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Ces caïds des gangs des nouvelles cités

Ces caïds des gangs des nouvelles cités

Depuis quelques années, Alger a connu une profonde mutation. Avec la construction des nouvelles cités, Alger change de visage. En face, la délinquance a pris une nouvelle tournure avec la naissance de chefs de bandes armés, prêts à intervenir au moindre appel de leurs « pairs « . Dans le cadre des batailles rangées entre groupes rivaux, doit-on revoir la politique du relogement ?

Ce qui s’est passé il y’a quelques jours dans la localité de Hammadi n’est qu’un simple exemple de ce qui arrive un peu partout dans les nouvelles cités de la banlieue algéroise.
Durant la nuit de jeudi à vendredi passé, plus d’une centaine de gangsters se sont entretués aux armes blanches et aux pitbulls.

La bataille rangée à laquelle se sont joints d’autres gangsters venus des quartiers d’Alger-centre, Bab El Oued et Bir Mourad Rais, a fait plusieurs blessés et causé des dégâts importants à plusieurs véhicules.

On dénombrait, lors de cette bataille « urbaine « , plus de 20 blessés des deux côtés antagonistes, dont certains sont toujours en fuite, selon la Gendarmerie nationale.
Il a suffi, donc, d’un simple coup de téléphone pour que les choses tournent au drame.

Ce genre d’affrontements se produit souvent dans les nouvelles cités. Entre 2015 et le 1er avril 2016, on dénombre plus de 300 affrontements entre les gangs, et on déplore des centaines de blessés, des dizaines de meurtres avec des dizaines de véhicules saccagés. La banlieue algéroise est devenue un véritable « sanctuaire « des gangs qui s’entretuent pour n’importe quoi.

Des tueurs à gages

Selon les services de sécurité, un fléau est né chez les gangs. Ces derniers, conduits souvent par un caïd, tentent parfois d’éliminer leurs rivaux en faisant appel à des tueurs à gages. Ces derniers, des criminels notoires, sont payés une fois leur forfait accompli.

Une vingtaine d’assassinats sont signalés entre 2015 et le début de l’année en cours. Plus de 40 l’année précédente (2014). Rien que dans la commune de Zéralda, une douzaine de gangsters ont été tués par armes blanches. Ce qui dénote la montée fulgurante de la criminalité. Il s’agit de règlements de comptes entre les rivaux de certains quartiers de la banlieue algéroise. Ces derniers s’entretuent pour tenter de régner sur un quartier.

C’est le cas de la paisible localité de Staouéli où chaque année, des milliers de visiteurs viennent savourer les bonnes glaces. Avec ses ruelles typiques et ses boutiques luxueuses, la localité de Staouéli paraît un lieu haut de gamme, mais la face cachée de cette ville indique toute autre chose. Ici, plusieurs rivaux se disputent les ruelles et les quartiers.

Face à cette réalité, les habitants de Staouéli ne se sentent pas en sécurité. « Vous ne pouvez pas vous balader avec un beau portable, de crainte qu’on ne vous l’arrache. Vous ne pouvez pas vous permettre un scooter parce que quand vous rentrez chez vous, tard dans la nuit, ils peuvent vous le voler », explique une jeune résidante à Staouéli.

Alger, épicentre des vols de voitures de luxe

En plus des affrontements, les gangs d’Alger ont « investi « un autre créneau, celui du trafic des véhicules qui est en vogue. Les services de sécurité ont enregistré, depuis le 1er janvier 2015, une hausse inquiétante de trafic de voitures. Près de 100 voitures ont été volées dans plusieurs quartiers d’Alger.

Un phénomène, qui, selon eux, prend de l’ampleur. Selon une source sûre, la plupart des véhicules ciblés par les trafiquants sont d’origine asiatique et européenne, notamment les marques françaises visées par les réseaux de malfaiteurs.

A Staouéli, Ain Bénian et Sidi Fredj, près de 10 voitures ont été subtilisées à leurs propriétaires en 2015. Habituellement, les voleurs agissent dans des ruelles peu fréquentées par les piétons. Aujourd’hui ce n’est plus le cas.

