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Nationale

Chakib Khelil, la revanche à «l’algérienne»

Chakib Khelil, la revanche à «l’algérienne»

Un mois après le limogeage, en septembre 2015, du général Toufik, ex-patron de l’ex DRS, les proches de Chakib Khelil sont convoqués par les autorités.

L’objet de cette convocation express est de les informer que les poursuites engagées contre l’ancien ministre de l’Energie et des Mines viennent d’être annulées. On leur explique également que c’est le Président de la République Abdelaziz Bouteflika, en tant que premier magistrat du pays, qui a ordonné une enquête « spéciale » et « urgente « pour faire toute la lumière sur l’implication ou non de son ancien camarade et ami sur des affaires de corruption qui ont défrayé la chronique et créé un fort climat de suspicion au sein de la première entreprise publique nationale.

Le frère de Khelil, un médecin établi à Oran, reçoit les clés du somptueux appartement de Chakib situé du côté du Val d’Hydra, qui était sous scellés depuis le déclenchement de l’affaire dite du scandale de Sonatrach 2.

Quelques jours plus tard, la réhabilitation devient officielle, quand l’ambassade d’Algérie à Washington invite le couple Khelil à une soirée à l’occasion de la célébration de l’anniversaire du déclenchement de la lutte armée contre l’occupant français. Début novembre 2015, les initiés savaient que la machine de la réhabilitation politique et judiciaire de Chakib Khelil allait se mettre en branle.

Les récentes sorties du patron du FLN, Amar Saâdani, préparaient le terrain ce retour. Ce dernier dira dans l’une à ses confessions que la cabale des anciens officiers du DRS contre Khelil est « fabriquée « de toutes pièces pour nuire au clan présidentiel.

Pour Saâdani, toute cette affaire dite de Sonatrach est un « montage « pour accréditer les thèses de corruption et de pots-de-vin contre l’ancien ministre de l’Energie et ses relations, notamment le neveu de l’ancien ministre des Affaires étrangères Ahmed Bedjaoui.

En dépit de cette défense politique et médiatique, personne ne pouvait imaginer qu’un jour Khelil allait prendre un avion et rentrer dans son pays. Un retour en forme de revanche, alors que les attaques sur sa gestion du secteur depuis 1999 n’ont jamais cessé. Partout, on n’en finit pas de l’accuser d’accointances avec les lobbies américains, notamment les grands actionnaires des grandes compagnies pétrolières et autres multinationales.

L’homme, qui avait le dernier mot sur tout ce qui se faisait à Sonatrach, du dernier puits d’extraction au baril vendu au marché « spot « , était devenu, suite à un battage médiatique et politique le symbole du « fassad « (corruption) pratiquement aux yeux de l’opinion publique.

Ainsi, ce retour signifie déjà que les mandats d’arrêts internationaux, lancés en août 2013, contre Khelil, sa femme et ses deux enfants ont été annulés pour «vice de procédure « .

Pour des juristes, l’enquête de la Présidence doit être appuyée par une décision de justice, car il faut dans le cas d’un cadre supérieur de l’Etat actionner la Cour suprême, seule instance habilitée à juger et ordonner, accuser ou blanchir un prévenu ou un suspect.

Certes le procès de Sonatrach1 l’a blanchi mais l’on se rappelle que le fameux procureur de la Cour d’Alger, Belkacem Zeghmati, limogé pratiquement à la même période que le général Toufik, avait tenu une conférence de presse pour annoncer ces mandats d’arrêt contre Khelil sur la base d’une instruction d’un juge dans l’affaire dite de Sonatrach.

A cette époque, en 2013, les officiers de la police judiciaire avaient perquisitionné ses biens immobiliers à Alger ainsi que la maison familiale oranaise ou résidait sa mère, décédée par la suite. Même le ministre de la Justice et Garde des Sceaux de l’époque, Charfi Mohamed, évoquait l’affaire en défendant « l’indépendance de la justice « et accusant dans la foulée … Saâdani, fraîchement plébiscité chef du FLN d’opérer des pressions pour lever les poursuites contre Khelil.

Ce même Charfi ne survivra pas longtemps à l’évocation du scandale puisque, il sera dégommé par un remaniement partiel. Accueilli par le wali d’Oran au salon d’honneur de l’aéroport, Chakib Khelil pourrait susciter encore des polémiques mais à l’évidence son retour devrait clouer le bec a ses principaux accusateurs dont l’ancien patron du DRS Mohamed Médiene.

Certains milieux politiques évoquent maintenant une vengeance à « l’algérienne » de Khelil contre ses anciens détracteurs. Ainsi, on susurre que l’ancien ministre pourrait bien prendre un poste important dans la hiérarchie de l’Etat. Soit comme représentant spécial du chef de l’Etat, soit comme conseiller plénipotentiaire sur des questions énergétiques.

Il semble qu’une chaîne de télévision privée proche du clan présidentiel vient d’arracher la promesse d’un entretien exclusif avec Khelil, occasion pour lui d’expliquer les faits qui lui été reprochés et surtout de donner sa version personnelle sur une guerre larvée qui opposait deux sphères du pouvoir décisionnel.

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