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Nationale

Colloque national sur l’œuvre de Lounès Matoub

Colloque national sur l’œuvre de Lounès Matoub

C’est en présence des autorités, à leur tête Abdelhakim Hakim, et de la communauté scientifique et universitaire qu’a été donné ce mercredi à l’auditorium de l’université Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou, le colloque national de deux jours intitulé « L’œuvre de Lounès Matoub revisitée ».

En marge des travaux scientifiques, le Dr Saïd Chemakh, enseignant au département de tamazight de l’université Mouloud-Mammeri, a, dans un point de presse, souligné que l’œuvre poétique de Lounès-Matoub a déjà fait l’objet de plus d’une dizaine de thèses, et ce non seulement dans le département de tamazight mais aussi dans le département de langue française et celui de psychologie. Le Dr Saïd Chemakh a ajouté que plusieurs approches scientifiques ont été faites dans le cadre de l’étude et examen de l’œuvre du poète disparu. Pour sa part, la sœur de l’artiste disparu, Malika Matoub, a souligné la nécessité d’introduire dans les écoles l’enseignement de l’œuvre artistique de son frère. Interrogée sur le devenir du projet du gouvernement consistant à construire un musée Lounès-Matoub au village Taourirt-Moussa, la conférencière a répondu que jusqu’à ce jour l’enveloppe financière nécessaire à ce projet n’a pas encore été débloquée par l’autorité compétente. « En outre, a poursuivi Malika Matoub, nous n’avons pas encore trouvé l’assiette foncière devant accueillir ce projet ». S’agissant du projet proposé par la Fondation Lounès Matoub consistant, en l’attribution d’une bourse au profit d’étudiants et chercheurs motivés par des travaux et études de recherche sur la vie et l’œuvre artistique du rebelle, la conférencière a déclaré qu’aucune suite n’y a été donné. Autrement dit, les pouvoirs publics n’ont pas encore avalisé ce projet, et l’intention de l’avaliser ou non n’est pas encore connue. Notons également que pour l’ouverture officielle de ce colloque national de deux jours, plusieurs personnalités ont pris la parole pour souligner sa grande dimension scientifique. C’est le cas du wali de Tizi Ouzou, du président de la première institution de la wilaya, Youcef Aouchiche, et naturellement du recteur de l’université Mouloud-Mammeri, le Pr Ahmed Tessa, également président d’honneur de ce colloque.

Les communications présentaient l’œuvre poétique et artistique de Lounès Matoub sous ses multiples aspects. Lors de sa communication ayant pour thème « Slimane Azem –Matoub Lounès : deux hommes, un combat », le Dr Mohamed Rezzik, du département de français de l’université Mouloud-Mammeri, a mis l’accent sur la forte présence de la personnalité de Slimane Azem dans l’œuvre de Matoub Lounès. « Si la gamme de représentation de ce personnage, s’étend de la citation explicite jusqu’à l’évocation par l’une des propriétés morales comme l’exil (yenfa) ou encore le courage (izem), il n’en demeure pas moins que le choix est porteur d’un sens puisqu’il a plusieurs fois été réitéré. En choisissant le camp de Slimane Azem, Matoub Lounès semble avoir compris, dès le début de sa carrière artistique, qu’il était destiné à continuer une action de résistance contre les différentes formes de normalisation et de reniement de la lutte de l’identité berbère », a souligné le Dr Rezzik. Tout en rappelant « le caractère populaire et libre auquel tenait beaucoup Silimane Azem », il s’interroge : « Quelles sont les motivations (de Lounès Matoub) de ce choix ? Quelles sont ses différentes manifestions ? Et quel sera son devenir ? ». « Telles sont les principales interrogations auxquelles nous essayerons de répondre en nous appuyant sur le dispositif de la théorie de la réception littéraire », a conclu le Dr Mohamed Rezzik. Pour sa part, Mme Leila Bouzenada, du département de français de l’université de Blida 2, a indiqué dans sa communication autour du thème « L’œuvre poétique de Lounès Matoub : un livre ouvert sur l’histoire », que « chantre de la musique

berbère engagée, Matoub Lounès continue, après sa disparition, à drainer des foules autour de ses chansons dont l’auditoire, large et diversifié, n’implique pas de classe particulière ». « Jeunes et moins jeunes, instruits ou moins, hommes et femmes, a poursuivi Mme Bouzenada, les amoureux de sa chanson ont la taille de son engagement, de sa verve et de son enthousiasme ». Elle a aussi expliqué que « l’une des raisons de cet attachement à l’œuvre de Lounès est sans doute le fait qu’elle s’oppose au mensonge historique et qu’elle dévoile le tabou idéologique ». Toujours avec un ton incisif, l’enseignante de l’université de Blida 2 a ajouté : « Elle (l’œuvre du rebelle) met ainsi la lumière sur une histoire qui, ayant été longuement instrumentalisée, provoque des doutes presque indéniables sur sa crédibilité. Combien de personnages glorieux ont été spoliés de sa teneur historique ? Combien d’autres ont été glorifiés par un discours politiquement hypocrite et mensonger ? Combien de réalités historiques ont été masquées et tues ? Combien d’autres ont été fabriquées ou exagérées ? ».

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