-- -- -- / -- -- --


Nationale

Célébration de la Journée nationale du chahid : La mémoire, pilier de l’identité nationale

Célébration de la Journée nationale du chahid : La mémoire, pilier de l’identité nationale
Préserver l’héritage de nos martyrs. 

A l’occasion de la Journée nationale du chahid, célébrée chaque 18 février, la mémoire des millions de martyrs tombés pour l’Algérie ressurgit avec force. Cette journée se veut un rappel solennel d’un long combat, d’une liberté payée au prix du sang et d’un héritage patriotique transmis aux générations présentes. Préserver cet héritage, le documenter avec rigueur, le transmettre aux jeunes générations et l’inscrire dans le développement actuel du pays constitue le prolongement naturel du combat des chouhada et l’expression de la souveraineté nationale. C’est ce qu’a indiqué, ce mercredi, Salima Tabet, historienne et conseillère au ministère des Moudjahidine et des Ayants droit.  

Mme Tabet a, d’emblée, déclaré que la célébration de cette journée « nous replonge dans un passé douloureux, long de 132 années, marqué par la résistance ininterrompue du peuple algérien au prix du sacrifice ultime ». Affirmant que « depuis 1830, l’Algérie n’a jamais cessé de lutter contre le colonialisme français. Un colonialisme de peuplement, fondé sur l’effacement identitaire, la dépossession et la négation même de l’existence du peuple algérien », et ce lors de son intervention sur les ondes de la Radio nationale, à l’occasion de la célébration de cette date hautement symbolique.  

Elle a poursuivi en évoquant les premières résistances populaires, dès la bataille de Staouéli le 19 juin 1830, puis les soulèvements successifs, souvent non coordonnés mais constants, qui ont jalonné le XIXe siècle. L’historienne a ajouté qu’« au fil des décennies, la lutte s’est perpétuellement renouvelée. Aux insurrections armées ont succédé des formes de résistance politique, portées par des organisations et des figures tombées sous la répression coloniale ». Elle a notamment cité Mohamed Bouras, fondateur et précurseur des Scouts musulmans algériens (SMA), figure emblématique du nationalisme algérien, exécuté en 1941. Puis vint la Révolution du 1er novembre 1954, « révolution mûrement pensée, fondée sur des principes inébranlable et l’appel au peuple algérien », souligne l’historienne.

Sept années de guerre, de tortures, de massacres et de sacrifices massifs ont conduit à l’indépendance en 1962. « Le 18 février symbolise l’ensemble de ce long parcours de lutte », a soutenu Mme Tabet, rappelant que cette date coïncide également avec la création de l’Organisation nationale des enfants de chouhada, choix hautement symbolique.

Elle a ajouté que « le mois de février est d’ailleurs jalonné d’événements tragiques, à l’image du bombardement de Sakiet Sidi Youssef, où le sang algérien et tunisien s’est mêlé. Tandis que le mois de mars, mois également des martyrs, verra quant à lui, l’évocation d’autres figures emblématiques tombées pour la liberté ».

Transmettre, numériser, préserver

Abordant le volet de la préservation de la mémoire, l’intervenante a relevé le rôle central du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, dans la protection de la mémoire nationale. Elle a rappelé que, dans son message à la nation, le président Tebboune a réaffirmé que « le peuple algérien demeure fidèle aux principes de la Révolution et à ses nobles objectifs », impliquant la préservation active de la mémoire nationale. Soulignant « l’engagement de l’Etat à préserver l’histoire nationale et à protéger la mémoire des manipulations et de l’oubli », elle a indiqué que « ces commémorations ont également une portée politique interne, car elles réaffirment l’unité nationale et relient les sacrifices d’hier au projet de construction de l’Algérie ».

Citant la célèbre phrase du martyr Didouche Mourad, « Si nous tombons en martyrs, préservez notre mémoire », l’historienne a précisé que depuis son élection, le chef de l’Etat a lancé plusieurs initiatives pour consolider la mémoire nationale, notamment à travers la récupération des crânes des martyrs de la résistance populaire, l’institutionnalisation du 8 mai comme Journée nationale de la mémoire, en référence aux massacres de 1945 qui firent des dizaines de milliers de victimes, ou encore la création d’une chaîne télévisée dédiée à l’histoire et à la mémoire. Elle a expliqué que « ces actes structurent le récit national et le transmettent aux générations futures ».

En outre, la consultante auprès du ministère des Moudjahidine a tenu à mettre en avant le lien direct entre le passé sacrificiel et les dynamiques actuelles de développement. Affirmant que « l’histoire est un pont entre le passé et l’avenir », elle a précisé que les avancées enregistrées aujourd’hui en matière d’infrastructures, d’éducation, de santé ou d’accès aux services publics constituent l’accomplissement du rêve des martyrs de voir une Algérie souveraine et en progrès. Rappelant qu’à l’époque coloniale, les Algériens étaient exclus de nombreux espaces publics et soumis à un statut d’indigène humiliant, elle a souligné qu’« aujourd’hui, entrer librement dans un théâtre, une université ou une institution publique est en soi une victoire historique ».

Reste aujourd’hui le défi majeur de la transmission. Pour l’historienne, « la mission de la génération de l’indépendance est d’ancrer les valeurs de la Révolution dans les esprits des jeunes ». Elle a expliqué que cela passe par l’éducation, la toponymie, à travers la dénomination des écoles, rues et institutions au nom des martyrs, mais aussi par la recherche historique et la collecte des témoignages. De plus, face à l’absence d’un accès complet aux archives détenues en France, l’Algérie a misé sur la mémoire vivante, a indiqué la conseillère au ministère des Moudjahidne, affirmant que des centaines de témoignages de moudjahidine ont été enregistrés. Elle a assuré que « ces récits constituent des archives précieuses ». 

Elle a également fait savoir qu’un vaste chantier de numérisation est en cours afin de classer, préserver et rendre accessible ce patrimoine documentaire aux chercheurs et aux générations futures. L’historienne a conclu son intervention en assurant que le 18 février est le renouvellement d’un serment de « rester fidèle à ceux qui ont donné leur vie pour que l’Algérie vive libre ». Entre mémoire et construction, entre fidélité et projection vers l’avenir, la nation poursuit son chemin, consciente que l’histoire n’est jamais un simple passé mais une responsabilité permanente.



Veuillez activer JavaScript dans votre navigateur pour remplir ce formulaire.

Cet article vous-a-t-il été utile?

Cet article vous-a-t-il été utile?
Nous sommes désolés. Qu’est-ce qui vous a déplu dans cet article ?
Indiquez ici ce qui pourrait nous aider a à améliorer cet article.
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email