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Monde

Coalition contre le parti de Sanchez sur le Sahara Occidental

Coalition contre le parti de Sanchez sur le Sahara Occidental

C’est l’émergence d’une tenace coalition au sein du Congrès espagnol plaidant pour une neutralité de l’Espagne sur la question du Sahara Occidental et une valorisation des relations avec l’Algérie, une position qui contraste avec la posture prise par le parti au pouvoir du premier ministre Pedro Sanchez en 2022.  

Le Parti populaire (PP-droite libérale) dirigé par Alberto Núñez Feijóo, a réussi, jeudi, à faire adopter au Congrès une Proposition non loi (PNL) visant à réorienter la politique extérieure de l’Espagne au Maghreb. Soutenu par le parti de gauche Sumar, le texte exige du gouvernement de Pedro Sánchez de « revenir à la position historique de neutralité active » sur le Sahara occidental et de « rétablir le dialogue politique avec l’Algérie », signant un nouveau revers parlementaire pour les socialistes du PSOE.

Il s’agit de la première conjonction entre un parti de la droite dans l’opposition et de un mouvement de gauche allié du gouvernement actuel en Espagne.

Lors de la présentation de la motion, le député José Manuel Velasco (PP) a rappelé la complexité des relations hispano-marocaines « marquées par des tensions récurrentes ». Il a, en revanche, décrit l’Algérie comme « un partenaire fiable », historiquement aligné sur les intérêts espagnols, notamment en matière énergétique, sécuritaire et politique.

Le texte adopté lors d’une session de la commission des affaires étrangères du parlement souligne que l’Algérie a maintenu « une position stable » sur la scène internationale, ce qui en ferait un « allié stratégique naturel » pour l’Espagne.

La proposition demande explicitement au gouvernement de renouer avec la neutralité traditionnelle de l’Espagne dans le conflit du Sahara occidental. Elle appelle également à soutenir les travaux de la MINURSO et à réactiver le Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération avec l’Algérie, gelé depuis 2022.

Les rédacteurs du texte estiment que la décision de Pedro Sánchez, en 2022, de soutenir le plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental a provoqué une crise diplomatique majeure avec Alger, principal fournisseur de gaz de l’Espagne et a instauré un malaise dans les rapports à ce jour. La suspension du traité bilatéral décidée par l’Algérie est, selon eux, la conséquence directe de ce revirement « unilatéral ».

Le député Velasco a rappelé que, malgré certains signes de détente depuis fin 2023 — retour de l’ambassadeur algérien, coopération renforcée en matière de sécurité et de migration, et la visite récente du ministre espagnol de l’Intérieur — les relations entre Madrid et Alger restent loin du niveau antérieur à la crise.

Selon lui, une partie des observateurs estime que seul un changement de gouvernement en Espagne permettrait de restaurer pleinement la confiance avec Alger.

Pour sa part, le député de Sumar Enrique Santiago s’est félicité du « début de normalisation » entre les deux pays, tout en appelant à aller plus loin. Il a demandé la levée complète du gel du traité d’amitié et insisté sur le besoin de développer une relation d’alliés entre l’Espagne et l’Algérie, rappelant que les deux pays partagent des intérêts communs au Sahara occidental.



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