Cession des logements sociaux et recouvrement des loyers : Journée portes ouvertes sur tout le territoire national
Conformément aux instructions du ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, et en application des orientations du directeur général de l’Office de promotion et de gestion immobilière (OPGI), des journées portes ouvertes ont été organisées, ce mercredi, dédiées à l’opération de cession des logements sociaux ainsi qu’au recouvrement des créances locatives.
Cette campagne a concerné l’ensemble des unités gérées par l’OPGI. Elle vise à faciliter les procédures de cession au profit des citoyens, à rapprocher l’administration des locataires ainsi qu’à les sensibiliser à l’importance du paiement régulier des loyers. A cette occasion, plusieurs brochures explicatives ont été distribuées aux visiteurs, présentant de manière claire les conditions et modalités d’accession à la propriété des logements sociaux. La majorité des participants a également bénéficié d’informations détaillées, à travers des supports de communication, sur les facilités mises en place par l’OPGI pour le recouvrement des loyers, notamment les différentes méthodes de paiement proposées à distance via l’application Sakani, par carte bancaire ou par carte Edahabia.
A l’occasion de cette initiative de grande envergure, le directeur général du logement au ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, Mohamed Mordjani, a déclaré à la Télévision nationale que l’accès au logement figure au cœur des priorités de l’Etat algérien, conformément aux orientations du président de la République pour la période 2019-2024, durant laquelle le logement a été consacré comme une priorité absolue.
Il a précisé que le logement public locatif, communément appelé logement social, est entièrement financé par l’Etat et destiné aux ménages à faibles revenus ou sans revenus, notamment ceux dont le revenu mensuel est inférieur à 24 000 DA. Cette formule est encadrée par le décret exécutif n°08-142, qui fixe les conditions d’éligibilité, parmi lesquelles une résidence minimale de cinq ans dans la commune concernée, l’absence de toute aide publique antérieure et la non-possession d’un bien immobilier ou d’un terrain constructible
Encourager l’accession à la propriété
Concernant la cession des logements publics locatifs à leurs occupants légaux, M. Mordjani a rappelé que cette possibilité existe depuis 2003 mais que les résultats enregistrés sont restés modestes, avec un taux de cession inférieur à 12 %. Le nouveau décret exécutif n°25-135 marque toutefois un tournant majeur en introduisant d’importantes mesures incitatives. La principale innovation réside dans l’extension de la durée de paiement, portée de 10 à 25 ans, permettant de réduire les mensualités de près de 10 000 à 12 000 DA à environ 2 500 à 3 000 DA.
Le texte prévoit également la suppression des commissions de wilaya chargées de l’étude des dossiers, désormais examinés directement au niveau des OPGI, avec un délai de traitement ne dépassant pas 30 jours, dans une optique de simplification et de lutte contre la bureaucratie. En outre, il est également prévu des facilités de paiement attractives, le décret offrant des réductions substantielles selon le mode de paiement choisi.
En l’occurrence, 10 % de réduction en cas de paiement intégral, 7 % pour un paiement étalé sur trois ans, 5 % pour un paiement sur cinq ans, avec la possibilité d’un échelonnement allant jusqu’à 25 ans. Autre mesure phare, il a été précisé que les loyers déjà versés par le locataire sont désormais pris en compte dans le calcul du prix de cession, ce qui constitue un avantage significatif pour les bénéficiaires. Le responsable a également relevé que l’accession à la propriété implique également l’adhésion au régime de la copropriété, avec la participation aux charges d’entretien des parties communes, jugées modérées au regard des services rendus.
De son côté, Abdelghani Dib, directeur général de l’OPGI, a souligné que le recouvrement des loyers ne relève pas uniquement d’une logique financière, mais constitue un véritable levier de gouvernance, de justice distributive et de durabilité du parc immobilier public.
Il a rappelé que les loyers des logements sociaux n’ont pas été révisés depuis 1998, le prix du mètre carré restant fixé à 25 DA, ce qui se traduit par un loyer moyen d’environ 200 DA par mois. Or, ces loyers représentent la principale, voire l’unique, source de financement des OPGI pour assurer l’entretien, la maintenance et la gestion des cités d’habitation.
Afin de faciliter les démarches des citoyens, les OPGI ont mis en place plusieurs mécanismes de proximité, notamment des unités d’accueil dédiées, ainsi que l’application numérique Sakani. Cette plate-forme permet le paiement des loyers à distance, la prise de rendez-vous, le dépôt des dossiers de cession et le suivi des demandes, réduisant ainsi les déplacements et les contraintes administratives. Le responsable a fait savoir qu’à l’échelle nationale, les OPGI gèrent environ 2,6 millions d’unités, comprenant des logements et des locaux commerciaux. Près de 900 000 unités ont déjà fait l’objet d’une cession, tandis qu’environ 1,6 million restent éligibles.