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Nationale

Ces Syriens qui passent leur sixième ramadhan à Alger

Ces Syriens qui passent leur sixième ramadhan à Alger

Déjà six ans sont passés depuis qu’ils sont arrivés en Algérie, plus exactement à Alger. Des centaines de réfugiés syriens, fuyant la guerre, entament un nouveau ramadhan avec les Algériens bien que nombre d’entre eux tentent de revivre l’ambiance du pays du Levant.

En septembre 2015, la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Mounia Meslem, avait déclaré que plus de 25 000 réfugiés syriens ont été accueillis par l’Algérie depuis la guerre dans leur pays déclenchée en 2011.

A Alger, on en compte près de 5 000 qui passent leur quatrième ramadhan depuis leur arrivée au pays.

Venus de Damas, de Tartous, d’Alep, de Homs et d’autres villes syriennes où les combats sont toujours intenses après six ans de guerre, ces réfugiés se sont très vite adaptés à leur nouvelle vie à Alger. Investissant dans le commerce, beaucoup d’entre eux, et dès leur arrivée à Alger, ont ouvert de grands magasins en plein cœur de la capitale, où ils proposent des plats traditionnels de la gastronomie syrienne. Un pari fou qui a entraîné la grande foule des amoureux des plats syriens.

C’est le cas à la rue Didouche-Mourad, en plein Alger, où à chaque tournant des restaurants syriens ont poussé comme des champignons, au grand bonheur des gourmands de la cuisine syrienne. Très surpris par l’accueil chaleureux des Algériens et le rush sur les restaurants syriens, les réfugiés du Moyen-Orient ont, pour la plupart, décidé de rester à Alger.

Certains ont loué des appartements dans la banlieue algéroise. A Aïn Bénian, on compte déjà plus d’une trentaine de familles syriennes qui ont choisi de camper ici tout en réussissant à trouver du travail. Si la chance a souri à certains, d’autres, malheureusement, n’ont pas été gâtés par le sort.

Cela dit, des centaines de réfugiés continuent à quémander de l’argent dans les mosquées auprès des fidèles. A la mosquée Errahma à Birkhadem, quelques ressortissants syriens, originaires de Tartous, se présentent chaque après-midi et le soir devant la mosquée en compagnie de leurs enfants pour demander de la charité.

Les ravages de la guerre hantent leurs esprits

Un quadragénaire nous a raconté les souffrances de sa famille et comment ils ont pu, avec beaucoup d’autres, gagner Alger : « Nous sommes originaires de Tartous, une ville côtière à 160 km de la capitale Damas.

Dans cette ville, les manifestations anti-Assad ont débuté entre la fin du mois d’avril et le début du mois de mai 2011. Tout le monde est sorti, à l’instar des autres villes syriennes, sauf bien sûr à Damas et Alep, pour réclamer le départ du président El Assad. Jusqu’ici tout allait bien, mais quelques jours après les manifestations, l’armée syrienne a assiégé toutes les voies menant à Tartous et commencé à tirer sur tout ce qui bouge », relate-t-il, pleurant sur la situation actuelle de sa famille, de son pays et de ses proches.

Après quatre ans passés à Alger, l’homme ne sait plus quoi faire. Il est responsable de cinq personnes et doit subvenir à leurs besoins. Pour ce jeune père et pour des centaines d’autres réfugiés qui passent leur quatrième mois sacré à Alger, le retour en Syrie est le seul moyen pour oublier toutes les peines endurées.

Les syriens continuent à bouder Sidi Fredj

Pourtant, l’Etat algérien avait mobilisé un grand espace à Sidi Fredj pour prendre en charge les réfugiés. Ici, toutes les commodités sont réunies pour ces familles, y compris la nourriture et l’hébergement. Alors pourquoi les réfugiés refusent-ils à ce jour un tel traitement ? Une question que nous avons posée au père de famille réfugié de Tartous.

Selon lui, les conditions d’hébergement des familles syriennes ne sont pas à la hauteur des attentes des réfugiés syriens. « C’est pour cette raison que nous avons refusé au départ l’hébergement de Sidi Fredj que les autorités algériennes nous a proposé il y a près de quatre ans », explique-t-il.

Ce refus collectif a poussé nombre d’entre eux à aller vers le Square Port Saïd, les mosquées et les rues d’Alger pour demander de l’aide auprès des citoyens. Ce qui s’est passé il y a près de quatre ans se poursuit aujourd’hui. Le Square est toujours considéré comme un espace de convivialité pour les Syriens qui ont sauvé leur peau et gagné Alger par voie maritime, mais à quel prix !

A Birkhadem, les réfugiés ont envahi les mosquées, à El Biar, ce sont les boutiques qui sont leur cible. A Ouled Fayet ce sont plutôt les vieilles fermes qui intéressent ces réfugiés.

A El Biar, selon plusieurs témoins, des réfugiés syriens, dont la majorité sont des femmes ou des couples, s’adressent aux propriétaires de magasin afin de leur venir en aide. « Des femmes munies de papiers et de passeports bleus (syriens) entrent et demandent aux clients et au propriétaire de leur donner de l’argent. Même des couples, dont le nombre commence à augmenter, opèrent de la même manière », nous a raconté une femme originaire du quartier de Scala.

La mosquée, l’une des principales sources de survie

Rassemblés à l’entrée principale des mosquées de plusieurs communes de la capitale, les réfugiés, par dizaines, sollicitent juste avant la prière d’El tarawih les fidèles afin de les aider financièrement. Selon une version, la plupart des réfugiés syriens actuellement en Algérie sont des gitans « hadjer ».

Un peuple qui connaît des mouvements migratoires à longueur d’année. Cela confirme peut-être le fait qu’un nombre aussi important de réfugiés ait choisi l’Algérie au lieu d’autres pays limitrophes de la Syrie.

Revenons à la solidarité algérienne avec les réfugiés syriens. Beaucoup d’Algériens ont répondu favorablement à leurs doléances. Certains ont donné de l’argent, d’autres ont carrément invité quelques-uns à partager la table du f’tour au moment de l’adhan.

Des scènes de solidarité et de générosité à l’algérienne. Mieux, des associations à caractère non gouvernemental commencent à organiser l’aide humanitaire en direction de ces familles syriennes.

 Les préparatifs vont bon train dans plusieurs villes du pays, où des dizaines de familles refugiées ont accosté voilà déjà quatre ans. A Jijel, Béjaïa, Oran et Sétif, les Syriens sont partout. Ils ont fui les combats et l’atrocité des groupes terroristes qui n’hésitent pas à massacrer la population et à attribuer leurs méfaits à l’Etat syrien, comme ce fut le cas durant la décennie noire en Algérie.

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