Hocine Aït Ahmed : Un colloque qui ravive l’héritage de l’homme du peuple
Le Front des forces socialistes (FFS) a donné, ce samedi à l’Ecole supérieure d’hôtellerie et de restauration (ESHRA), le coup d’envoi d’un colloque international consacré à Hocine Aït Ahmed, figure de proue de la lutte pour l’indépendance et de l’édification démocratique.
Des historiens et chercheurs universitaires algériens et étrangers de renom, parmi lesquels Benjamin Stora, se sont réunis à Alger, aux côtés d’acteurs politiques nationaux et internationaux, de militants et de citoyens, pour participer à ce colloque en hommage à Hocine Aït Ahmed. En présidant cet événement, le premier secrétaire national du FFS, Youcef Aouchiche, a déclaré en préambule que cet hommage répond, avant toute chose, à une exigence de transmission, qu’il a qualifiée de « devoir historique », face aux tentatives d’instrumentalisation et de réécriture simplificatrice de l’histoire nationale.
Pour le premier SG du FFS, transmettre l’histoire ne signifie pas de la sacraliser ni de la figer, encore moins de l’instrumentaliser à des fins conjoncturelles. En clair, l’histoire, a-t-il souligné, ne doit jamais devenir un récit de circonstance ni un outil de légitimation, mais demeurer un champ de connaissance critique indispensable, « pour éclairer les luttes passées et comprendre les impasses comme les espérances du présent, a-t-il affirmé. « Transmettre, c’est refuser toute rupture artificielle entre le passé et le présent, qui dissimule en réalité une volonté de dépolitisation de la société », a-t-il ajouté.
Au cœur de ce travail de mémoire, l’intervenant a rappelé que « le chef historique de la Révolution concevait l’indépendance non comme un simple transfert de souveraineté territoriale, mais comme une libération globale, à la fois politique, sociale et morale ». Appartenant à la génération fondatrice de l’Algérie indépendante, Hocine Aït Ahmed, a-t-il précisé, a pensé la Révolution comme le prélude à un Etat de droit, une République démocratique et sociale axée sur la justice et la souveraineté populaire.
Sur la même lancée, Youcef Aouchiche a retracé le parcours d’un homme politique courageux, visionnaire, engagé pendant plus de sept décennies dans un combat structuré, parfois solitaire, mais toujours fidèle à ses convictions. Humaniste, anticolonialiste et défenseur acharné des libertés démocratiques, nourri par une culture politique universelle, Hocine Aït Ahmed a constamment articulé la pensée et l’action, la morale et la politique, a-t-il déclaré. « Hocine Aït Ahmed n’a jamais recherché le confort d’un consensus factice », a-t-il rappelé.
Selon le responsable du FFS, Hocine Aït Ahmed a opté pour la recherche exigeante d’un véritable consensus national basé sur l’unité nationale, la paix civile ainsi que la souveraineté nationale et populaire. En tant que militant de longue haleine en faveur des principes démocratiques en Algérie, Hocine Aït Ahmed considérait ces principes non comme un modèle importé, bien davantage comme une exigence universelle foncièrement enracinée dans l’histoire et les mœurs des peuples nord-africains, a indiqué le premier SG du FFS.
Dans un contexte international marqué, d’après le responsable du FFS, par la résurgence des logiques impérialistes et la dégradation du sens de l’engagement politique, le même intervenant a estimé que revisiter le parcours de Hocine Aït Ahmed revenait à raviver l’esprit d’indépendance dans toutes ses dimensions. Les valeurs portées par le leader historique du FFS demeurent, selon lui, une boussole essentielle pour les générations actuelles et à venir.
Pendant deux journées, ce rendez-vous scientifique donnera lieu à des analyses croisées et à des débats académiques approfondis autour du parcours de Hocine Aït Ahmed. La cérémonie a aussi prévu une conférence inaugurale de Mustapha Ben Jaâfar, président d’honneur de l’Internationale socialiste, et la nomination du siège national du FFS à Alger au nom de Hocine Aït Ahmed, en sus des interventions de Gilles Manceron, Aïssa Kadri et Smaïl Tahi. Parmi les interventions de la première session figuraient également Mohamed Lahcen Zeghidi, Benjamin Stora, Amar Mohand-Amer, Ali Guenoun, Ouanassa Siari Tengour, Fouad Soufi et Mostefa Bouchachi.