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Nationale

Citadis perd le contrôle de ses rames

Citadis perd le contrôle de ses rames

Il s’agit du second incident grave auquel fait face l’entreprise Setram, qui intervient moins d’un mois après le spectaculaire déraillement du tramway d’Oran, et ce après plus de deux années de leur mise en circulation sans aucun souci technique.

Un conducteur âgé de 37 ans et un passager âgé de 62 ans ont été blessés lors du déraillement d’une rame de tramway à Constantine avant-hier.

Une rame du tramway de Constantine assurant la liaison entre les stations de Zouaghi et Benabdelmalek, au centre-ville, est sortie de sa trajectoire et s’est encastrée tôt le matin dans le mur de la vieille prison de Coudiat.

Les deux victimes ont été transférées par les éléments de la Protection civile au CHU Dr Benbadis.
Des moyens importants ont été mobilisés par l’entreprise chargée de la gestion de ce moyen de transport, la Setram, aidée par les services de la Protection civile pour détacher la rame du tramway.

L’accident a provoqué l’arrêt du trafic sur la ligne du tramway et sur l’axe routier menant au boulevard Kennedy, vers le côté ouest de la ville. Depuis sa mise en circulation, le tramway de Constantine a été à l’origine de quelques incidents, dont le plus grave a coûté, en septembre 2013, la vie à un adolescent de 11 ans à la cité Belhadj, sur les hauteurs de la ville.

Il s’agit aussi du second incident grave auquel fait face l’entreprise Setram, qui intervient moins d’un mois après le spectaculaire déraillement du tramway d’Oran, et ce après plus de deux années de leur mise en circulation sans aucun souci technique. Le tramway vide avait alors déraillé et percuté plusieurs magasins dont les rideaux étaient encore baissés. L’accident, intervenu très tôt le matin, n’avait heureusement fait aucune victime.

Si l’accident survenu dans la capitale de l’Ouest, qui a fait l’objet d’une enquête, est presque passé sous silence, celui qui a eu lieu hier dans la ville des Ponts devrait faire réagir les parties concernées, à commencer bien évidemment par la tutelle.
Rappelons toutefois que la commission d’enquête installée à la suite du déraillement, le 1er août, du tramway d’Oran avait conclu à une « défaillance matérielle ».

S’il s’avère qu’il s’agit des mêmes causes ayant été à l’origine de l’accident survenu hier à Constantine, il serait légitime, de l’avis de citoyens, que l’on s’interroge sur la robustesse du matériel du constructeur français en circulation sur les rails des villes algériennes, lequel, faut-il le rappeler, est engagé dans la totalité des projets de tramway prévus à travers le territoire national.

Il pourrait s’agir aussi de défaillances au niveau des installations des réseaux de rails, lesquelles, faut-il le rappeler, ont été l’œuvre d’entreprises indépendantes de la Setram, à l’instar de l’italien Pizzaroti, qui est justement à l’origine de l’installation des rails sur lesquels circule le tramway de Constantine.

D’aucuns s’interrogent désormais sur les causes à l’origine de ces deux déraillements. Le personnel navigant a-t-il été mal formé ou insuffisamment recyclé pour éviter de tels risques, ou alors le souci majeur serait-il plutôt d’ordre technique ?

Réputé pour son « hégémonie » dans le secteur à travers le monde, Alstom a-t-il failli, susurre-t-on, en cédant à l’Algérie son matériel bas de gamme ? Ces interrogations mériteraient que toutes les parties concernées puissent donner toute son importance au sujet, sachant que d’autres réseaux, dont ceux de Sétif ou encore Mostaganem, entreront bientôt en service.

Rappelons aussi que pour le tramway de la capitale des Hauts Plateaux, les rames ont été livrées en kit pour assemblage à l’usine CITAL d’Annaba. L’usine érigée dans la capitale de l’acier pourrait produire 5 rames de Citadis par mois, a-t-on annoncé le jour de l’inauguration de la fabrique.

Dotée d’un personnel à 95% algérien, l’usine prévoit de livrer 213 rames d’ici à 2019, a annoncé le directeur général de Citadis, Pietro Silvestro, au moment de l’entrée en production de la fabrique annabie. Le responsable a aussi précisé que l’unité implantée dans la ville côtière algérienne n’a rien à envier aux unités analogues européennes et qu’elle allait produire des rames de même qualité que celles issues des usines françaises et espagnoles.

Présente sur les quatre continents, la firme française domine tout le marché maghrébin. En plus des villes algériennes dotées de ce moyen moderne de transport, actuellement au nombre de six, les rames de Citadis circulent dans les villes de Rabat, de Casablanca et de Tunis.

Plusieurs pays ont aussi opté pour le « label » français. Ainsi, Alstom-Citadis a réussi à décrocher plusieurs marchés à travers le monde. Buenos Aires en Argentine, Brasilia et Rio de Janeiro au Brésil, Ottawa au Canada, Cassel en Allemagne, Barcelone et Madrid en Espagne, Dublin en Irlande, Moscou et Saint-Pétersbourg en Russie, La Haye et Rotterdam aux Pays-Bas, en sus de plusieurs villes en Australie, en Turquie, en Chine, au Qatar et aux Emirats arabes unis ont toutes choisi la rame de fabrication française. Il faut dire qu’en matière de savoir-faire, la fabrique européenne « est dotée » d’une expérience de plusieurs décennies.

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