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Op-Ed

Comme le plan de Constantine

L’ONU vient de répondre fermement au Maroc au sujet de son émissaire spécial chargé de suivre l’épineux dossier de la décolonisation contrariée du peuple sahraoui : « Ross a le droit de se rendre au Sahara occidental » a affirmé un haut responsable onusien.

Le royaume, qui vient de commémorer sans scrupule sa marche verte qui annexa, en 1975, un territoire recouvrant son indépendance suite au départ du colonisateur espagnol, va devoir déchanter face à la fatalité du retour du droit international contre le fait accompli.

Après des décennies de violences subies par des femmes, des enfants et des hommes poussés à la résistance armée ou à l’exil, après moult tergiversations visant à transformer ce litige de nature purement coloniale en un conflit bilatéral avec l’Algérie, le makhzen est rattrapé par ses vieux démons.

Rappelons que c’est toute l’Union africaine qui condamne sans relâche l’occupation des territoires sahraouis, la spoliation de ses richesses, halieutiques notamment, et le piétinement quotidien des droits de l’homme par les services de sécurité du royaume connus pour leurs pratiques d’une cruauté moyenâgeuse. Au point où Rabat s’est retiré de l’organisation panafricaine que feu Hassen II avait qualifiée d’organisation tam-tam dans un accès de rage propre aux tyrans.

Aujourd’hui, le temps du lobbying marocain est dépassé et il faut croire que l’instabilité chronique du Sahel, tourmenté par une montée du radicalisme, a fini par convaincre la communauté internationale d’en finir avec cette injustice qui a duré trop longtemps.

Si le souverain Mohamed VI, qu’on a prétendu plus démocrate et plus humain que son père lorsqu’il a hérité du trône, n’a pas su renoncer à une annexion qui a terni à jamais l’image de son pays, c’est qu’il a cru pouvoir perpétuer le crime colonialiste grâce à la protection française.

Une France membre du Conseil de Sécurité où elle n’hésite pas à abuser de son droit de véto pour écraser le droit d’un peuple à vivre libre sur son territoire.

Cependant, le plan d’autonomie promu par Paris pour étouffer la revendication indépendantiste du Polisario ne vaut guère mieux que le Plan de Constantine annoncé par le Général De Gaulle en 1958 pour calmer le peuple algérien déterminé à récupérer sa souveraineté sur le moindre centimètre carré de sa patrie. Gageons que le référendum sur l’autodétermination, qui finira par s’imposer, le prouvera bientôt.

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