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Ces arsenaux de guerre découverts aux frontières

Ces arsenaux de guerre découverts aux frontières

Le trafic d’armes est en train de s’amplifier dans le Sahel dont l’Algérie fait partie. Des armes polonaises, bulgares et libanaises ainsi que les libyennes, maliennes, du Moyen-orient et russes, sont régulièrement interceptées par les forces de l’Armée nationale populaire (ANP).

Un business juteux qui arrange énormément les affaires des groupes armés. Des armes polonaises, libanaises et bulgares sont confisquées par l’Armée nationale populaire à travers plusieurs interceptions de convois de trafiquants d’armes, suite à la découverte de plusieurs cachettes d’armes dans le Sud, et également dans le cadre de nombreuses opérations de renseignements ayant permis de mettre la main sur des arsenaux de guerre fabriqués par des pays de l’Europe de l’Est. 

Les troupes militaires qui sont mobilisées sur plusieurs milliers de kilomètres aux frontières sont sur le qui-vive après les multiples découvertes d’armes venues de l’Europe de l’Est et du Moyen-Orient. 

D’habitude, les forces de l’ANP saisissent des armes entrées depuis la Libye et le Mali mais désormais les trafiquants d’armes et les groupes armes semblent diversifier leurs approvisionnements en armements qui proviennent partout.

Le danger des armes est amplement signalé au niveau du ministère de la Défense, tandis que l’ensemble des arsenaux saisis durant ces cinq dernières années, depuis l’éclatement de ce qu’on appelle le « Printemps arabe « en 2011, sont affichés par leurs numéros de série où plusieurs armes confisquées contiennent des codes similaires « 560XXXXX « .

Sur ce plan, il est important de souligner que la plupart des attentats perpétrés par Aqmi et El Moulathamoune ont été actionnés à l’aide des armes venues de l’Europe de l’Est.
Ces mêmes types d’armes ont été utilisés dans des attaques en Côte d’Ivoire, au Mali et au Burkina Faso depuis la mi-2015.

Un faisceau croissant de preuves conduit à un ensemble distinctif d’armes de petit calibre que les combattants des groupes susmentionnés ont utilisé dans les attaques « de maraudeur » perpétrées contre des cibles civiles et gouvernementales dans le centre et le sud du Mali, au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire, depuis la mi-2015.

Les armes utilisées, des fusils d’assaut de type AK et de modèle 56-1 correspondent à un type d’armes qui est immédiatement accessible dans la région, auprès de sources locales, mais qui semblent plutôt avoir été procurées de manière transnationale.

Ces fusils ne sont pas d’origine évidente libyenne ou malienne et ils n’ont jamais été répertoriés par les pays du Sahel, ou ailleurs dans la sous-région, avant ces attaques.

El Mourabitoune et ses alliés de la Force de Libération de Maçina ont utilisé, entre autres armes, trois fusils d’assaut chinois de type 56-1 affichant des numéros de série semi-séquentiels de format « 560XXXXX « , notamment lors des attaques lancées contre l’Hôtel Byblos à Sévaré (région de Mopti) et l’Hôtel Radisson Blu à Bamako, respectivement en août et novembre 2015.

AQMI a utilisé des fusils d’assaut portant des numéros de série compatibles avec le format « 560XXXXX » dans au moins trois autres attaques : celle déclenchée contre l’Hôtel Splendid et le café Le Cappuccino à Ougadougou, au Burkina Faso, le 15 janvier 2016 ; celle qui a frappé Grand Bassam, en Côte d’Ivoire, le 13 mars 2016 ; et celle lancée contre le siège de la Mission de formation de l’UE dans le quartier ACI 2000 de Bamako, le 21 mars 2016.

Dans tous ces cas, les codes indiquant normalement le fabricant et l’année de fabrication et estampillés sur le bloc de la hausse des huit fusils avaient été délibérément effacées, bien que sur les fusils utilisés lors de l’attaque de l’Hôtel Byblos ils étaient encore partiellement lisibles, suggérant que les fusils en question avaient été fabriqués en Chine, lors de l’année 2011 ; par l’Usine d’Etat.

Les indications recueillies par les services de sécurité sur d’autres fusils produits en 2013 par l’Usine indiquent que le préfixe du numéro de série « 560XXXXX « (autrement dit le code 560) correspond à la fabrication en 2011.

Ces fusils sont donc de fabrication beaucoup plus récente que ceux répertoriés jusqu’à présent dans les mains des acteurs non étatiques dans la région. Par ailleurs, les plus gros lots d’armes qui franchissent le périmètre frontalier débarquent de la Libye, là où les dépôts des armes qui remontent à l’ère d’El Kadhafi ont été nettoyés par les rebelles libyens.

En Libye, une mosaïque de plus de 100 milices, fortes d’environ 125 000 combattants, continue de contrôler le territoire libyen et les armes militaires laissées par Mouaâmer El Kadhafi. Une véritable bombe à retardement pour la sécurité et la stabilité de l’Algérie et les autres pays de la région.

Libye, le grand bazar des armes de guerre

La Libye a été un centre de prolifération d’armes pendant plus de 40 ans. La Jamahiriya libyenne arabe de Mouammar Kadhafi a amassé l’un des plus importants stocks d’armes classiques les plus diversifiés d’Afrique.

L’ex-régime a utilisé ce stock dans ses propres conflits frontaliers et pour approvisionner un large éventail de gouvernements et de groupes rebelles à travers l’Afrique, le Moyen-Orient, et au-delà.

