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Monde

Changement de rapports de forces

Changement de rapports de forces

La situation en Syrie s’est tournée en faveur du gouvernement grâce aux percées militaires enregistrées en 2016 notamment à Alep (nord), alors que les efforts diplomatiques pour un règlement de la crise se fera à l’ombre de nouvelles données imposées suite à l’intervention militaire russe dans ce pays.

La Syrie est secouée, depuis 2011, par un conflit qui a déjà fait, selon les dernières estimations, près de 312.000 morts, alors que plus de 2,3 millions de Syriens se sont réfugiés à l’étranger en raison de l’escalade de la violence qui a fait de la Syrie un champ de bataille complexe où s’affrontent de multiples factions locales et les grandes puissances étrangères, ainsi que des groupes terroristes dont celui autoproclamé « Etat islamique » (EI/Daech).

Mais, cinq ans et demi après le début du conflit, le gouvernement s’est retrouvé en bonne position de force ce qui lui a permis d’infliger une défaite aux groupes terroristes et à ce qui est appelé « l’opposition armée » en reprenant la ville d’Alep (nord), ex- capitale économique.

La victoire à Alep est considérée une « étape cruciale » pour la fin de la guerre en Syrie, qui « ne finira qu’après l’élimination totale du terrorisme », estiment les observateurs, au moment où des avancées militaires sont réalisées à travers tout le pays.
Plusieurs forces en rang serré contre Daech

Ainsi, l’année 2016 en Syrie a été marquée par l’intervention militaire russe à la demande du gouvernement syrien, qui a depuis réussi à inverser la situation et à enregistrer des succès face aux rebelles et groupes terroristes. ²Elle a ainsi joué un rôle clé dans la libération de la majeur partie d’Alep.

La même année a vu le lancement de plusieurs opérations militaires dont celles menées par une coalition arabo-kurde soutenue par les Etats-Unis avec comme objectif, la reprise de la ville de Raqa, considérée comme la capitale de facto de Daech.
Echec de plusieurs accords pour un règlement de la crise

La Russie et les Etats-Unis, principaux acteurs dans le conflit syrien, étaient restés depuis longtemps en désaccord sur le moyen de régler pacifiquement cette crise, alors que plusieurs accords pour un règlement du conflit n’ont pas abouti en 2016.

Mais l’idée d’engager des pourparlers sur une sortie de crise en Syrie commence ont, au fil du temps, à se faire un chemin au sein des différentes parties, aussi bien à l’intérieur qu’à l’étranger.

Il sera notamment question dans le cadre du processus de paix de réfléchir sur « un nouveau gouvernement inclusif, une nouvelle Constitution et de nouvelles élections » législatives et présidentielle, à tenir sous l’égide des Nations unies, selon l’émissaire de l’ONU Staffan de Mistura. 

Retour à l’option d’un règlement incluant Al-Assad. Certains pays réclamaient auparavant le départ d’Al-Assad mais y voient aujourd’hui un élément clé dans le règlement de la crise.

Début mars, l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie avait jugé utile de laisser les Syriens « décider » du sort du président Bachar al-Assad.

« Nous disons que la solution devrait appartenir aux Syriens… », avait-t-il insisté. A titre d’exemple, fin novembre, le président turc Recep Tayyip Erdogan, avait affirmé que l’opération turque lancée en août dans le nord de la Syrie visait « le départ du président syrien Bachar al-Assad », mais Ankara s’est ensuite rétractée, affirmant que l’intervention turque dans la ville syrienne d’Alep (nord) n’est pas liée à une volonté de changer le gouvernement syrien.

Le gouvernement syrien a prévenu que le sort du président Bachar Al-Assad, réélu en 2014 pour un nouveau septennat, était une « ligne rouge », notamment lors des négociations de Genève, même si l’opposition syrienne modérée prône « un dialogue sans condition préalable et la recherche du consensus ».

Mais, au moment où l’année 2016 tire à sa fin, la lutte contre les groupes terroristes, le dialogue entre Syriens et la réconciliation nationale, s’imposent comme éléments primordiaux pour une sortie de crise en Syrie.

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