"Chemma d'Origine" au 16e FNTP: Quand l'homme s’incarne en diable – Le Jeune Indépendant
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Culture

« Chemma d’Origine » au 16e FNTP: Quand l’homme s’incarne en diable

« Chemma d’Origine » au 16e FNTP:  Quand l’homme s’incarne en diable

La pièce intitulée « Chemma d’Origine », produite par l’association Chemâa de Constantine et mise en scène par Abdeljalil Nedjai, a été présentée lundi soir dans le cadre de la 16e édition du Festival national du théâtre professionnel (FNTP). Le spectacle, qui s’est déroulé au Théâtre national Mahieddine-Bachtarzi (TNA), a attiré un public nombreux qui a chaleureusement applaudi la performance.

Basé sur un texte du regretté metteur en scène Adlane Bakhouche, cette comédie absurde, explore avec finesse la dualité entre le bien et le mal, tout en plongeant les spectateurs dans une réflexion sur les crises relationnelles causées par l’ignorance, la cupidité et l’absence du sens de responsabilité.

La pièce, d’une durée de 70 minutes, raconte l’histoire d’Allaoua, un employé désigné pour effectuer un stage pratique en Europe, pour apprendre à manier les machines de son entreprise. Ce séjour, qui aurait dû être formateur, se transforme en une série d’ennuis Cela le conduit à être hospitalisé, car ce comportement est perçu comme étant anormal. Entre rires et questionnements, la trame explore les péripéties de ce jeune homme face aux défis de la communication et de la stigmatisation sociale.

Allaoua, un homme doté d’une fierté inébranlable malgré sa situation financière précaire, croise le chemin d’une jeune femme qui s’avère être la femme de ménage de l’appartement où il réside. Allaoua décide de faire appel au diable pour l’aider à conquérir la jeune étrangère, car lui ne parlait pas sa langue. Son objectif est de se marier avec cette dernière pour obtenir les documents nécessaires pour rester en Europe.

Avant cela, Allaoua a confié à la femme de ménage qu’il souffrait de diarrhée avec des gestes subtiles mais hilarants, et compatissante, elle lui a offert une boîte de chocolats.

Cependant, à peine l’avait-il reçue qu’il l’a jetée, plongé dans la tristesse. Puis, la raison de cet acte est apparue par la suite. Cela est lié à une cicatrice profonde de la pauvreté et du dénuement qu’il avait vécus dans son enfance. Enfant, il avait été injustement accusé, à l’école, d’avoir volé une barre de chocolat à une camarade de classe, car il était pauvre. En réalité, son intention était simplement de se rapprocher d’elle et d’exprimer son amour innocent.

Pour une barre de chocolat…

La blessure psychologique a atteint son point culminant quand le professeur, à l’époque, a affiché une pancarte dans son dos avec l’inscription « voleur » et a déambulé dans toute l’école, attirant ainsi l’attention de chacun.

Un voyage délirant commence. Le diable se présente comme un bienfaiteur cherchant à faire le bien parmi les gens. Alors que ces derniers, ne manquent pas de se nuire mutuellement. Ce message souligne la responsabilité humaine dans les conflits, mettant en avant le comportement humain plutôt que l’idée d’une influence extérieure malveillante.

Abdeljalil Nedjai, le metteur en scène, a opté pour une approche audacieuse en choisissant un espace quasi-vide avec une scénographie légère. Il a brillamment réussi à captiver le public par des performances émouvantes et des scènes simples. À travers le personnage d’Allaoua, la pièce explore les cicatrices profondes laissées par la pauvreté, la privation et la stigmatisation sociale. Malgré la complexité de certains concepts philosophiques abordés, le public a réagi positivement à la pièce.

En marge de la représentation, le metteur en scène a déclaré au Jeune Indépendant que « le défunt metteur en scène Adlane Bakhouche a été l’initiateur de ce projet. Il m’a encouragé à prendre en charge la mise en scène et m’a assisté dans la direction artistique des comédiens ».

Et d’ajouter : « J’ai choisi le titre Chemma d’Origine car c’est une sorte de fierté pour le personnage d’Allaoua de consommer de la chique d’origine. J’ai également abordé le thème de la pauvreté qui a touché la plupart des Algériens, notamment ceux des générations 1980 et 1990. Nous avons traversé des périodes difficiles ».

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