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Nationale

Comment Haddad a financé son entrée dans Fertial

Comment Haddad a financé son entrée dans Fertial

Ali Haddad, actuellement en détention provisoire, a bénéficié d’un prêt de la banque française BNP Paribas pour entrer dans le capital social de la société mixte algéro-espagnole Fertial. 

Ce prêt, non remboursé, fait l’objet d’une plainte de la banque française, qui a convaincu la justice algérienne d’éplucher les comptes de Fertilal et bloquer ses comptes bancaires.
Jusqu’à ce que des rumeurs fassent état d’une intervention des pouvoirs publics pour nommer un administrateur devant gérer l’entreprise, au même titre que les groupes des frères Kouninef et Mahiedine Tahkout, également en détention préventive pour des faits liés notamment à des malversations économiques et à la corruption.
Ce mardi 27 août la direction générale de l’entreprise Fertial a démenti la désignation d’un administrateur par l’Etat pour prendre en charge la gestion de l’entreprise, selon une source de celle-ci jointe hier : « Pour l’instant, on ne nous a notifié aucune décision. Nous n’avons rien reçu d’officiel. Tout ce qui a été propagé ici et là n’est que pure invention », a indiqué cette source qui s’étonne des nouvelles infondées publiées par un site d’information. Cette source nous renvoie au dernier communiqué publié le 25 août par la société Fertial par lequel elle annonce qu’une décision de justice en date du 20 juin dernier, prise par le tribunal de à Sidi M’hamed à Alger « a provoqué le gel de la quasi-totalité des comptes bancaires et des moyens de financement de Fertial. Cette décision a été prise dans le cadre des enquêtes en cours concernant l’actionnaire Ali Haddad et ETRHB, Fertial n’étant nullement concernée par ces affaires en justice.
Depuis cette date, nous avons chargé nos avocats-conseils de présenter tous les recours nécessaires devant le tribunal pour la levée de la mesure du gel des comptes bancaires tout en insistant sur la totale séparation des activités du groupe ETRHB Haddad de celles de la société Fertial. Nous avons bon espoir d’y parvenir, mais les délais judiciaires ne sont pas maîtrisables et bien souvent assez longs », ajoute le communiqué. Selon le document, Fertial a « essayé, avec d’extrêmes difficultés et sous le contrôle très exhaustif de la BEA, de maintenir le paiement des salaires du personnel et de quelques fournisseurs et prestataires prioritaires pour le maintien de son activité.
Malheureusement, la BEA vient de recevoir des compléments et des clarifications portant l’application de la décision de justice du 20 Juin 2019 », indique encore le communiqué. Fertial explique cet état de fait par la pression d’institutions sécuritaires « récemment sensibilisées au contexte interne de Fertial », ce qui amené la banque à « geler, avec effet immédiat, nos derniers comptes opérationnels, ce qui nous empêche de réaliser la moindre opération de paiement, dont les salaires au titre du mois d’août que nous nous apprêtions à mettre en paiement ». Si les salaires des mois de juin et juillet ont été honorés, celui du mois d’août est loin d’être acquis, selon le communiqué qui met en avant la « tournure » prise par les événements : « Cette situation, dommageable pour l’ensemble des travailleurs de la société surtout à la veille de la rentrée scolaire, doit être corrigée par la Justice en reconnaissant que Fertial doit être dissociée de la situation de Ali Haddad et de ses sociétés. Fertial ne peut être considérée comme faisant partie de son groupe d’entreprises. En effet, il ne détient qu’une faible participation dans le capital social de notre société, ce qui ne lui permet pas d’en assurer le contrôle. Aucun autre moyen ne saurait être envisagé. Nous créerons de sérieux doutes dans l’esprit des uns et des autres ralentissant la levée de la mesure de blocage des comptes : les conséquences seraient irrémédiables tant pour la société que pour l’ensemble de ses travailleurs. Nous sommes fermement déterminés à faire face aux défis opérationnels et judiciaires actuels.
D’ailleurs précise la communiqué, l’entreprise a chargé ses deux avocats d’engager une procédure en direction des responsables de la justice pour les convaincre de lever la mesure du gel des comptes de l’entreprise pour lui permettre de verser les salaires des travailleurs, qui n’ont pas touché la paie du mois d’août. »
Par ailleurs, la direction de Fertial a indiqué que Haddad est entré dans le capital de la société mixte Fertial à hauteur de 17% grâce à un prêt de 3,9 milliards de DA (30 millions d’euros) octroyé par la banque française BNP Paribas en 2016 pour devenir actionnaire minoritaire de cette entreprise.
Haddad a pris ce crédit pour l’acquisition des 17% de parts sociales dans la société Fertial. BNP Paribas a décidé finalement de porter plainte auprès de la justice pour faire saisir les actions de Haddad dans Fertial. D’où le gel de tous les comptes bancaires de cette entreprise. Le groupe Mir détenait dans Fertial 66% des actions, contre 34% appartenant à Asmidal, une filiale de Sonatrach. Cette transaction a eu lieu en novembre 2016 au moment où Fertial, spécialisée dans la production des fertilisants déclarait, pour la seconde année consécutive, un résultat net très inquiétant.
En 2016, le déficit de Fertial s’élevait à 985 millions de DA, alors que l’exercice précédent a été marqué par une perte sèche de 2,59 milliards de DA. Mais en 2018, Fertial a réussi à réaliser un bénéfice.

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