1er Novembre 1954 : Quand la Révolution résonne aux quatre coins de l’Algérie – Le Jeune Indépendant
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Nationale

1er Novembre 1954 : Quand la Révolution résonne aux quatre coins de l’Algérie

1er Novembre 1954 : Quand la Révolution résonne aux quatre coins de l’Algérie

Comme chaque année, les Algériens commémorent le 1er Novembre 1954. Une date ancrée dans les mémoires, qui rappelle le déclenchement de la lutte contre le colonisateur français qui l’avait asservi 132 ans durant. Ce soulèvement s’est soldé sept ans après par la libération d’un peuple déterminé à arracher son indépendance.

La lutte armée pour la libération de l’Algérie a duré plus de 7 ans et a fait un million et demi de martyrs. Une guerre largement soutenue par des hommes et des femmes dont un grand nombre sont tombés au champ d’honneur.

Constatant que la lutte pacifique était vaine et qu’il fallait passer à l’action, le Front de libération nationale (FLN) a lancé un appel au peuple algérien pour libérer le pays et restaurer « l’Etat algérien souverain, démocratique et social dans le cadre des principes islamiques » ainsi que « le respect de toutes les libertés fondamentales, sans distinction de race et de confession ».

Dans la nuit du 31 octobre au 1er Novembre 1954, le FLN a manifesté son existence en mettant à exécution des opérations révolutionnaires à travers le territoire national, et ce avec peu de moyens. En un laps de temps, le mot d’ordre des « Six », qui s’étaient réunis une semaine plus tôt à La Pointe Pescade, avait été largement suivi.

Le gouvernement français parlait alors d’« attentats d’inégale gravité, commis par des petits groupes isolés». Il les appelait les « rebelles », les « terroristes » ou les « hors-la-loi ».

La presse française s’était alignée sur la vision de Paris, mais personne, au lendemain du déclenchement de ce qui allait être la révolution algérienne, ne savait exactement qui était derrière ces inattendues attaques. L’Algérie subissait l’injustice et l’inégalité des plus abjectes et les conditions de vie des « indigènes » étaient des plus précaires.

Le déclenchement de la lutte armée pour la libération de l’Algérie n’était en fait que l’aboutissement d’un long et dur combat mené par le peuple algérien avec des programmes hardis et héroïques, et ce dès le premier jour de l’arrivée des troupes d’occupation le 17 juin 1830 à Sidi Fredj.

Depuis, plusieurs mouvements avaient été créés par des activistes dès le début du XXe siècle. Bien avant la création de l’Etoile nord-africaine, le 2 mars 1926 à Paris, par des communistes algériens membres du PCF, tels Abdelkader Hadj Ali et Messali Hadj, l’Emir Khaled, arrière-petit-fils de l’Emir Abdelkader créa un « mouvement nationaliste algérien » en 1920 en Algérie.

Précurseur de l’« éveil révolutionnaire » chez les intellectuels algériens, l’Emir Khaled était perçu comme un personnage fascinant et intrigant à la fois. C’est lui qui avait réussi, près d’un siècle plus tôt, à imposer le concept de « Nation algérienne ».

Les conditions de vie des Algériens étaient des plus précaires : pauvreté, famine, isolement et ségrégation, notamment concernant l’école qui était réservée d’abord aux Français et aux fils des bachaghas et des caïds. Rappelons le « Code de l’indigénat » qui fut adopté en 1881, réduisant les autochtones « à l’état d’esclaves ».

Ce code assujettissait les Algériens aux travaux forcés, à l’interdiction de circuler la nuit, aux réquisitions, aux impôts (taxes) et à un ensemble d’autres mesures tout aussi dégradantes.

Il y eut ensuite la création du PPA (Parti du peuple algérien), œuvre de Messali Hadj, du MTLD (Manifeste pour le triomphe des libertés démocratiques), qui avait précédé l’OS (Organisation spéciale, qui avait une vision d’action directe), avant la création du CRUA (Comité révolutionnaire d’unité et d’action) qui allait aboutir au FLN et son bras armé l’ALN (Armée de libération nationale). Cette ALN qui a fait agenouiller la « puissante » France, pourtant aidée par l’OTAN à tuer plus d’un million et demi de personnes.

Deux ans après le déclenchement de la guerre de libération, soit en 1957, les moudjahidine contrôlaient déjà une partie des campagnes. Ainsi, la guerre s’étendit aux villes jusqu’à la « bataille d’Alger ». Les Français ont dû alors recourir à des méthodes de plus en plus rudes : villages incendiés, torture largement pratiquée, déportation des populations, barrages électrifiés, etc., et ce afin d’isoler le commandement général du FLN.

En France, le prolongement de la guerre d’Algérie contribua à la faillite de la IVe République et au retour au pouvoir du général de Gaulle.

Alors que la Révolution algérienne ne désarmait pas et que l’isolement international de la France s’accroissait, De Gaulle dut se prononcer, en septembre 1959, en faveur du référendum des Algériens pour l’autodétermination. Des négociations s’ouvrirent alors avec le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA).

Le 18 mars 1962, un accord de cessez-le-feu fut signé à Évian entre les représentants du FLN et les autorités françaises. En juillet, l’Algérie vota, à une écrasante majorité, pour son indépendance. La guerre de libération nationale fut l’une des plus longues guerres pour l’indépendance et la souveraineté.

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