechigner tous ses désidérata.

Le pays voisin accepte toutes les tâches ingrates pourvu qu’il soit là, surtout en l’absence de l’Algérie, pour ensuite pérorer dans les forums, dans la presse et sur les plateaux de télévision son attachement à l’unité et au renforcement du continent africain, un slogan cher à sa diplomatie de façade. Le coup de pouce de la France, un pays à l’esprit colonial par excellence, n’est pas fortuit.

Il veut ainsi neutraliser l’influence de l’Algérie sur cette partie de l’Afrique et chemin faisant, infiltrer son pion marocain à travers des unités de son armée pour surveiller de près les mouvements de troupes algériennes déployées sur ses frontières limitrophes avec le Niger, le Mali et la Mauritanie. Le jeu trouble que pratique la France depuis peu dans cette région est aujourd’hui étalé au grand jour.

Non contente d’avoir pénétré le nord malien où ses troupes militaires sont cantonnées à Gao, Tombouctou et Menaka et pour longtemps encore, la France veut reconquérir cette région qu’elle a perdue ces vingt dernières années.

Et qui mieux que le Maroc peut jouer ce sale jeu ? Une réunion a eu lieu il y a quelques jours au siège de l’ONU qui a regroupé autour de son SG, Antonio Guterres, le chef de l’Etat français , le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, Federica Mogherini, chef de la diplomatie de l’Union européenne, un représentant de l’administration Trump et quelques présidents des pays du G5 pour discuter de l’opérationnalité de cette force du G5.

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