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Op-Ed

Cet argent qui fait le… malheur !

La profession reste, depuis l’ouverture du champ médiatique au privé,sur un constat de déception qui dure. Certains iront jusqu’à regretter le « charisme « subtil, plumitif, du passé qui a réussi, dans un système politique cadenassé, replié sur lui-même, monodimensionnel, monopolisant, censurant, muselant… à marquer leur passage. Parfois en s’offrant au sacrifice, et fondant ce qu’il est convenu d’appeler,avec fierté aujourd’hui, l’école algérienne du journalisme.

Aujourd’hui, la donne a changé. La conjoncture se fond dans la conjecture.

Aujourd’hui, la majorité des directeurs de publications en poste, issus de cette même école, se considérant comme les seuls héritiers légitimes de la tradition journalistique nationale, ne s’attellent qu’à l’accessoire sans même se soucier de l’essentiel, parent pauvre de la profession : la disparition de cette école algérienne du journalisme, de son éthique, de sa technique, de son art.

La déraison des uns déplorant le manque de moyens n’a d’égal que la raison des autres dressant le chapeau de la disette au seuil de la rue Pasteur pour un seizième de page qui manque à l’information à « offrir au lecteur ».

Aujourd’hui, le débat ne ressemble aucunement à une chronique discutée, un édito rimé, un « papier » structuré en pyramide, un griffon d’humeur, un reportage d’ambiance, une Une bien titrée…

Aujourd’hui, le lecteur algérien, les petits journalistes qui sortent déformés-désinformés de nos prestigieux et illustres amphithéâtres de la République qui distillent l’art de dire l’info, assistent à un sanglant combat de deux équipes de coqs muetsinspirés pour deux messes contradictoires. Un chant des sirènes qui harmonisent les aubades pour le Seigneur et le requiem qui anticipera sa fin. 

Aujourd’hui, une sorte de dégradation communicationnelle est annoncée par la »mort », mort dans l’âme, de certains titres de presse « nationaux » graissés par les largesses de tant d’années de grâce qui n’ont pas cru à l’humiliation des pouvoirs publics allant jusqu’à sanctionner les directeurs de presse d’une carte professionnelle délivrée par la tutelle publique.

Une tutelle qui pourtant bénéficie, dans le cadre de la loi de Finances 2015, de la faramineuse somme de 18 milliards de dinars, alloués pour les besoins du département. Rien que ça !

A décoder, les pouvoirs publics, nous aimerions bien le croire, ne manquent pas de fantasmes quant à voir des plumes nationales briller dans les esprits, dans nos étals bien mieux qu’un Figaro, qu’un Le Monde, qu’un Le Canard enchaîné, qu’un The Times, qu’un Al Hayatou Al Ahram… et mieux encore pour le bien-être intellectuel de l’Algérien qui mérite amplement des supports d’information imprimés pour cacher la « patate » devenue inaccessible au peuple et aux journaux.

La pub est un acte de gestion de la ligne éditoriale.
Queces étroites cuves à remous dont les « prétentieux » adorent se chatouiller l’élan s’arrêtent donc !

Que ces écarts inavoués qui remontent à la guerre contre le terrorisme soient avoués. Que ces « prétentieux », dans la peau du cyclope, qui ont relayé le fait antinational jusqu’à ce que son aspect répétitif lui enlève tout caractère crédible vis-à-vis de l’opinion publique, s’arrête.
Peut-être que le son de la petite pièce, jetée dans la tirelire, retentira de nouveau !

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