Clôture du Sila 2023: Romans, histoire et livres pour enfants en tête de liste
Le Salon international du livre d’Alger (Sila) a connu une affluence record de visiteurs au cours des trois derniers jours. Malgré la cherté de la vie et la hausse des prix du livre, des passionnés de lecture venus des quatre coins du pays ont afflué pour y découvrir les dernières nouveautés parmi les 3000 nouveaux ouvrages proposés lors de cette 26e édition.
Le timing parfait de cet événement littéraire majeur, qui a débuté le 25 octobre dernier et qui a pris fin ce samedi, n’a fait qu’accentuer son succès retentissant. Avec le jour férié du premier novembre et le week-end qui a suivi, les algériens ont pu consacrer leur temps libre à la découverte des trésors littéraires exposés au salon.
La diversité des genres littéraires a suscité un grand intérêt, allant des romans aux livres d’histoire, de religion, en passant par les ouvrages scolaires et la bande dessinée. Les stands bien approvisionnés en livres récents et moins récents ont été une attraction majeure, notamment celui du prince Harry, avec son ouvrage intitulé « Le Suppléant », publié aux éditions Fayard (2023), au prix de 5 000 DA.
Les ventes des éditions Frantz Fanon ont connu une légère baisse, selon son directeur Amar Ingrachen. « Pendant l’événement, nous avons lancé 32 ouvrages couvrant divers domaines, de la littérature à l’histoire en passant par la critique littéraire et les mémoires. Les offres spéciales et les réductions de prix des derniers jours ont suscité un enthousiasme général. Les visiteurs ont saisi l’opportunité d’enrichir leur bibliothèque personnelle à des tarifs très compétitifs», a-t-il confié.
Cependant, Amar Ingrachen souligne que « les ventes ont enregistré une légère baisse par rapport aux éditions précédentes. Je pense qu’il est essentiel que l’État mette en œuvre des politiques proactives pour stimuler l’industrie du livre, notamment en proposant des incitations fiscales ».
Les remises de prix et les promotions allant jusqu’à 50%, proposées lors des derniers jours du Sila ont également contribué à l’engouement général. Les visiteurs ont pu profiter d’offres alléchantes sur leurs livres préférés, ce qui a incité bon nombre d’entre eux à se constituer une belle collection.
Les livres d’histoire, en particulier ceux liés à la Révolution, ont été très prisés des lecteurs. Un représentant de la maison d’édition El Chihab a noté que les ouvrages relatifs à l’histoire de l’Algérie, notamment les mémoires de Lakhdar Bentobbal et celles de Zohra Drif Bitat, figurent parmi les meilleures ventes. Ainsi que les traductions, en particulier celles des classiques de la littérature mondiale, ont suscité un vif intérêt.
Le secteur académique a également enregistré une forte présence, en raison de la création de nouvelles filières universitaires liées à l’intelligence artificielle et aux technologies avancées. Les ouvrages de médecine ont suscité un intérêt particulier cette année. Toutefois, les prix élevés ont représenté un obstacle pour de nombreux étudiants, rendant ces livres scientifiques et d’architecture inaccessibles pour leurs bourses, avec des prix oscillant entre 3 000 DA et 10 000 DA.
De nombreux éditeurs ont rapporté une forte demande de romans, en particulier les œuvres de Ahlam Mosteghanemi, d’Ahmed Soltani, d’Amine Zaoui, Waciny Laaredj et de Saïd Khatibi, parus aux éditions el Izza wa el Karama pour le livre. Les éditeurs ont également souligné l’importance croissante du marketing en ligne et de la promotion à travers les médias numériques pour atteindre un public plus large et promouvoir la culture de la lecture.
La participation active des écoles au salon a également été un facteur clé de son succès. Les élèves ont saisi cette occasion pour élargir leurs horizons et consolider leur passion pour la lecture. Les ateliers, les sessions de lecture et les discussions organisés spécialement pour eux ont été très appréciés, renforçant ainsi l’importance de l’événement pour la jeunesse du pays.
Fatima, une mère au foyer a avoué que « je suis venue avec ma famille et nous avons passé des heures à parcourir les allées remplies de livres. C’est vraiment inspirant de voir autant d’ouvrages différents et de rencontrer des auteurs en personne. Je suis repartie avec une pile de livres que j’ai hâte de dévorer ! »
Pour Amir, un étudiant en lettres, « ce salon est un rendez-vous incontournable pour tous les amoureux de la littérature. Les rencontres avec les écrivains sont vraiment un moment unique. J’ai pu discuter avec certains de mes auteurs préférés et obtenir des signatures. C’est une expérience que je n’oublierai jamais ».
Nadia, enseignante dans une école privée à Alger, a souligné l’importance de cet événement pour la jeunesse : « Je suis enseignante et j’ai emmené mes élèves au salon. C’était formidable de les voir si enthousiastes à l’idée de découvrir de nouveaux livres. Les activités et les ateliers réservés aux enfants étaient vraiment pertinents et éducatifs. Cela les encourage à lire et à s’intéresser à la culture ».