La chute du régime Kadhafi à la mi-2011, suite à l’émergence de l’opposition armée et d’une intervention multinationale dirigée par l’OTAN, a soustrait une grande partie des réserves nationales du contrôle du gouvernement. Le mouvement à grande échelle de combattants étrangers à travers les frontières de la Libye a amplifié les transferts d’armes.

La chute d’El Kadhafi et le début de la prolifération des armes

Les conséquences et l’importance régionale de la prolifération des armes qui a suivi les bouleversements en Libye, depuis la chute d’El Kadhafi il y a cinq ans, sont énormes.

La prolifération des stocks d’armes de l’ère Kadhafi a renforcé les groupes terroristes. Ces armes libyennes ont également permis à des acteurs armés opérant dans toute la région du Sahel y compris au Niger et au Tchad, et peut-être en Côte d’Ivoire et en République centrafricaine d’acquérir de l’armement comprenant notamment des armes de petit calibre et des systèmes de défense aérienne portatifs (MANPADS).

Depuis 2011, la recherche et les récits des médias sur la prolifération illicite d’armes dans le Sahel occidental ont principalement mis l’accent sur les armes en provenance de stocks libyens ou détournées par les groupes armés libyens. Ces flux restent importants, biens qu’ils soient en diminution et que, dans certains cas, ils se soient inversés.

Si ces changements résultent en partie de l’établissement d’un dispositif de sécurité le long des frontières et de l’interception des convois par les forces nationales et internationales, ils reflètent également l’augmentation de la demande interne libyenne, en particulier dans les régions du sud du pays.

L’attaque de Tiguentourine actionnée grâce aux armes libyennes


Les armes illicites détournées à partir des réserves nationales ont démontré qu’au moins trois Etats ont dû affronter des crises institutionnelles sérieuses, l’Algérie, la Côte d’Ivoire et le Mali.

Ces dernières ont fait l’objet d’intenses attaques terroristes perpétrées par des groupes armes qui ont bénéficié des armes libyennes. L’attaque de Tiguentourine, qui remonte à janvier 2012, est un cas de figure flagrant, lorsque l’organisation terroriste d’El Moulathamoune de Mokhtar Belmokhtar avait actionné son plan d’attaque grâce aux armes libyennes confisquées dans des dépôts en Libye.

Au Mali, les groupes armés séparatistes et islamistes ont pris le contrôle d’importantes réserves de matériel des forces de sécurité maliennes, tout comme ils ont occupé des villes et des villages du nord, en 2012.

Le MNLA, a quant à lui également saisi une proportion importante des stocks de matériel des FAMA, entreposés au siège de la 7e Région militaire de Kidal en mai 2014, récupérant notamment des lots de munitions de calibre compris entre 7,62 x 39 mm et 14,5 x 114 mm, des roquettes RPG, des obus de mortier 120 mm, des obus d’artillerie 122 mm et au moins un véhicule blindé de transport de personnel de type BTR-60.

De même, les mouvements armés maliens ont utilisé une proportion croissante d’armes lourdes obtenues à partir des stocks du gouvernement malien, en particulier les munitions conçues pour les systèmes d’armement lourds telles des roquettes et des munitions d’artillerie, privilégiant le matériel récupéré localement à celui acheminé à partir de sources libyennes ou étrangères.

Ce matériel comprend des armes de petit calibre, mais également des munitions pour aéronefs importés légalement par l’Etat malien en 2012 pour lutter contre les Touareg et les insurrections islamistes et dont certaines ont été récupérés par la suite dans des caches d’armes constituées par les groupes armés anti-gouvernementaux dans le nord du Mali, à la fin de 2014 et au début de 2015

Des armes du Moyen-Orient dans les attaques au Sahel

Bien que la plupart des armes illicites en circulation dans la région du Sahel proviennent des stocks libyens, maliens, européens et ivoiriens, les réseaux d’approvisionnement et de logistique des groupes armés semblent s’étendre bien au-delà de ces pays.

Un exemple concret est fourni par les fournitures du téléphone mobile Nokia 105, fréquemment utilisées comme dispositifs de minuterie pour le déclenchement des attaques à la roquette de 122 mm qui visent les forces internationales et nationales dans le nord du Mali. Les forces de sécurité algériennes ont examiné sept de ces téléphones, qui ont été récupérés lors de deux opérations anti-terroristes menées dans le Sud du pays.

Cinq de ces téléphones et trois de leurs cartes SIM ont été tracé jusqu’ici. Les trois cartes SIM appartenaient à un opérateur de réseau qui n’est pas présent sur le marché algérien, alors que les cinq téléphones ont été initialement fournis à un distributeur privé nigérian à la suite de quatre expéditions distinctes au Nigeria et au Sénégal, quelques mois avant qu’ils ne soient récupérés dans le Sud algérien.

Même l’armée malienne a réussi à avoir ces téléphones mobiles de même marque lors des tentatives d’attaque séparées près d’Ansongo, le 28 février 2015 et 6 janvier 2016, et sur le site ayant abrité un atelier soupçonné de fabrication d’EEI qui a explosé dans le quartier Château, dans la ville de Gao, le 23 mars 2015.

De manière similaire, les véhicules 4 x 4 utilisés par les groupes armés sont volées dans divers pays du Sahel surtout en Algérie là où la présence des sociétés des hydrocarbures est importante, d’où le recours aux véhicules 4X4 qui sont très utilisés par ces compagnies.

D’autres véhicules sont volés à leurs propriétaires civils ou aux forces de sécurité dans les pays du Sahel. Prenons le cas de cinq véhicules Toyota Land Cruiser du MNLA qui ont été saisis par les forces GATIA, à Ménaka, au nord du Mali, le 27 Avril 2015. Aucun des cinq véhicules n’avait été importé légalement au Mali. 

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