Les « pilleurs » de véhicules agissent désormais dans des endroits bondés de monde, et n’hésitent plus à voler en présence de témoins. Ils ne craignent pas les représailles des services de sécurité. D’autre part, les réseaux de trafic de véhicules ciblent généralement des marques très prisées en Algérie.

Il s’agit, entre autres, des véhicules de marque, Citroën, Chevrolet, Clio Classic, Kangoo, Accent et Hyundai. Ces types de voitures attirent de plus en plus l’intérêt des réseaux de trafic de voitures, car les pièces de rechange sont trop demandées sur le marché noir et sont très coûteuses.

Des chefs de gangs arrêtés

Les années 2013 et 2014 ont été marquées par la lutte sans relâche des services de sécurité. Ils ont réussi, durant cette période, à interpeller de dangereux chefs de gangs recherchés depuis des années. Parmi eux sont également cités des barons de drogue, à l’image de « Mama « âgé de 57 ans, interpellé à Saïd Hamdine par la Police Judiciaire en novembre 2013. La « guerre » des gangs dans la banlieue algéroise a semé la terreur chez les habitants des nouvelles cités.

Des règlements de comptes entre gangs qui parfois sont armés jusqu’aux dents dans la lutte contre leurs rivaux. Après les couteaux, épées, haches, les gangsters se sont dotés de nouvelles armes, des fusils à harpon, des fusils à implusion électrique (Taser), parfois des armes de type PA, et bien d’autres. Le but de cet armement « urbain « est de faire face à son ennemi. Les observateurs ont expliqué que l’heure est grave.

Avec l’utilisation de telles armes, les gangs cherchent donc à tout prix à supprimer leurs adversaires. Les services de sécurité ne sont malheureusement pas arrivés à maîtriser vigoureusement cette « hémorragie » ayant fait déjà plusieurs victimes. En ce qui concerne les chiffres, selon une source généralement bien informée, les rixes aux épées ont déjà provoqué la mort de trois personnes depuis le début de l’année en cours, et causé des blessures à 68 autres.

Ces bandes agissent sous les ordres de leurs jeunes chefs qui contrôlent des gangs composés de huit à parfois une trentaine de personnes. A Bab El Oued par exemple, un quartier populaire de la banlieue, plusieurs chefs de gangs sont devenus tristement célèbres. Il s’agit de certaines chefs très connus sous les noms de Flousa, Blouta, Kaka, et la liste est longue. Ils dictent leurs lois dans certaines ruelles de leur quartier.

Dotés de différentes armes blanches, mais surtout d’épées et des Taser, ces jeunes gangsters ont déjà livrés de nombreuses « batailles » dans plusieurs quartiers tels Oued Koriche, Bab El Oued, Climat de France, Baraki, Bab Ezzouar, Birtouta, Aïn Bénian, et bien d’autres quartiers, où des bagarres aux épées ont eu lieu provoquant des blessures graves, parfois même des décès.
Face à la montée spectaculaire de cette nouvelle forme de menace, les policiers tentent tant bien que mal d’intervenir en installant des postes de proximité même dans les quartiers les plus sensibles de la capitale.

Les agents de sécurité n’ont pu jusqu’à présent éradiquer ce phénomène qui menace la sécurité publique et les biens des personnes. Certes, tous les ans des personnes appartenant à ces gangs sont arrêtés et des lots d’épées sont récupérés, mais le phénomène persiste toujours.

Il convient de signaler que d’autres rixes aux épées seront enregistrées dans un avenir très proche et d’autres vendettas réciproques. Aujourd’hui beaucoup de jeunes estiment que s’armer d’une épée reste la meilleure défense.

De leur côté, les citoyens estiment que la lutte contre ce fléau social reste médiocre, sinon comment expliquer cette progression de l’usage des épées dans les banlieues.

« J’ai vu récemment un jeune en train de manier son épée dans l’enceinte de l’immeuble où je réside », témoigne un habitant de Bab El Oued. Apparemment, celui-ci était occupé à livrer une prochaine « bataille ». – Où ? – Contre qui ? – Les réponses à ces questions ne peuvent être fournies que par les policiers et les citoyens attendent d’eux une véritable protection contre cette nouvelle forme de menace.

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